Begin critique les partisans “stupides” de Liberman

Le député historique du Likud se dit ébahi que le nouveau ministre de la Défense, soutien d’une solution à 2 états, soit considéré “casher” par une partie de la droite

Benny Begin, député du Likud, se rend à une réunion de son parti à la Knesset, le 23 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le député historique du Likud Benny Begin s’est attaqué mardi aux membres « stupides » de la droite qui sont satisfaits de la démission du ministre de la Défense Moshe Yaalon et de son remplacement par Avigdor Liberman.

La Knesset a approuvé lundi soir la nomination de Liberman. Sur les 99 députés présents dans la plénière, 55 ont votés pour, 43 contre, et Begin a brisé la ligne du parti en s’abstenant.

Begin a déclaré à la radio militaire qu’il était ébahi de la réponse à la décision de Yaalon de quitter la politique après que Netanyahu a donné son ministère à Liberman dans le cadre d’un accord de coalition faisant entrer Yisrael Beytenu, le parti de Liberman, dans le gouvernement.

« J’étais perplexe devant la gaieté et la joie de la droite quand Yaalon a démissionné, a-t-il dit. Il semble qu’il y ait trois types de droite : modérée, extrémiste, et stupide. »

Le nouveau ministre de la Défense Avigdor Liberman avec le chef d’Etat-major Gadi Eizenkot pendant une cérémonie d’accueil au ministère de la Défense, le 31 mai 2016. (Crédit : Ariel Harmoni/ministère de la Défense)

Begin, qui s’est ouvertement opposé à la nomination de Liberman, a noté qu’alors que Yaalon, qui est opposé à une solution à deux états dans un futur proche, était sur la ligne officielle du Likud, Liberman soutenait cette idée.

« L’idée [d’une solution à deux états] n’est pas acceptable pour le Likud à la Knesset et pas pour le gouvernement qu’il dirige », a-t-il dit au sujet du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, Avigdor Liberman, au centre, et Moshe Yaalon, à la Knesset, le 12 novembre 2014. (Crédit: Miriam Alster/FLASH90)

« Un homme [Yaalon] qui était totalement déterminé à s’opposer à un état de l’OLP [Organisation de libération de la Palestine] ou du Hamas, ou qui sait qui viendra après, en Cisjordanie, n’est pas acceptable pour eux, alors qu’un homme [Liberman] qui est déterminé à cela… est strictement casher ? », a ajouté Begin.

Il a prévenu que, sur la base des déclarations de Liberman pendant qu’il était dans l’opposition, il attendait que le ministre de la Défense ait une politique qui ne soit « pas considérée, pas prudente, pas responsable, et pas modérée ».

Pourtant, a-t-il ajouté, il serait heureux de voir Liberman mettre en place des politiques « modérées », même si cela signifie que le ministre de la Défense diverge des déclarations pugnaces qui l’ont fait connaître.

Sofa Landver (Crédit : AFP)

En même temps que Liberman, la Knesset a également approuvé la nomination de Sofa Landver (Yisrael Beytenu) au ministère de l’Intégration des immigrants, et celle de Tzahi Hanegbi (Likud) comme ministre sans portefeuilles.

Begin a révélé qu’il y a deux semaines Netanyahu lui a proposé d’être ministre sans portefeuille, mais qu’il avait refusé, pensant que les « conditions » du cabinet ne lui permettraient pas de contribuer suffisamment.

« J’ai pensé que ce n’était pas efficace pour moi de m’asseoir à la table du cabinet », a-t-il dit.

L’arrivée de Yisrael Beytenu permet à la coalition gouvernementale d’avoir une majorité de 66 sièges sur 120 à la Knesset, contre 61 auparavant. Le parti a gagné six mandats pendant les élections de 2015, mais suite à l’accord de coalition, la députée Orly Levy-Abekasis a annoncé qu’elle quittait le parti pour être députée indépendante.

Les politiciens et les experts ont réagi avec inquiétude et dédain à la décision de nommer Liberman à la Défense il y a deux semaines, prévenant que donner le ministère de la Défense à un politicien énergumène était un geste dangereux.

Peut-être pour lever ces peurs, Liberman a mis en avant ses crédences pro-paix pendant un discours devant la Knesset après le vote de lundi, saluant comme « une opportunité réelle » un discours récent du président égyptien Abedl-Fattah el-Sissi appelant Israéliens et Palestiniens à retourner aux négociations.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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