Liban : Des centaines de détenus entament une grève de la faim, la loi d’amnistie toujours bloquée
Le Parlement a adopté en août une vaste loi d’amnistie qui pourrait bénéficier à des milliers de détenus, dont beaucoup d’islamistes, mais un recours a suspendu son application pour au moins un mois supplémentaire
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Près de 400 détenus d’une prison libanaise ont observé mardi, pour la onzième journée consécutive, une grève de la faim, après la suspension d’une amnistie générale votée en août dont ils devaient bénéficier, a indiqué une source judiciaire à l’AFP.
Le Parlement avait voté le 12 août une vaste loi d’amnistie, une première depuis 1991 et la fin de la guerre civile.
Des milliers de détenus, dont des islamistes, devaient en profiter, mais son application a été suspendue le 10 septembre, à la suite d’un recours en invalidation devant le Conseil constitutionnel.
Dans la prison surpeuplée de Roumié, principal établissement pénitentiaire du Liban situé au nord-est de Beyrouth, « 400 détenus, pour la plupart islamistes, observent depuis le 12 septembre une grève de la faim » en réaction à la décision de suspendre la loi, a indiqué à l’AFP cette source.
Chargé de vérifier la conformité des lois à la Constitution, le Conseil constitutionnel doit rendre son jugement le mois prochain.
Selon la même source judiciaire, la direction de la prison assure un suivi quotidien de l’état de santé des détenus en grève, dont 80 souffrent de maladies chroniques. Ceux dont l’état se détériore seront hospitalisés, a-t-elle assuré.
Les députés à l’initiative de la loi d’amnistie l’avaient justifiée par la surpopulation carcérale dans un contexte de lenteur procédurale endémique.
Selon le rapport annuel de la Commission nationale des droits humains, le taux de surpopulation atteignait 300 % en 2025. L’administration pénitentiaire recensait 6 268 détenus fin mars.
Parmi les détenus islamistes sunnites, plusieurs sont emprisonnés depuis de longues années, souvent sans avoir fait l’objet d’un procès.
Mais la perspective d’amnistier certains de ces détenus, accusés d’avoir mené des attaques contre l’armée et perpétré des attentats à la bombe, avait polarisé le débat autour de la loi avant son vote.
L’amnistie, qualifiée de « compromis politique » par des experts, doit également profiter à des détenus issus d’autres groupes et communautés religieuses.
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