Baharav-Miara reporte l’enquête sur le journaliste qui aurait bousculé Sara Netanyahu
La procureure générale exige une réunion avec la police avant toute audition du journaliste Aviad Glickman, invoquant des inquiétudes sur la liberté de la presse
La procureure générale Gali Baharav-Miara est intervenue dans l’enquête visant le journaliste Aviad Glickman, indiquaient vendredi des médias israéliens, et a demandé à la police de ne pas procéder à son interrogatoire tant qu’une réunion n’aura pas été tenue avec les responsables concernés.
Glickman, correspondant juridique pour la Treizième chaîne, avait été convoqué cette semaine pour être interrogé, soupçonné d’avoir bousculé une employée de Sara Netanyahu lors d’une audience judiciaire fin mai.
Son audition, initialement prévue jeudi, a été reportée à la suite de la requête de Baharav-Miara, selon plusieurs sources médiatiques.
La Treizième chaîne avait adressé une lettre à la procureure générale, l’exhortant à intervenir dans une enquête qu’elle qualifie « d’atteinte à la liberté de la presse ».
Baharav-Miara aurait expliqué que la réunion était « nécessaire en raison des précautions procédurales requises lorsqu’il s’agit d’enquêter sur des journalistes dans le cadre de leur travail, et afin d’éviter tout soupçon d’atteinte à leur activité professionnelle ».
Glickman, correspondant juridique de la Treizième chaîne et fervent critique du Premier ministre, couvrait une audience dans le cadre d’une contre-poursuite en diffamation intentée par Sara Netanyahu contre Sylvie Genesia, une ancienne employée de la résidence du Premier ministre, lorsque l’incident faisant l’objet de l’enquête s’est produit.
Des images le montrent en train de bousculer Gal Dabush, une employée de l’épouse du Premier ministre, alors qu’il tentait de se frayer un passage dans une porte bondée du tribunal de Tel Aviv, manifestement pour filmer Sara Netanyahu à sa sortie du tribunal. Immédiatement après, le porte-parole du Likud, Guy Levy, a crié à Glickman qu’il allait porter plainte contre lui pour agression. Glickman a ensuite été expulsé du tribunal par des agents de sécurité alors que Levy le filmait et l’insultait.
Dans d’autres images diffusées sur les réseaux sociaux peu après l’incident, Dabush a déclaré face caméra que Glickman « l’avait poussée dans le dos », avant d’ajouter : « Maintenant, j’ai mal. »
Elle a déclaré que cet incident lui avait causé des ecchymoses et des douleurs.
Selon Haaretz, Dabush est également employée par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui supervise la police.
Vendredi, Ben Gvir a vivement critiqué Baharav-Miara pour avoir suspendu l’enquête, affirmant dans une lettre qu’elle se trouvait en « grave conflit d’intérêts ». Il a accusé la procureure d’entretenir des liens personnels avec Glickman, lesquels auraient, selon lui, motivé la décision de reporter l’enquête.
« Le public perçoit [Glickman] comme quelqu’un qui travaille pour vous et pour le procureur de l’État Amit Aisman, et qui bénéficie d’informations exclusives. Il existe donc de sérieuses raisons de penser que cette relation personnelle est au cœur de cette décision exceptionnelle », écrit Ben Gvir.
« Retirez-vous de cette enquête, et rendez publics vos échanges – dates, réunions, conversations – avec Glickman et le procureur de l’État », poursuit-il.
Glickman avait initialement été convoqué pour un interrogatoire mardi. Selon le quotidien Haaretz, cette décision aurait été prise sous pression politique, ce que la police dément catégoriquement.