La police interroge un journaliste qui a « bousculé » une employée de Sara Netanyahu
Pour l'opposition, l'enquête sur Aviad Glickman est une atteinte à la liberté de la presse
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La police a convoqué mardi le journaliste Aviad Glickman. Il a été placé en garde à vue et interrogé dans le cadre d’une enquête pour avoir bousculé une employée de Sara, l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’un procès qui s’est tenu fin mai.
L’Association du barreau israélien (IBA) a qualifié cette procédure de symptôme « inquiétant » d’intimidation des médias, et les députés de l’opposition ont averti que la police devait se distancier de toute atteinte à la liberté de la presse.
Glickman, correspondant juridique de la Treizième chaîne et fervent critique du Premier ministre, couvrait une audience dans le cadre d’une contre-poursuite en diffamation intentée par Sara Netanyahu contre Sylvie Genesia, une ancienne employée de la résidence du Premier ministre.
Des images le montrent en train de bousculer Gal Dabush, une employée de l’épouse du Premier ministre, alors qu’il tentait de se frayer un passage dans une porte bondée du tribunal de Tel Aviv, manifestement pour filmer Sara Netanyahu à sa sortie du tribunal. Immédiatement après, le porte-parole du Likud, Guy Levy, a crié à Glickman qu’il allait porter plainte contre lui pour agression. Glickman a ensuite été expulsé du tribunal par des agents de sécurité alors que Levy le filmait et l’insultait.
Dans d’autres images diffusées sur les réseaux sociaux peu après l’incident, Dabush a déclaré face caméra que Glickman « l’avait poussée dans le dos », avant d’ajouter : « Maintenant, j’ai mal. »
Elle a déclaré que cet incident lui avait causé des ecchymoses et des douleurs.
ביציאה מאולם הדיונים של בית משפט לענייני העבודה במשפט הדיבה של גברת שרה נתניהו נגד עובדת במעון רה"מ סילבי גנסיה כתב הפלילים אביעד גליקמן תקף עובדת מצוות של שרה נתניהו. pic.twitter.com/CxS0hAuxw6
— Boris Aplichuk בוריס אפליצ'וק (@aplichuk) May 28, 2025
Mardi, la police du district de Tel Aviv a convoqué Glickman pour l’interroger et l’a placé en garde à vue.
Le directeur de l’IBA, Amit Becher, a vivement critiqué cette décision.
« Convoquer le journaliste Aviad Glickman pour l’interroger à la suite d’une plainte déposée par un responsable affilié à la direction est inquiétant », a déclaré Becher, exprimant sa crainte que cette mesure ne soit une tentative d’intimidation à l’encontre des journalistes critiques envers Netanyahu et ses proches.
Yaïr Lapid, chef de l’opposition, a écrit sur le réseau social X qu’il était « clair qu’il s’agissait d’une tentative de fabriquer de toutes pièces une fausse plainte contre un journaliste que le régime déteste ».
Benny Gantz, le chef du parti d’opposition HaMahane HaMamlahti, a écrit sur X que les journalistes ne devraient faire l’objet d’enquêtes que dans les « cas les plus extrêmes ».
La vidéo de l’incident montre que « cela n’a rien à voir avec quelque chose qui nécessite une enquête policière », a déclaré Gantz.
« La liberté de la presse est une valeur importante dans une démocratie, et la police doit éviter de donner ne serait-ce que l’impression de lui porter atteinte », a-t-il écrit.
Il a exhorté le chef de la police à réexaminer la situation et la convocation de Glickman.
Dans un communiqué, la police a déclaré que Glickman avait été interrogé à la suite d’une plainte déposée à son encontre et que « toutes les autorisations nécessaires avaient été obtenues ».
Pour enquêter sur un journaliste, la police doit obtenir l’autorisation du chef du département des enquêtes et du procureur général adjoint. Boaz Balat, chef du département des enquêtes de la police israélienne, a personnellement approuvé l’enquête, et le parquet en a été informé sans s’y opposer, selon un article du quotidien Haaretz. Le journal a précisé que la police affirme que Glickman n’était pas en train d’exercer son métier de journaliste au moment des faits.
Des hauts responsables du pouvoir judiciaire ont confié, sous le couvert de l’anonymat, à Haaretz, leur inquiétude quant au fait que cette enquête « sans fondement » ait été ordonnée sous la pression politique exercée sur la police, et prédit qu’elle serait classée sans suite.
Dabush avait également récemment travaillé au cabinet du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, dirigeant du parti ultranationaliste Otzma Yehudi, qui supervise les forces de police.
והמתלוננת גל החלה לאחרונה לסייע לבן גביר בסושיאל.
עכשיו אפשר אולי להבין את הלהט המשטרתי לחקור עיתונאים. pic.twitter.com/alwEs70AXd— Josh Breiner (@JoshBreiner) July 8, 2025
En 2020, Sara Netanyahu avait intenté un procès en diffamation contre Genesia, sa femme de ménage, qui avait déclaré à la police que le directeur de la résidence du Premier ministre l’avait obligée à rédiger une lettre louant l’épouse du Premier ministre, alors que ses exigences en matière d’entretien ménager l’avaient fait fondre en larmes.
Genesia avait porté plainte auprès de la police dans le cadre d’une enquête visant à déterminer si deux employés de la résidence du Premier ministre avaient fait de faux témoignages dans une affaire civile opposant Sara Netanyahu à une femme de ménage, afin de l’aider à se défendre contre des accusations de mauvais traitements.
Genesia a ensuite poursuivi Netanyahu et la société de ressources humaines qui l’employait pour 650 000 shekels de dommages et intérêts, alléguant avoir subi des mauvais traitements alors qu’elle travaillait dans la résidence de la rue Balfour, à Jérusalem.
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