L’Espagne autorise l’extradition vers les États-Unis d’un donateur présumé du Hamas
L'administration Trump accuserait James Cox Chambers d'avoir versé 7,5 millions de dollars au groupe terroriste palestinien, entre autres chefs d'accusation
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L’Espagne a autorisé mardi que la demande d’extradition américaine concernant James Cox Chambers, présumé donateur du groupe terroriste palestinien du Hamas, soit examinée par la justice, malgré les protestations des partenaires de la coalition de gauche au pouvoir qui estiment que cette affaire a un caractère politique.
Cette affaire est politiquement sensible pour le gouvernement espagnol dirigé par les socialistes, dont la position anti-Israël a suscité les critiques de l’administration Trump et contribué à aggraver les tensions avec Washington.
Chambers, 41 ans, est un multimillionnaire américain et héritier d’un empire médiatique connu sous le nom de Fergie. Il a été arrêté à la demande des autorités américaines le 10 juillet, alors qu’il était en vacances à Ibiza. Il est actuellement en détention provisoire à Madrid.
Se décrivant lui-même comme anti-impérialiste et communiste, Chambers a appelé, dans des interviews et sur les réseaux sociaux, à la destruction des États-Unis. Il a reçu 250 millions de dollars après s’être désengagé du conglomérat médiatique familial, Cox Enterprises, en 2023, a déclaré son porte-parole.
Les États-Unis réclament l’extradition de Chambers, notamment pour avoir prétendument transféré 7,5 millions de dollars depuis les États-Unis vers un compte bancaire tunisien il y a plusieurs années, alors qu’il vivait dans ce pays, selon le journal britannique The Guardian qui cite le représentant légal de Chambers. L’argent aurait ensuite été utilisé pour soutenir le Hamas.
Le Guardian a également noté qu’une semaine après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023, qui a fait plus de 1 200 morts, pour la plupart des civils, Chambers a publié sur le réseau social X : « Aucune faction de la résistance palestinienne, qu’il s’agisse du Hamas ou d’une autre, n’a commis ‘aucune’ faute. »
The Spanish government has started a process that could lead to the extradition of James Cox Chambers Jr to the US https://t.co/o6E5wwo2YE
— Bloomberg (@business) September 22, 2026
Chambers a également fait don de plus d’un million de dollars à des causes humanitaires à Gaza et pris en charge les frais juridiques de certains membres du groupe anti-Israël Palestine Action, selon son équipe juridique.
Ce groupe a été désigné comme organisation terroriste par les États-Unis et le Royaume-Uni pour des actions comprenant notamment des attaques contre des entreprises de défense liées à Israël. L’interdiction britannique est entrée en vigueur le 5 juillet 2025, peu après une effraction survenue en juin de la même année à la base de Brize Norton de la Royal Air Force, au cours de laquelle des activistes avaient endommagé deux avions militaires.
En juin, un juge a condamné quatre militants à une peine de prison pour s’être introduits en 2024 sur le site de l’entreprise de défense israélienne Elbit, près de Bristol, dans l’ouest de l’Angleterre, et avoir causé plus d’un million de livres de dégâts. L’un d’entre eux a frappé une policière à deux reprises dans le dos avec une masse, lui causant une fracture de la colonne vertébrale.
Les États-Unis n’ont pas communiqué publiquement les chefs d’accusation retenus contre Chambers. Son équipe d’avocats affirme qu’elle comprend le blanchiment d’argent et le complot visant à commettre des troubles à l’ordre public.
Le ministère américain de la Justice a refusé de commenter ces accusations.
L’affaire a suscité un vif intérêt parmi les personnalités anti-Israël : 150 militants et célébrités de premier plan, dont Richard Gere, Greta Thunberg et Fatima Bhutto, ont signé une lettre exhortant l’Espagne à ne pas donner suite à la procédure d’extradition.
Tant les avocats de Chambers que Sumar, le partenaire minoritaire de la coalition socialiste, affirment que l’absence de preuves accessibles au public suggère qu’il est pris pour cible en raison de ses opinions politiques.
En vertu de la législation espagnole, l’extradition ne peut avoir lieu s’il est établi que la demande est motivée par des considérations politiques.
« Cette extradition créerait un précédent alarmant en Europe si l’Espagne permettait à l’administration Trump de criminaliser l’aide humanitaire vitale pour le peuple palestinien », a déclaré l’avocat de Chambers, Me Baltasar Garzon, qui a déposé une demande d’asile pour Chambers en Espagne.
La porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, a déclaré que la décision de faire avancer l’affaire était « purement procédurale », ajoutant que le Conseil des ministres prendrait la décision finale une fois la procédure judiciaire terminée.
Un porte-parole du tribunal a indiqué qu’une date d’audience serait fixée dans les semaines à venir.
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