Sara Netanyahu porte plainte contre une ex-employée pour diffamation
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Sara Netanyahu porte plainte contre une ex-employée pour diffamation

Sylvie Genesia dit qu'il lui a été demandé de mentir en faveur de l'épouse du Premier ministre dans une lettre alors qu'elle travaillait pour le couple, malgré les maltraitances

Sara, la femme du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre,  est assise au tribunal à Jérusalem, le 7 octobre 2018.(Amit Shabi, Yedioth Ahronoth, Pool via AP)
Sara, la femme du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, est assise au tribunal à Jérusalem, le 7 octobre 2018.(Amit Shabi, Yedioth Ahronoth, Pool via AP)

Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a porté plainte mardi contre une ex-employée de la résidence du Premier ministre pour diffamation et rupture de contrat.

Cette ancienne salariée du couple avait déclaré aux enquêteurs de police avoir menti lorsqu’elle avait pris la défense de sa patronne dans une déclaration antérieure.

La plainte réclame 200 000 shekels à Sylvie Genesia, qui aurait dit à la police que le responsable de la résidence du Premier ministre l’avait obligée à écrire un courrier faisant l’éloge de Sara Netanyahu – même si cette demande de l’intendant de la famille du Premier ministre l’avait bouleversée jusqu’aux larmes.

Les avocats de Netanyahu affirment que Genesia ment lorsqu’elle dit avoir été victime de maltraitances et ils l’accusent de tentative d’extorsion – même s’ils n’ont pas précisé qui en était exactement la victime.

Dans un courrier daté du 3 octobre 2019, Genesia avait écrit que « madame Netanyahu est une femme sidérante et me traite tout le temps avec grand respect. Je l’apprécie vraiment et j’en tire les leçons », a fait savoir la Douzième chaîne.

Sylvie Genesia (Capture d’écran/Treizième chaîne)

Selon des messages texto qui avaient été envoyés par Genesia à Yoram Naveh, le gérant de son entreprise d’intérim, la domestique avait affirmé que ces courriers lui avaient été dictés.

L’intendant de la résidence, Efi Azulai, « m’a dit d’écrire toutes sortes de choses, qu’elle se comporte avec beaucoup de respect avec ses employés », a écrit Genesia à Yaveh. « Ce matin, ça a été vraiment difficile – j’ai beaucoup pleuré parce que [Netanyahu] et Efi ne me laissaient pas partir. Je ne suis pas satisfaite de la lettre qu’ils m’ont fait écrire ».

« Il vous a dit ce qu’il fallait écrire ? », avait interrogé Naveh.

« Oui », avait répondu Genesia.

Une vue de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 juin 2009 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Genesia avait également rapporté ces faits à la police dans le cadre d’une nouvelle enquête sur des faux témoignages présumés qui avaient été apportés par deux employés dans un dossier au civil contre Sara Netanyahu – censés la blanchir de l’accusation de mauvais traitements qui auraient été subis par une femme de ménage de la résidence.

Netanyahu fait l’objet d’une plainte au civil d’une ancienne employée, Shira Raban, qui prétend que l’épouse du Premier ministre l’a maltraitée pendant un bref passage à la résidence. Raban a réclamé 63 000 shekels de dommages et intérêts pour maltraitances et harcèlement.

L’avocat de Genesia, Opheer Shimshon, a indiqué à la Douzième chaîne que cette lettre était la preuve des dissimulations faites par les gérants de l’entreprise de ménage et par le bureau du Premier ministre.

« C’est une preuve supplémentaire que des pressions ont été exercées sur les employés de la résidence pour les amener à faire de fausses déclarations et que les administrateurs de l’entreprise Moriah et du bureau du Premier ministre se sont associés dans cette campagne de pression », a noté Shimshon.

Il a ajouté que l’objectif poursuivi par la campagne avait été de « cacher la vérité sur des faits de harcèlement connus dans la résidence de la part de madame Netanyahu ».

Plusieurs anciens employés ont affirmé avoir été victimes de maltraitances et de violences commises par l’épouse du Premier ministre. L’ancien concierge de la résidence l’avait traînée devant les tribunaux – avec succès – pour violences verbales et psychologiques, comme cela avait été également le cas d’un autre employé.

Au mois de juin 2019, Sara Netanyahu avait été condamnée de mauvais usage de fonds publics dans le cadre d’un arrangement judiciaire conclu avec les magistrats. Elle était alors accusée d’avoir acheté des repas, auprès de restaurants luxueux, pour la résidence du Premier ministre en utilisant l’argent du contribuable.

Cet arrangement avait permis à Netanyahu d’échapper à une condamnation pour fraude aggravée – elle avait simplement reconnu avoir profité d’une erreur. Elle avait reçu l’ordre de verser 55 000 shekels à l’Etat – 10 000 shekels d’amende et 40 000 shekels de remboursement.

Le Premier ministre est actuellement traduit devant les juges pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance dans trois dossiers criminels. Il nie, pour sa part, tout acte répréhensible.

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