Ben Gvir réclame le portefeuille de la Défense et veut voir Tali Gotliv à la Justice
Le chef d’Otzma Yehudit veut "encourager" le départ des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, limoger la procureure générale et réduire les pouvoirs de la justice
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Le dirigeant d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a déclaré mardi que son parti d’extrême droite exigerait, lors de la formation du prochain gouvernement, qu’il obtienne lui-même le ministère de la Défense et que sa numéro deux, Tali Gotliv, se voie confier celui de la Justice. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse à Jérusalem au cours de laquelle il a dévoilé le programme de son parti pour les élections du 27 octobre.
Parmi les mesures mises en avant par Ben Gvir figuraient des projets visant à « encourager » les Palestiniens à quitter Gaza et la Cisjordanie, à limoger immédiatement la procureure générale, à assouplir les contraintes pesant sur l’armée et à réduire radicalement les pouvoirs et l’indépendance de la justice.
Ce programme placerait les deux futurs ministres à la tête d’institutions qu’ils cherchent depuis des années à remanier en profondeur : Ben Gvir, par son plaidoyer en faveur de l’expulsion des Palestiniens et d’un assouplissement des contraintes encadrant le recours à la force militaire ; Gotliv, qui a quitté le Likud au début du mois, par sa campagne visant à affaiblir le pouvoir judiciaire et la procureure générale, deux des principaux contre-pouvoirs face à l’exécutif en Israël.
Le programme de Ben Gvir en matière de sécurité prévoit notamment « d’encourager l’émigration volontaire » des Palestiniens, de « désarmer » l’Autorité palestinienne (AP) et de modifier les règles d’engagement ainsi que le code éthique de Tsahal, rédigé par le philosophe Asa Kasher et qualifié de « progressiste » par Otzma Yehudit.
Il a déclaré briguer le poste de ministre de la Défense, car « le moment est venu de changer notre état d’esprit, de nommer une personne extérieure qui n’ait pas fait ses classes au sein du cercle restreint du chef d’état-major de Tsahal et qui ne soit pas prisonnière des concepts dépassés et profondément ancrés du passé ».
Ben Gvir n’a jamais été appelé sous les drapeaux, ayant été jugé inapte au service en raison de son implication, à l’adolescence, dans des mouvements nationalistes d’extrême droite.
Au début du mois, le dirigeant d’Otzma Yehudit a dévoilé un plan détaillé visant à expulser 1,86 million de Palestiniens, soit la grande majorité de la population de Gaza, de l’enclave d’ici sept ans, dans le cadre de ce qu’il qualifie « d’émigration volontaire » et que ses détracteurs dénoncent comme un nettoyage ethnique.
Ben Gvir a également déclaré qu’il exigerait que le député d’Otzma Yehudit Yitzhak Wasserlauf lui succède au ministère de la Sécurité nationale s’il obtenait le portefeuille de la Défense.
Le programme judiciaire envisagé par Gotliv prévoit, quant à lui, le limogeage immédiat de la procureure générale Gali Baharav-Miara dès la formation du prochain gouvernement, ainsi que l’obligation pour les candidats à la Cour suprême de se soumettre à des auditions à la Knesset et d’obtenir l’approbation des deux tiers de la commission constitutionnelle.
Le gouvernement avait voté l’année dernière en faveur de la destitution de Baharav-Miara, une décision annulée par la Haute Cour.
Gotliv a également proposé de restreindre les pouvoirs de la Haute Cour et de supprimer la formation chargée d’évaluer les candidats à la magistrature, qu’Otzma Yehudit qualifie d’outil de la « junte judiciaire ».
« Les électeurs de droite comprennent que s’ils veulent que je sois ministre de la Justice, ils doivent voter pour Otzma Yehudit », a déclaré Gotliv à Jérusalem. « Sinon, vous obtiendrez ce que vous connaissez depuis toujours : le désespoir et la fabrication malveillante d’affaires contre un Premier ministre en exercice. »
« En tant que personne ayant analysé le système juridique, je suis consternée par les crimes qui sont mis au jour concernant la conduite de hauts responsables judiciaires », a déclaré Gotliv. « On ne peut pas nous faire miroiter des illusions en matière de droit. »
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