Aviv Itzhaky et ses photos des Juifs de France des années 1970 à aujourd’hui

Sur Facebook, le photographe israélien publie ses photos issues de sa série « La France que j’ai vue »

La lecture de la Meguila, dans les années 1980. (Crédit photo : Aviv Itzhaky/Facebook)

La rue des Rosiers, la synagogue, les fêtes religieuses, les manifestations… Du début des années 1970 à aujourd’hui, Aviv Itzhaky, photographe israélien qui a vécu en France durant plus de 30 ans, a parcouru Paris, Jérusalem, Tel-Aviv et Haïfa armé de son appareil.

Au fil de ses pérégrinations, il a réalisé de nombreux clichés, des instantanés en noir et blanc, des « moments de vie ordinaire », comme il les appelle.

Durant ses quarante années de carrière – qui a démarré par hasard, en illustrant les articles de sa femme journaliste –, il a ainsi essentiellement travaillé avec la presse juive française – L’Arche et La Terre Retrouvée – mais aussi avec les institutions communautaires. Ses premiers reportages avaient pour sujet les boat people vietnamiens accueillis par Israël dans les années 1970 et les convertis italiens de San Nicandro, installés près de Safed. « Ainsi j’ai appris les bases du photojournalisme, un métier que je n’avais pas songé faire », explique-t-il.

Depuis novembre dernier, sur sa page Facebook, le photographe publie ses images issues de sa série « La France que j’ai vue ». Un moyen de « profiter des photos de Paris et de la France qui ont pris une dimension historique ou nostalgique au fil du temps », explique-t-il.

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Ses images illustrent ainsi la vie de la communauté juive parisienne de la fin du 20e siècle. On y découvre un Paris oublié, un Paris où la rue des Rosiers fourmillait encore de petits commerçants, d’épiceries, de boulangeries et de restaurants cashers, depuis essentiellement rachetés par des grandes enseignes après une forte inflation.

Dans les légendes de ses images, le photographe apporte anecdotes et faits historiques, rappelant les causes soutenues à l’époque par la communauté juive française.

On retrouve ainsi notamment des photos d’archive de manifestations en soutien au refusenik Natan Sharansky – le photographe rappelant que, durant les années 1970 et 1980, les Juifs français ont beaucoup soutenu les Juifs soviétiques. Dans d’autres photos, des figures de la communauté sont représentées – le rabbin Chaim Yaakov Rottenberg, le rabbin Yitzhak Chaikin, Marc Alain Ouaknin, Vladimir Jankélévitch ou encore… Elie, « un type spécial, originel, rencontré souvent rue des Rosiers dans les années 1980. Disparu jeune, assassiné… »

« Il y a bien sur des photos plus importantes que d’autres, surtout celles qui documentent la petite communauté dans le 3e arrondissement de Paris où je venais prier durant les années 1981-1987 », affirme le photographe, qui est depuis rentré vivre en Israël.

L’œuvre de Aviv Itzhaky rappelle ainsi une époque où la communauté juive s’épanouissait dans le centre de la capitale. Un travail plus nécessaire que jamais, alors que les Juifs de France se font de plus en plus discrets en raison de la montée de l’antisémitisme et de la migration en Israël.

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