Argentine : Vers un procès par contumace d’Iraniens et Libanais pour l’attentat de 1994
Le juge conclut que "la décision de commettre l'attentat a été prise en août 1993 par les plus hautes instances du régime iranien et confiée au Hezbollah"
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La justice argentine a franchi une nouvelle étape lundi vers un éventuel procès par contumace de huit suspects, iraniens et libanais, pour l’attentat à la bombe contre la mutuelle juive Amia à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts et 300 blessés en juillet 1994.
Dans une synthèse transmise à l’AFP, un juge fédéral indique avoir prononcé la mise en accusation de sept Iraniens et d’un Libanais pour leur implication présumée dans cet attentat à la voiture piégée, le plus meurtrier de l’histoire de l’Argentine. Il n’a jamais été revendiqué et reste à ce jour impuni.
Un tournant dans cette procédure de plus de 30 ans a eu lieu en juin 2025, lorsque la justice argentine a autorisé un procès par contumace, une pratique qui n’existait pas auparavant dans la loi. Un changement du Code pénal en mars 2025 a permis de le rendre possible pour les crimes d’une extrême gravité.
L’acte d’accusation ne garantit pas la tenue d’un procès : il est susceptible d’appel, seule une instance supérieure pouvant confirmer le renvoi éventuel en procès. « Il reste encore toute une procédure », a expliqué à l’AFP le juge Daniel Rafecas.
L’acte porte sur sept ex-fonctionnaires ou diplomates iraniens et un membre du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah. Des dix inculpés initiaux, le magistrat a abandonné les poursuites contre deux d’entre eux pour manque de preuves.
Le juge conclut que « la décision de commettre l’attentat a été prise en août 1993 par les plus hautes instances du régime iranien et confiée au Hezbollah ».
Les autorités argentines, à l’instar d’Israël, soupçonnent depuis très longtemps que l’attentat de l’AMIA (Association mutuelle israélo-argentine) a été commandité par l’Iran, avec l’appui opérationnel du Hezbollah, qu’il a créé.
L’Iran a toujours nié toute responsabilité et a refusé que ses responsables de l’époque soient interrogés.
Certains d’entre eux avaient explicitement démenti toute implication, à l’instar de l’ancien chef de la diplomatie Ali Akbar Velayati.
Un autre ex-ministre, Ahmad Vahidi (Intérieur), et l’ex-chef des renseignements, Ali Fallahian, figurent parmi les accusés au titre « d’auteurs indirects » ou d’instigateurs.
Un ex-ambassadeur en Argentine, Hadi Soleimanpour, comme « complice nécessaire ».
L’Argentine a été, à deux reprises dans les années 1990, la cible d’attentats antisémites. En 1992, un attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires avait fait 29 morts et plus de 200 blessés.
Le juge Rafecas a sollicité l’avis de la Cour suprême afin d’éventuellement lier les deux procédures, au regard de l’implication présumée du Hezbollah dans les deux affaires.
La communauté juive d’Argentine, qui compte près de 300 000 membres, est la plus importante d’Amérique latine.
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