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Liberman propose de confier une partie de la Cisjordanie à la Jordanie

"La Judée et la Samarie ne sont pas une commande que l’on peut transférer à la Jordanie. On n’est pas sur Wolt", a réagi Itamar Ben Gvir

Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman (au centre, à droite), en visite sur le chantier de la nouvelle implantation d’Amichaï en Cisjordanie, le 18 octobre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman (au centre, à droite), en visite sur le chantier de la nouvelle implantation d’Amichaï en Cisjordanie, le 18 octobre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Mercredi, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a proposé de transférer à la Jordanie la responsabilité en matière de sécurité et d’administration des zones A et B de la Cisjordanie, suscitant de vives critiques de la part du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et d’autres membres de son gouvernement.

« Il faut parvenir à un accord avec les Jordaniens pour qu’ils gèrent la Judée et la Samarie. Laissons-les assumer la responsabilité en matière de sécurité et d’administration. On ne peut pas laisser un vide », a déclaré Liberman dans un podcast diffusé par le média nationaliste religieux Besheva, en désignant la Cisjordanie par son nom biblique.

Interrogé sur la confiance qu’il accordait à la Jordanie pour assumer un tel rôle, Liberman a répondu qu’Amman n’avait « pas le choix », ajoutant qu’elle pourrait déployer son armée ou mettre en place des forces placées sous commandement jordanien.

Liberman, qui réside lui-même dans l’implantation de Nokdim, au sud-est de Jérusalem, a d’abord évoqué la prise de contrôle par la Jordanie des zones B et C au cours du podcast, mais a précisé par la suite qu’il faisait référence aux zones A et B, actuellement administrées par l’Autorité palestinienne (AP).

L’AP assure également le contrôle sécuritaire de la Zone A, tandis qu’Israël conserve le contrôle sécuritaire global de la Zone B et le contrôle civil et sécuritaire total de la Zone C, où se trouvent toutes les implantations.

Netanyahu a vivement critiqué cette proposition, accusant Liberman, un faucon de la droite en matière de sécurité et ancien ministre de la Défense, d’avoir basculé vers la gauche politique.

« Je n’aurais jamais cru que vous proposeriez aujourd’hui que l’armée jordanienne contrôle des territoires de la Terre d’Israël. Retirez immédiatement votre déclaration », a écrit Netanyahu sur le réseau social X.

Liberman a répondu qu’Israël devait conserver un « contrôle total » sur la Zone C, mais ne devait pas être chargé de gouverner les Palestiniens dans des villes telles que Naplouse, Jénine et Tulkarem. Il a également rejeté le maintien de l’autorité de l’AP, qualifiant celle-ci « d’organisation terroriste » et l’accusant de se livrer à du « terrorisme diplomatique », par opposition à ce qu’il a décrit comme le terrorisme armé du Hamas.

« Afin d’éviter un vide dans lequel le Hamas, le Jihad islamique palestinien et d’autres terroristes pourraient s’engouffrer, un accord doit être conclu avec la Jordanie pour qu’elle administre les zones A et B, dans le cadre d’une confédération israélo-jordanienne », a-t-il ajouté.

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, s’en est également pris à cette proposition, accusant Liberman d’avoir « oublié ce que signifie être de droite » et qualifiant ce plan de similaire au désengagement controversé d’Israël de la bande de Gaza en 2005, lorsque le pays avait unilatéralement retiré ses troupes et évacué toutes les implantations israéliennes de l’enclave.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a pour sa part accusé Liberman de chercher à se décharger de la responsabilité de la sécurité d’Israël en Cisjordanie.

« Écoutez Liberman : quelqu’un qui se présente comme un homme de droite propose que nous renoncions à notre responsabilité en matière de sécurité en Judée et en Samarie pour la confier aux Jordaniens », a déclaré Smotrich.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a tenté de tirer parti de cette gaffe concernant la Zone C, accusant Liberman d’être « confus ».

« La Judée et la Samarie ne sont pas une commande que l’on peut transférer à la Jordanie. On n’est pas sur Wolt », a-t-il déclaré, faisant référence à la célèbre application de livraison de repas.

« Ce sont des parties de notre patrie. »

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