Le 6e sous-marin israélien bientôt livré ; la Marine prévoit une expansion majeure de sa flotte
L'INS Drakon arrive en Israël après un voyage de 8 000 km depuis l'Allemagne, alors que l'armée cherche à renforcer ses capacités face à des menaces maritimes croissantes
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

La Marine israélienne envisage de renforcer sa flotte dans les années à venir ; elle entend relever le défi de la course aux armements maritimes dans la région et faire face aux nouvelles menaces en mer, a appris mercredi le Times of Israel.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a annoncé en mars 2025 que la Marine israélienne, jusqu’ici relativement modeste, était appelée à devenir une « force stratégique à longue portée [de l’armée], dotée de capacités défensives et offensives ».
Jeudi, la Marine israélienne doit prendre livraison de son sixième sous-marin, l’INS « Drakon » – ou Dragon -, après un voyage de 3 792 milles marins, ou 8 000 km, qui a duré près d’un mois depuis le chantier naval de Thyssenkrupp Marine Systems à Kiel, en Allemagne, et au terme de près de 12 ans de planification, de construction et d’essais.
Selon des responsables de la marine, la livraison de l’INS Drakon a été retardée de plusieurs mois en raison du refus opposé par le Danemark et la Norvège à l’entreprise allemande TKMS d’effectuer des essais du sous-marin dans leurs eaux profondes. TKMS a donc dû déplacer l’INS Drakon plus loin en mer du Nord, dans les eaux internationales, pour procéder aux essais pendant sa construction.
Cette décision du Danemark et de la Norvège risque également de retarder les futurs projets de TKMS concernant la construction de navires de guerre pour Israël, ont fait remarquer ces responsables.
Jeudi, la Marine organisera une cérémonie à la base navale de Haïfa pour accueillir ce sous-marin de classe Dolphin 2, long de 74 mètres et d’un poids impressionnant de 2 600 tonnes. Il s’agit du sous-marin le plus grand et le plus lourd jamais mis en service par Israël.
L’armée a précisé que l’INS Drakon serait équipé de « technologies innovantes et de pointe, qui placent Israël à l’avant-garde de la technologie militaire mondiale, et qui renforceront la flexibilité opérationnelle de la Marine israélienne pour les années à venir ». Ce sous-marin, doté d’un système de propulsion sans air, permet à son équipage d’opérer sous l’eau pendant de longues périodes sans besoin de faire surface pour s’approvisionner en air, ce qui lui confère un niveau de furtivité exceptionnel, ont fait valoir des responsables militaires.
L’installation des systèmes israéliens à l’intérieur de ce nouveau sous-marin devrait prendre deux à trois mois. Il ne sera déclaré opérationnel que quelques mois plus tard, a indiqué l’armée israélienne.
À l’origine, le sous-marin devait être baptisé « Dakar », en hommage à un sous-marin israélien coulé en 1968. C’est finalement le nom « Drakon » qui a été retenu à titre de compromis, certaines familles des marins disparus à bord du premier « Dakar » s’étant opposées à la réutilisation de ce nom.
L’appellation « Dakar » sera pour sa part réservée à la désignation de la classe globale des futurs sous-marins de la Marine, lesquels sont destinés à remplacer les trois navires vieillissants de première génération de la classe Dolphin, en service depuis l’an 2000.
La livraison du premier des trois sous-marins de classe Dakar est prévue pour 2031. Les sous-marins de classe Dakar devraient être nettement plus grands que l’INS Drakon, avec une longueur de 84 mètres et un poids de 3 800 tonnes.
L’arrivée de l’INS Drakon intervient alors que la Marine cherche à renforcer massivement sa flotte au cours des prochaines années, après avoir constaté que d’autres pays riverains de la Méditerranée, tant parmi les alliés que parmi les nations avec lesquelles les relations sont tendues, disposent de marines nettement plus importantes que celle d’Israël. La Turquie, par exemple, compte actuellement 14 sous-marins en service, et devrait porter ce nombre à 18 dans les années à venir ; la Grèce voisine en possède quant à elle neuf.
L’armée a par ailleurs reconnu la nécessité de disposer d’une marine plus puissante pour faire face aux nouvelles menaces en mer, notamment au vu des événements survenus ces dernières années, et plus particulièrement ces derniers mois, dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, où l’Iran et les Houthis soutenus par l’Iran ont entravé la liberté de circulation dans le golfe Persique et la mer Rouge, mettant à mal d’importantes voies de navigation.
Les responsables de la marine ont fait part de leurs craintes que la liberté de navigation et de transport maritime ne subisse les mêmes atteintes ailleurs, y compris en Méditerranée.
Pour faire face à ces menaces, la Marine devrait recevoir, au cours des trois à quatre prochaines années, la première des cinq corvettes de classe Reshef. Ces dernières sont appelées à remplacer les deux modèles les plus anciens des navires lance-missiles israéliens de classe Saar 4.5, qui doivent être mis hors service après quatre décennies. Concrètement, cette mesure revient à augmenter le nombre de petits navires lance-missiles au sein de la flotte de la Marine.
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