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« Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie » : Netanyahu dénonce « l’absurdité grotesque » des propos de Macron

Le Premier ministre rappelle qu'un Franco-israélien a été tué par un terroriste palestinien dimanche ; un responsable français assure au ToI que le président voulait dire que le Hamas "n'y gouverne pas"

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président français Emmanuel Macron prenant la parole lors de la 81ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'ONU, à New York, le 22 septembre 2026. (Crédit : Yuki Iwamura/AP)
Le président français Emmanuel Macron prenant la parole lors de la 81ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'ONU, à New York, le 22 septembre 2026. (Crédit : Yuki Iwamura/AP)

Mardi, Israël a vivement réagi aux propos du président français Emmanuel Macron qui, dans un discours prononcé devant les Nations unies, a critiqué les actions israéliennes en Cisjordanie et affirmé que le groupe terroriste palestinien du Hamas n’avait jamais sévi sur ce territoire où siège l’Autorité palestinienne (AP).

« L’absurdité grotesque de la déclaration d’Emmanuel Macron est stupéfiante », peut-on lire dans un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui devrait prononcer jeudi un discours provocateur devant l’Assemblée générale des Nations unies.

« Les terroristes du Hamas mènent des attaques contre des Juifs presque tous les jours. Ils ont assassiné d’innombrables civils israéliens en Judée et en Samarie », poursuit le communiqué, en utilisant les noms bibliques de la Cisjordanie, que l’État d’Israël a repris lors de la Guerre des Six Jours de 1967.

« L’ignorance n’est pas une excuse pour effacer le sang versé. »

Le bureau de Netanyahu a évoqué la fusillade meurtrière de terroristes survenue dimanche en Cisjordanie, à la veille de Yom Kippour, le jour le plus sacré du judaïsme. Israël a précisé que la victime, Netanel Shukrun, père de six enfants, possédait également la nationalité française.

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et principal adversaire de Netanyahu lors des élections à la Knesset du mois prochain, s’est joint au Premier ministre pour condamner Macron, qualifiant la remarque du président français de « totalement déconnectée de la réalité sur le terrain ».

Les forces de sécurité israéliennes entourant un bus criblé de balles après une attaque terroriste à une intersection près de l’implantation d’Ariel, près de Naplouse en Cisjordanie, le 29 novembre 2024. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

« En tant qu’ancien commandant de la division de Judée-Samarie et en tant que combattant ayant lutté pour vaincre le terrorisme du Hamas, je connais très bien les opérations de cette organisation terroriste en Judée-Samarie et la menace qu’elle représente pour les citoyens israéliens », a écrit Eisenkot sur le réseau social X.

« La lutte contre le terrorisme n’est pas négociable, et nous n’accepterons pas l’hypocrisie internationale au détriment de la sécurité des citoyens israéliens. »

Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, Macron a déploré la situation humanitaire à Gaza – d’où le Hamas a envahi Israël le 7 octobre 2023, lors de l’attaque terroriste la plus meurtrière jamais perpétrée contre l’État juif. Il a également dénoncé les actions d’Israël en Cisjordanie, où les attaques palestiniennes ainsi que les violences commises par les résidents d’implantation et d’avant-postes illégaux ont explosé depuis les atrocités perpétrées par le groupe terroriste palestinien qui ont déclenché la guerre de Gaza.

« Il y a un an, ici même, dans cette salle, une douzaine d’États avaient reconnu l’État de Palestine. J’entends le cynisme de certains : ’La reconnaissance n’est qu’un bout de papier, regardez la réalité’ », a déclaré Macron en frappant du poing sur le pupitre lors de son dernier discours aux Nations unies avant de quitter ses fonctions en mai prochain.

« Mais quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? Certains se vantent d’une prétendue paix. Mais cette paix n’a pas rouvert l’accès humanitaire, ne serait-ce qu’une seconde. Allons-nous simplement rester les bras croisés et assister à ce spectacle qui devrait nous faire honte à tous ? »

« Regardez ce qui se passe en Cisjordanie, où des violations sont commises chaque jour. Au nom de qui ? Le Hamas n’a jamais opéré en Cisjordanie », a poursuivi Macron.

« Ce qui s’y passe rend, jour après jour, impossible un projet qui devrait reposer sur le respect du droit légitime du peuple palestinien à exister. »

En réponse aux critiques israéliennes, un responsable diplomatique français a expliqué au Times of Israel que Macron « voulait dire que le Hamas ne gouverne pas la Cisjordanie ».

Illustration : Des partisans du Hamas manifestant contre une frappe israélienne au Liban qui a tué le numéro deux du groupe terroriste palestinien, dans la ville de Hébron, le 2 janvier 2024. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Si le Hamas ne gouverne pas la Cisjordanie, il y est pourtant présent de manière significative depuis longtemps et y mène d’innombrables attaques contre les Israéliens. C’est également de là qu’il part pour mener des attaques en Israël, notamment lors de la vague dévastatrice d’attentats-suicides de la Seconde Intifada.

L’AP, basée à Ramallah et dirigée par les rivaux du Hamas, jouit d’une semi-autonomie dans les principales zones urbaines de la Cisjordanie, Israël contrôlant la majeure partie du territoire. Le Hamas a chassé l’AP de Gaza en 2007 lors d’un coup d’État sanglant, deux ans après le retrait unilatéral de l’armée israélienne et le démantèlement de toutes ses implantations.

Netanyahu entretient de mauvaises relations avec Macron, qui avait mené la campagne des pays occidentaux lors de l’Assemblée générale des Nations unies de l’an dernier en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien.

La France s’est récemment jointe au Royaume-Uni pour imposer des sanctions contre les produits provenant des implantations israéliennes en Cisjordanie, provoquant une nouvelle fois la colère d’Israël.

Le Premier ministre britannique dénonce l’attaque « horrible » du 7-Octobre et fustige les actions israéliennes à Gaza et en Cisjordanie

Mardi, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre britannique Andy Burnham a défendu ces sanctions, tout en qualifiant le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 « d’absolument horrible » et en affirmant que le Royaume-Uni condamnait le groupe terroriste et les menaces iraniennes.

« Mais cela ne justifie pas les actions du gouvernement israélien à Gaza ou en Cisjordanie », a-t-il déclaré.

« Nous ne resterons pas les bras croisés alors que les souffrances horribles ne cessent de s’aggraver et que la perspective d’une solution à deux États… est remise en cause. »

Le Premier ministre britannique Andy Burnham prononçant un discours lors de l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, à New York, le 22 septembre 2026. (Crédit : Toby Melville/Pool Photo via AP)

Burnham a également vivement critiqué Israël pour avoir lancé des appels d’offres concernant le plan controversé d’extension des implantations dans la zone E1, près de Jérusalem. Selon lui, ce plan « risquerait de rendre impossible la création d’un État palestinien viable ».

« Nous vivons à une époque où la confiance dans la politique est faible. Si nous continuons à parler de la solution à deux États sans joindre le geste à la parole, cette confiance s’effondrera encore davantage et nos ennemis chercheront à exploiter le sentiment d’aliénation qui en résultera. Nous ne laisserons pas cela se produire », a-t-il ajouté.

Ces remarques ont été formulées quelques heures après la rencontre entre Burnham et le président américain Donald Trump, qui a affirmé ne pas être au courant de la décision britannique d’interdire le commerce avec les implantations israéliennes.

« Je ne suis pas au courant de cette [décision]. Êtes-vous au courant de cette [décision] ? », a demandé Trump à Burnham lors d’une rencontre bilatérale en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

En réalité, Trump avait été informé par Burnham avant l’annonce du régime de sanctions visant les implantations israéliennes par Londres, mais s’était abstenu de s’opposer à cette initiative, avait indiqué un responsable occidental au Times of Israel au début du mois.

Interrogé sur cette interdiction il y a deux semaines, Trump avait répondu qu’il comptait s’entretenir avec Israël et d’autres pays pour comprendre pourquoi elle avait été prise « tout à coup ».

Alors que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a pour sa part précisé que les États-Unis ne se joindraient pas aux autres pays occidentaux pour sanctionner les implantations israéliennes, Washington s’est remarquablement abstenu de condamner cette décision, provoquant l’ire de Jérusalem.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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