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Iran, Gaza, CPI : retour sur le discours de Trump à l’ONU

Le président américain a évoqué le détroit d'Ormuz et le programme nucléaire iranien, le Conseil de paix, ainsi que la question de la CPI

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

NATIONS UNIES — Le président américain Donald Trump n’a pratiquement pas évoqué Israël durant le discours de près de 38 minutes qu’il a prononcé mardi devant l’Assemblée générale des Nations unies.

Son unique référence à l’État juif est intervenue lorsqu’il a évoqué le « troisième anniversaire de l’attaque du 7-Octobre en Israël », qui aura lieu prochainement.

Les mentions des otages qui avaient été enlevés lors du pogrom perpétré par le Hamas ne précisaient pas leur nationalité.

Trump a également remercié plus d’une dizaine de pays pour leur contribution à son Conseil de paix, lequel est chargé de superviser la reconstruction de Gaza après la guerre. Mais là encore, il n’a pas cité Israël, dont la coopération est pourtant indispensable pour que ce projet puisse réellement aboutir.

La partie la plus importante de son allocution, qui était consacrée à l’Iran, ne comportait pas non plus de référence à Israël, alors même qu’il s’agit de l’unique pays à s’être joint aux États-Unis dans la guerre contre la république islamique.

Aucune rencontre n’est prévue entre Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le président américain aura en effet déjà quitté New York lorsque le chef du gouvernement israélien arrivera jeudi matin.

Par ailleurs, des membres de la délégation iranienne à l’Assemblée générale des Nations unies ont quitté la salle lors du discours du président américain – lorsque ce dernier a menacé une nouvelle fois, dans son intervention, d’anéantir la République islamique.

Un seul diplomate de rang inférieur est resté dans la salle pendant toute la durée du discours de Trump.

Les États-Unis ont accepté d’accorder des visas d’entrée au président et au ministre des Affaires étrangères iraniens pour la session de l’Assemblée générale des Nations unies, mais ont refusé d’en délivrer au président de l’Autorité palestinienne et à sa délégation.

Le président américain a également déclaré qu’il avait une « décision importante à prendre » quant à la suite à donner au conflit en cours avec l’Iran.

« Va-t-on conclure un accord avec l’Iran qui lui permettra de se reconstruire et de devenir une nation bien plus puissante qu’elle ne l’a jamais été ? », a-t-il lancé. « Ou bien faut-il que j’anéantisse la république islamique, et ce rapidement, sans lui laisser la moindre chance de tuer et de détruire à nouveau des populations et des pays ? »

« Je pense que nous parviendrons à un accord juste après les élections », a-t-il réaffirmé, en référence aux prochaines élections de mi-mandat américaines qui sont prévues en novembre.

Le président américain a déclaré ne ressentir aucune pression liée à l’approche des élections de mi-mandat.

« Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que je ne me présente pas… et que je vais rester ici pendant encore deux ans et demi. Je n’accorde absolument aucune importance aux élections lorsqu’il s’agit de l’Iran, et je continuerai à ne pas leur en accorder », a insisté Donald Trump.

« La seule chose qui compte, c’est que l’Iran ne dispose jamais de l’arme nucléaire », ajoute-t-il.

Il a rappelé que les États-Unis ne manquaient pas de munitions, en dépit des informations contraires de plus en plus nombreuses dans la presse.

Selon Trump, le complexe militaro-industriel américain produit plus rapidement de nouvelles armes, « et nous serons en mesure d’approvisionner nos alliés à un rythme bien plus soutenu qu’actuellement ».

Trump a exhorté les pays à se joindre aux États-Unis pour « imposer un isolement économique total à l’Iran jusqu’à ce que ce pays cesse ses attaques contre la navigation marchande, qu’il abandonne ses ambitions nucléaires et qu’il mette fin à son soutien au terrorisme ».

« Ce régime terroriste fait preuve d’un comportement inacceptable — et ce n’est pas parce qu’il est fort et sûr de lui, mais parce qu’il est faible et désespéré », a estimé Trump.

« Si nous restons unis, nous verrons bientôt un monde libéré de la menace du terrorisme iranien, une menace qui pèse depuis 51 ans. Les prix du pétrole s’effondreront alors, pour atteindre des niveaux encore plus bas qu’au début du conflit », a-t-il assuré.

« Avec du courage et de la détermination, tout est possible. De grands changements sont possibles, et ils peuvent survenir rapidement », a affirmé Trump.

Le président américain Donald Trump prend la parole lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU à New York, le 22 septembre 2026. (Crédit : Brendan SMIALOWSKI/POOL/AFP)

Le président américain a évoqué sa décision de s’opposer à l’Iran dès le début de son allocution.

« En tant que président de la nation la plus extraordinaire de l’histoire, je n’ai aucune intention de laisser les menaces s’amplifier jour après jour. Je ne crois pas qu’il faille laisser la situation s’envenimer. Cela ne fait que rendre les choses plus difficiles à résoudre.

Pendant que d’autres se contentaient de parler, j’ai agi », a déclaré Trump.

« Rien n’illustre mieux un danger auquel on a permis de se renforcer au péril du monde entier que le premier commanditaire du terrorisme, la république islamique d’Iran », a-t-il affirmé. « Ils étaient les tyrans du Moyen-Orient. Mais ils ne le sont plus. »

Trump a rappelé son engagement de longue date à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.
Il a aussi souligné qu’il avait malgré tout proposé de négocier une solution diplomatique à ce problème dès son entrée en fonction l’année dernière.

« Ils ont catégoriquement refusé. Ce fut une grave erreur », a-t-il déploré, précisant que ce refus l’avait conduit à prendre la décision de frapper trois sites nucléaires iraniens en juin 2025.

Trump a réaffirmé que les États-Unis avaient « anéanti » le programme nucléaire iranien, même si Téhéran dispose encore d’autres sites d’enrichissement, notamment celui du mont Kharg, que Trump a menacé de bombarder ces dernières semaines. L’Iran dispose également de stocks d’uranium hautement enrichi susceptibles d’être rapidement convertis en arme nucléaire.

Trump a dit regretter que l’Iran ait rejeté tout accord après les frappes américaines de juin 2025, et qu’il ait au contraire commencé à constituer un « vaste arsenal de missiles et de drones menaçant la sécurité de chaque militaire américain présent dans la région, ainsi que celle de tous les autres habitants ».

« Ils ont également mis au point un missile capable d’atteindre l’Europe, dont ils étaient très fiers. J’espère que les Européens ont compris cela », a-t-il indiqué, critiquant apparemment ce qu’il considère comme une réponse insuffisante de l’Europe face à l’agression iranienne.

« L’objectif de l’Iran était de terminer sa course folle vers la bombe nucléaire, protégé par ce bouclier de missiles balistiques conventionnels. S’il avait réussi, ce régime diabolique aurait été libre de semer la terreur et la mort à jamais, conscient que toute tentative de l’arrêter se heurterait à un arsenal d’anéantissement nucléaire », a ajouté Trump.

Le président américain Donald Trump prend la parole lors de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, le 22 septembre 2026. (Crédit : AP/Yuki Iwamura)

Dans son discours, pour étayer ses arguments contre l’Iran, Trump a rappelé que le guide suprême Ali Khamenei, aujourd’hui décédé, avait qualifié l’attaque du 7-Octobre qui avait été perpétrée par le Hamas contre Israël de « service rendu à l’humanité ».

« Aux États-Unis, nous venons de commémorer le 25e anniversaire de la pire attaque terroriste de l’histoire, celle du 11-Septembre, qui a coûté la vie à 3 000 personnes, à quelques miles d’ici. C’est une période terriblement douloureuse. Dans deux semaines, nous commémorerons le troisième anniversaire de l’attaque du 7-Octobre en Israël, au cours de laquelle des terroristes financés par l’Iran ont torturé, mutilé et tué plus de 1 200 civils innocents, dont des dizaines d’Américains et de nombreux bébés — de magnifiques petits bébés », a déploré Trump.

« Le guide suprême de l’Iran a célébré ce massacre et l’a qualifié de service rendu à l’humanité », a-t-il poursuivi.. « Ce même régime a massacré plus de 72 000 de ses citoyens cette année. Récemment, ce sont 10 000 personnes qui ont été tuées pour avoir manifesté.

Imaginez un instant qu’un régime aussi abject ait un jour le pouvoir de mener des attaques terroristes à grande échelle à l’abri d’un bouclier nucléaire. »

« Après avoir donné à l’Iran toutes les chances de parvenir à un accord, j’ai pris des mesures pour m’assurer que ni les États-Unis ni aucune nation [représentée] dans cette salle n’ait jamais à faire face à un tel cauchemar », a ajouté Trump, en référence au lancement de l’opération Fureur épique contre l’Iran en février.

Le président américain n’a fait aucune mention du rôle d’Israël dans cette guerre.

Trump a répété que les États-Unis étaient parvenus à détruire la marine iranienne, son armée de l’air, ses radars et ses équipements antiaériens, précisant que « la capacité de Téhéran à fabriquer des missiles et des drones a pratiquement disparu » – des propos dans lesquels il semble reconnaître que Washington n’a pas atteint ce que nombre de ses responsables présentaient pourtant comme un objectif de guerre essentiel.

Il a néanmoins souligné les ravages causés à l’économie iranienne, déjà minée par une inflation galopante.

Trump a également dénoncé la décision de Téhéran de continuer à prendre pour cible des navires dans le détroit d’Ormuz après qu’un cessez-le-feu a été brièvement conclu en juin. Il a par ailleurs remercié le Conseil de sécurité de l’ONU d’avoir adopté une résolution condamnant ces actions.

Malgré les efforts de l’Iran pour entraver le trafic maritime commercial, les États-Unis continuent d’escorter quotidiennement des navires hors du détroit d’Ormuz, a assuré Trump.

Trump a en outre vanté l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages qu’il a conclu l’année dernière à Gaza, ainsi que la création du Conseil de paix, l’instance chargée de superviser la reconstruction de la bande de Gaza après la guerre.

« Il y a un an, lorsque je me suis adressé aux grands dirigeants réunis dans cette salle, la guerre à Gaza faisait encore rage. Les otages étaient toujours retenus dans les profondeurs des tunnels du Hamas, et on ne voyait encore aucune issue », a-t-il déclaré.

« Mais ici-même, en marge de l’Assemblée générale, nous avons franchi les premières étapes. Et cela a tout changé », a ajouté Trump, en référence à la réunion qu’il avait tenue avec les dirigeants des pays arabes et à majorité musulmane, au cours de laquelle il avait obtenu leur soutien à son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza.

« Quelques semaines plus tard, nous avons mis fin à la guerre à Gaza, sauvant ainsi des milliers de vies. Nous avons également fait rentrer chez eux tous les otages restants — vivants ou morts, jusqu’au dernier », a-t-il poursuivi. Il a également remercié le Conseil de sécurité de l’ONU d’avoir ensuite approuvé son plan en 20 points pour la reconstruction de la bande de Gaza, et d’avoir confié à son Conseil de paix, nouvellement formé, le mandat de superviser la reconstruction de l’enclave palestinienne.

Ce plan a toutefois peiné à se concrétiser — notamment en raison du refus initial du Hamas d’accepter le plan de désarmement proposé par le Conseil de paix. Le Hamas a donné son accord le 30 juillet, mais le processus est depuis au point mort, Israël estimant que cette initiative n’est pas suffisante.

Trump a salué les 30 pays qui ont accepté de rejoindre le Conseil, citant notamment le Maroc, Bahreïn, le Qatar, le Koweït, le Kazakhstan, l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Ouzbékistan, qui se sont engagés à contribuer à hauteur de plusieurs milliards de dollars à la reconstruction de Gaza. La grande majorité de ces fonds n’a cependant pas encore été versée.

« Cet argent va directement à la source — là où il est nécessaire, et où il est désespérément attendu », a insisté Trump. Les partisans du Conseil de paix « veulent que l’aide humanitaire soit mise en œuvre efficacement ».

Il a ensuite remercié l’Indonésie, le Maroc, l’Albanie, le Kosovo et le Kazakhstan, qui ont accepté de fournir des effectifs pour la Force internationale de stabilisation (ISF) du Conseil de paix, chargée de remplacer progressivement l’armée israélienne à Gaza et d’assurer la sécurité des frontières de l’enclave côtière.

L’Indonésie a gelé ses projets d’adhésion à la Force internationale de stabilisation (ISF) ; toutefois, un responsable du Conseil de paix a déclaré au Times of Israel au début du mois que les discussions avec Jakarta sur cette question avaient repris.

À l’heure actuelle, aucun contingent étranger n’est toutefois stationné à Gaza ; Israël s’oppose en effet à un tel déploiement. Il n’existe par ailleurs aucun calendrier définissant la date à laquelle l’ISF devrait commencer sa formation.

Trump a poursuivi en rendant hommage à l’Égypte et à la Jordanie, qui contribueront à former les membres de la nouvelle force de police palestinienne à Gaza. Ce programme a toutefois été suspendu, Israël ayant refusé d’autoriser les recrues à quitter la bande de Gaza pour recevoir leur formation en Égypte.

Le président américain Donald Trump s’adresse à la 81e Assemblée générale des Nations Unies au siège de l’ONU à New York, le 22 septembre 2026. (Crédit : ANGELA WEISS/AFP)

Trump a par ailleurs appelé tous les États membres de la Cour pénale internationale (CPI) à s’en retirer.

« Nous ne permettrons jamais que des militaires, ou qui que ce soit d’autre, fassent l’objet d’enquêtes ou de procès-spectacles devant un tribunal hostiles aux États-Unis, qui n’a aucune compétence à notre égard », a déclaré Trump, qualifiant la CPI de « groupe de personnes malveillantes ».

« J’appelle tous les États membres de la CPI à se retirer officiellement et immédiatement de cette institution véreuse », a-t-il ajouté. Trump n’a pas mentionné Israël, dont les dirigeants font actuellement l’objet d’accusations de crimes de guerre devant la CPI.

Reuters a rapporté lundi que l’administration Trump avait préparé des sanctions à l’encontre de l’ensemble de la CPI, qu’elle prévoit d’annoncer prochainement – une initiative qui marquerait une intensification de ses attaques contre ce tribunal international chargé de juger les crimes de guerre et les génocides à travers le monde.

Les responsables américains souhaitent que la Cour retire les mandats d’arrêt qu’elle a délivrés à l’encontre des dirigeants israéliens et qu’elle abandonne une enquête antérieure portant sur des soldats américains en Afghanistan. Les sanctions américaines précédentes visaient des responsables individuels de la Cour plutôt que la CPI dans son ensemble.

En juillet, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé une campagne destinée à isoler la Cour, appelant les autres pays à se retirer de celle-ci. Et le mois dernier, l’administration Trump a imposé des sanctions à l’encontre du président de la CPI et de l’un de ses principaux procureurs. Ces sanctions prévoient le gel de tous les avoirs dont ils disposent sur le territoire américain ou qui sont en relation avec le système financier américain.

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