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Sharaa : Le 7-Octobre ne doit pas dicter la politique d’Israël concernant la Syrie

À la veille de son discours à l’ONU, le dirigeant syrien réclame un retrait israélien aux lignes de 1974 avant un accord de sécurité, préalable à d’éventuels pourparlers de paix

Capture d’écran d’une vidéo d’une interview du président syrien Ahmed al-Sharaa à l’Atlantic Council à New York, le 22 septembre 2026. (Crédit : Atlantic Council)
Capture d’écran d’une vidéo d’une interview du président syrien Ahmed al-Sharaa à l’Atlantic Council à New York, le 22 septembre 2026. (Crédit : Atlantic Council)

Le président syrien Ahmed al-Sharaa a déclaré mardi que le retrait israélien d’une zone de sécurité autoproclamée en territoire syrien constituait une étape préalable indispensable à l’ouverture de pourparlers susceptibles de déboucher sur un accord entre les deux pays, estimant qu’une « paix durable » restait possible.

Quelques heures avant son discours prévu mercredi matin à l’Assemblée générale des Nations unies (ONU), Sharaa a été interrogé, lors d’une intervention à New York, sur la possibilité d’établir des relations diplomatiques entre son pays et Israël, ainsi que sur une éventuelle restitution du plateau du Golan exigée par Damas comme préalable à de telles relations.

Sharaa a fait remarquer à l’Atlantic Council que les deux pays avaient déjà engagé des pourparlers directs au cours de l’année écoulée. Il a toutefois affirmé qu’Israël devait d’abord se retirer des zones du sud de la Syrie qu’il occupait depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024.

« Ensuite, nous entamerons des discussions sur les dispositions en matière de sécurité. Si ces discussions aboutissent, nous pourrons alors parvenir à une paix durable », a-t-il poursuivi, selon une traduction de ses propos fournie par l’Atlantic Council. « Le plateau du Golan est un territoire syrien reconnu par les Nations unies… Il n’y a donc pas matière à discussion. »

Il existe, a-t-il estimé, un « moment historique qui peut être utile à toutes les parties ».

On a ensuite demandé à Sharaa s’il comprenait les inquiétudes des Israéliens après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et quel message il avait à adresser à la population israélienne.

« Je comprends ce qu’ont subi certains innocents le 7-Octobre, mais il n’est pas possible que toutes les politiques soient fondées sur un seul événement », a-t-il déclaré. « Nous devons également comprendre ce qui s’est passé à Gaza, où plus de 70 000 personnes ont été tuées. »

Des réservistes de l’armée israélienne de la 55ᵉ brigade de parachutistes mènent des opérations dans le sud de la Syrie, le 21 novembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« Il n’est pas normal que les événements du 7-Octobre déterminent la politique à l’égard de la Syrie », a ajouté Sharaa, qui dirigeait avant son accession au pouvoir un groupe djihadiste anciennement affilié à l’organisation terroriste Al-Qaïda. « Israël doit changer sa politique, car elle crée des problèmes dans son voisinage. »

« Je pense que le problème vient d’Israël, pas de la Syrie. »

Israël, qui avait initialement qualifié Sharaa de terroriste, mais qui mène désormais des pourparlers directs avec son administration, a décrit ses opérations en Syrie comme nécessaires pour empêcher les groupes terroristes d’envahir le nord d’Israël, comme l’a fait le Hamas dans le sud, depuis la bande de Gaza, le 7 octobre 2023, au cours de laquelle il a massacré plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, déclenchant ainsi la guerre dans la bande de Gaza.

Sharaa se trouve à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU, où il doit être le premier orateur de la séance de mercredi matin.

Plus tôt cette année, Sharaa avait déclaré lors d’une interview que son pays œuvrait à la conclusion d’un accord de sécurité avec Israël qui pourrait, selon lui, ouvrir à terme la voie à une paix globale entre les deux voisins.

Les troupes israéliennes ont pénétré dans une zone tampon patrouillée par l’ONU après l’effondrement du gouvernement de Bashar el-Assad en décembre 2024. Israël a présenté cette mesure comme temporaire et nécessaire pour sécuriser sa frontière pendant la période de transition politique.

Depuis, Israël a mené des centaines de frappes contre des infrastructures militaires syriennes et pris le contrôle de nouvelles positions plus profondément en territoire syrien. Le gouvernement syrien et l’ONU estiment que ce déploiement porte atteinte à la souveraineté syrienne et contrevient à un accord de désengagement de 1974 conclu après la guerre du Yom Kippour de 1973.

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