La victime de l’attaque à la voiture-bélier en Cisjordanie est le fils de l’ambassadeur d’Israël aux US
Par ailleurs, des commandos ont arrêté un colonel de l'AP soupçonné d'avoir soutenu des activités terroristes ; deux Palestiniens sont accusés d'avoir prévu d'assassiner Ben Gvir et de commettre des attentats terroristes
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Neria Leiter, soldat réserviste de l’armée israélienne et fils de l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Yechiel Leiter, a été grièvement blessé dans une attaque à la voiture-bélier perpétrée mercredi à un poste de contrôle du centre de la Cisjordanie.
L’agresseur a foncé vers une voiture de police qui était stationnée au poste de contrôle « Bell » – là où les routes 4436 et 4437, en provenance de Beit Ur et de Ramallah, rejoignent la grande Route 443 qui relie Jérusalem à Tel Aviv -, renversant Neria Leiter, qui était en service et qui se tenait aux côtés d’un policier, ont indiqué l’armée et la police.
L’armée israélienne a fait savoir que les soldats présents sur les lieux avaient abattu l’auteur de l’attaque à la voiture-bélier. Celui-ci a été identifié par les responsables israéliens de la sécurité comme étant Mahmoud Mohammad Sliman, 29 ans, originaire du village voisin de Beit Ur al-Tahta.
Le service de secours du Magen David Adom a indiqué que ses équipes avaient pris en charge Leiter, qui avait perdu connaissance après avoir été percuté, et l’avaient transporté à l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem où il a été admis dans un état grave, ont précisé des responsables médicaux.
Le frère aîné de Neria Leiter, le major (de réserve) Moshe Yedidya Leiter, père de six enfants qui poursuivait des études de médecine, a été tué aux côtés de trois autres réservistes dans le nord de la bande de Gaza en novembre 2023.
Dans un message publié sur le réseau social X, l’ambassadeur Leiter a remercié l’équipe médicale de l’hôpital Shaare Zedek, « qui se bat actuellement pour sauver la vie » de son fils, ajoutant que celui-ci « a besoin d’un miracle ».
I am grateful to the IDF, to the medical team at Shaare Zedek who are now fighting to save the life of Neria Dov ben Chana, and for the prayers of the people of Israel.
I believe in the power of prayer, and I believe that when the people of Israel unite, miracles happen. Neria…
— Ambassador Yechiel (Michael) Leiter (@yechielleiter) September 23, 2026
« Neria a continué à servir dans la réserve après avoir perdu son frère aîné, Moshe Yedidya Leiter, que sa mémoire soit une bénédiction. Il a servi comme réserviste pendant plusieurs centaines de jours sur différents fronts depuis le 7-Octobre. Le terrorisme palestinien tente d’expulser le peuple d’Israël de sa terre. Ils ont choisi la mort — nous, nous avons choisi la vie », a-t-il écrit.
Cette attaque à la voiture-bélier survient quelques jours après que Netanel Shukrun, père franco-israélien de six enfants, a été abattu lors d’une attaque terroriste près d’une source naturelle située à proximité de l’implantation de Neve Tzuf, en Cisjordanie, aussi connue sous le nom de Halamish.
La violence en Cisjordanie a fortement augmenté depuis le pogrom perpétré par groupe terroriste palestinien du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, lequel a déclenché la guerre à Gaza.
Soixante-sept civils et membres des forces de sécurité israéliennes ont été tués dans des attentats terroristes en Israël et en Cisjordanie. Huit autres membres des forces de sécurité israéliennes ont perdu la vie lors d’affrontements survenus pendant des raids menés dans des villes palestiniennes de Cisjordanie.
Au cours de la même période, ce sont plus de 1 100 Palestiniens qui ont été tués en Cisjordanie par les forces israéliennes ou par des partisans du mouvement pro-implantations, d’après le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne. L’armée israélienne affirme que la grande majorité d’entre eux étaient des hommes armés tués lors d’échanges de tirs, des émeutiers ayant affronté les soldats, ou des terroristes en train de mener des attaques.
Cette même période a également été marquée par une forte recrudescence des attaques commises par des résidents d’implantations extrémistes contre des Palestiniens et leurs biens dans toute la Cisjordanie. L’armée israélienne a ainsi recensé 867 crimes à caractère nationaliste et actes de violence commises par des résidents d’implantations en 2025. Pour 2024, 682 incidents avaient été enregistrés.
Par ailleurs – mesure rare -, le quartier général de la 98e division de l’armée prendra en charge certaines zones de la Cisjordanie dans un contexte de tensions accrues, a annoncé mercredi l’armée.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a ordonné au quartier général de la 98e division de prendre le commandement des brigades régionales de Judée et d’Etzion, chargées de la partie sud de la Cisjordanie, suite à une nouvelle évaluation de la situation, a précisé l’armée.
Ces deux brigades régionales relèvent normalement de la division de Judée-Samarie. Dans le cadre de cette mesure, le quartier général de la 98e division prendra la responsabilité de ces deux brigades, afin d’alléger la pression qui pèse sur la division de Judée-Samarie. La 98e division ne déploiera pas ses unités propres en Cisjordanie dans le cadre de cette décision.
« La mise en place du quartier général de la division dans la région s’inscrit dans le cadre du renforcement du commandement et du contrôle, dans le but d’améliorer les capacités défensives et offensives » en Cisjordanie, a expliqué l’armée. Cette mesure s’inscrit dans le contexte des récentes attaques terroristes, et vise à « renforcer la sécurité en cette période de tension », a-t-elle ajouté.
Deux Palestiniens inculpés pour avoir planifié l’assassinat de Ben Gvir
Le parquet militaire a mis en examen deux Palestiniens originaires de la région de Naplouse, au nord de la Cisjordanie, qui auraient planifié « une série d’attentats terroristes » visant des civils et des soldats israéliens, parmi lesquels l’enlèvement de soldats et l’assassinat du ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, ont indiqué mercredi la police et le Shin Bet dans un communiqué conjoint.
Les suspects auraient « intensifié leurs activités ‘militaires’ » à la fin de l’année 2023, notamment en recrutant d’autres agents, en organisant des entraînements au tir, en élaborant des plans d’attaque et en se procurant des fusils d’assaut et des munitions, selon le communiqué.
C’est en 2024 que les suspects auraient décidé d’assassiner Itamar Ben Gvir, ajoute le communiqué.
Après avoir visionné une vidéo dans laquelle on voyait Ben Gvir arriver sur les lieux d’un attentat terroriste, l’un des suspects aurait suggéré que son complice et lui-même mènent leur propre attaque afin d’attirer Ben Gvir sur place et de le tuer.
Ce même suspect aurait ensuite « proposé d’utiliser un drone piégé pour l’assassinat, allant jusqu’à tenter d’acheter des pièces détachées pour drone en Chine » à cette fin, peut-on lire dans le communiqué.
Les suspects auraient également prévu de mener plusieurs attentats à la voiture piégée et à l’aide de drones contre des civils et des soldats israéliens. Ils auraient en outre planifié des fusillades de masse, ainsi que l’enlèvement d’un soldat.
Le communiqué n’a pas révélé l’identité des suspects ni précisé la date de leur arrestation. Il indique toutefois que leur détention a été prolongée jusqu’à leur mise en accusation, et qu’ils seront incarcérés jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.
Ben Gvir a déclaré dans un communiqué que le complot d’assassinat mentionné dans l’acte d’accusation est le onzième dirigé contre lui.
Par ailleurs, fait rare, des commandos israéliens ont appréhendé un haut responsable des services de sécurité de l’Autorité palestinienne au cours d’un raid qui a été mené cette nuit en Cisjordanie, a confirmé la police mercredi.
Les médias palestiniens avaient précédemment rapporté que les forces israéliennes avaient arrêté Majdi Amer, colonel au sein du Service de sécurité préventive de l’Autorité palestinienne, dans le village de Kafr Qallil, au sud de Naplouse.
Dans un communiqué, la police a indiqué que des agents sous couverture de la police des frontières avaient mené un raid à Kafr Qallil dans la nuit, et qu’ils avaient appréhendé un « agent recherché ».
مصادر محلية: قوات الاحـ.tـلال تعتقل "مجدي عامر" عقب محاصرة منزله خلال اقتحام قرية كفر قليل شرق نابلس. pic.twitter.com/2vwQdC6kfm
— فلسطين بوست (@PalpostN) September 23, 2026
Cet homme recherché est soupçonné d’avoir fomenté des activités terroristes, a indiqué la police.
« Les agents en civil sont entrés dans le village sous couverture. Ils ont ensuite rejoint le complexe dans lequel résidait l’homme recherché », a précisé la police.
Les agents ont alors encerclé le bâtiment et ont mis en œuvre une tactique dite de « cocotte-minute », qui consiste à intensifier les tirs contre un bâtiment afin de faire sortir les suspects.
L’homme recherché est finalement sorti du bâtiment et « s’est rendu aux forces de l’ordre », a expliqué la police.
Organisation de défense des droits de l’Homme : 24 bâtiments résidentiels rasés dans un hameau palestinien
Les forces de sécurité israéliennes ont procédé mercredi à des démolitions dans le hameau palestinien de Jinba, en Cisjordanie, dans la région de Masafer Yatta, au sud du territoire, a déclaré l’organisation de défense des droits de l’homme B’Tselem.
Selon cette organisation, ce sont 24 bâtiments résidentiels qui ont été détruits à Jinba par l’Administration civile, une agence du ministère de la Défense chargée de la lutte contre les constructions illégales en Cisjordanie, laissant sans abri quelque 180 personnes, dont environ 85 enfants.
L’Administration a également détruit 15 bâtiments agricoles, 16 panneaux solaires et 14 réservoirs d’eau. Elle a par ailleurs arrêté l’un des habitants du hameau, a précisé l’organisation.
Security forces, Civil Administration, demolishing buildings in Palestinian hamlet of Jinba in South Hebron Hills/Masafer Yatta region right now. 19 buildings demolished so far according to B'Tselem… pic.twitter.com/jq4VAjmgJD
— Jeremy Sharon (@jeremysharon) September 23, 2026
L’Administration civile a confirmé les démolitions à Jinba, précisant que « des mesures coercitives » avaient été prises à l’encontre de « constructions illégales » dans la région.
Les démolitions à Jinba constituent la troisième opération de ce type en trois semaines.
Le 2 septembre, l’Administration civile a démoli entièrement le hameau de Khirbet a-Taban, également situé à Masafer Yatta, incluant les 12 habitations et la quasi-totalité des autres bâtiments. Ce hameau abritait 12 familles, soit quelque 70 personnes.
Le 8 septembre, l’Administration civile a démoli cinq maisons qui appartenaient à quatre familles, soit 32 personnes, à Khirbet al-Fakhit, à moins de deux kilomètres de Khirbet a-Taban, ainsi que des enclos à moutons, des toilettes extérieures, des réservoirs d’eau, des panneaux solaires, des citernes et des poulaillers.
Ces habitations se trouvent dans une zone que l’armée israélienne a décrétée zone de tir dans les années 1980, déclenchant ainsi une bataille juridique qui dure depuis plusieurs décennies quant au sort de plusieurs hameaux situés à l’intérieur des limites de cette vaste zone.
En mai 2022, la Haute Cour de justice a confirmé le droit de l’armée d’établir cette zone de tir, estimant que les habitants n’avaient pas réussi à prouver qu’ils vivaient dans ces villages en tant que résidents permanents avant que l’armée ne déclare cette zone comme étant une zone d’entraînement. Cette décision a permis à l’armée d’obtenir le feu vert pour démolir les villages – des démolitions réalisées de manière sporadique depuis lors.
Les habitants palestiniens de ces terres soutiennent qu’ils vivaient dans la région bien avant que l’armée israélienne ne la désigne comme zone d’entraînement. Au fil des ans, les Palestiniens ont érigé plusieurs bâtiments permanents sur le site, et ont fondé huit petits villages : Majaz, Tabban, Sfai, Fakheit, Halaweh, Mirkez, Jinba et Kharuba.
Les villageois assurent avoir travaillé ces terres pendant de nombreuses années avant 1967, date à laquelle Israël a conquis la Cisjordanie des mains des forces jordaniennes. L’État fait valoir que la zone était inhabitée avant la déclaration de 1980.
La zone de tir 918 est intégralement située dans la zone C, pleinement contrôlée par Israël. Elle s’étend sur quelque 3 000 hectares, a précisé un article publié en juillet par le New York Times.
Selon cet article, les défenseurs des droits des Palestiniens considèrent que ces démolitions s’inscrivent dans le cadre d’une campagne gouvernementale qui vise à renforcer l’emprise d’Israël sur la zone C, dans laquelle vivent 350 000 Israéliens et près de 50 000 Palestiniens, et qui représente 61 % de la Cisjordanie.
L’Administration civile a déclaré mercredi que des « mesures coercitives » avaient également été prises à l’encontre de forages illégaux dans la zone A de la Cisjordanie, dans la région de la vallée du Jourdain.
On ignore pour l’instant quelles sont les mesures que l’Administration civile a mises en œuvre contre ces forages illégaux. Un porte-parole de l’agence n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Jusqu’à cette année, l’Administration civile ne prenait de mesures coercitives que dans la zone C, le contrôle civil dans les zones A et B de la Cisjordanie étant totalement à la charge de l’Autorité palestinienne.
Mais en février dernier, le Cabinet de sécurité a décidé d’étendre ses activités de surveillance et de contrôle aux zones A et B concernant les infractions liées à l’eau, les dégradations de sites archéologiques et les risques environnementaux.
L’Autorité palestinienne avait alors condamné ces mesures, jugeant qu’il s’agissait d’une nouvelle tentative d’Israël d’annexer la Cisjordanie.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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