Ben Gvir réplique à Baharav-Miara et l’accuse d’ingérence politique dans la police
Le ministre de la Sécurité intérieure Ben Gvir a répondu aux propos de la procureure générale, qui l'accuse d'entrave à la justice ; certains évoquent un 'chantage à la promotion'
Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a répondu mardi aux accusations de la procureure générale Gali Baharav-Miara selon lesquelles le politicien d’extrême droite entravait la bonne marche de la justice en refusant de promouvoir une enquêtrice impliquée dans le procès pour corruption de Netanyahu.
Singeant le style employé par la procureure générale hier, Ben Gvir a expliqué que sa lettre « soulève de sérieuses inquiétudes quant à une ingérence inappropriée » de la part de la plus haute responsable juridique dans les « procédures requises en amont de toute promotion de policier ».
« Cette ingérence ne peut être considérée que comme une ingérence politique flagrante et inappropriée », a-t-il fait savoir.
Baharav-Miara a accusé hier Ben Gvir d’avoir procédé à un calcul politique en décidant de retarder la signature de la promotion de la superintendante Rinat Saban, une enquêtrice dont la nomination, prévue à la fin l’année dernière, avait été approuvée par les responsables de l’application de la loi.
Saban avait depuis témoigné contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans l’un de ses procès pour corruption, amenant Baharav-Miara à accuser l’allié du Premier ministre au sein de la coalition, Ben Gvir, qui supervise la police, d’entrave à la justice et d’intimidation de témoins.
En plus de son témoignage contre Netanyahu en mars, Saban a également enquêté sur deux conseillers du Premier ministre, Jonatan Urich et Ofer Golan, soupçonnés d’avoir harcelé Shlomo Filber, un témoin de l’accusation dans l’Affaire 4000, la plus grave des trois affaires dans le procès pour corruption en cours du Premier ministre.
Les détracteurs de Ben Gvir, les experts juridiques et la procureure générale elle-même ont accusé le ministre de faire un « chantage à la promotion », pour influer sur les décisions prises par les forces de l’ordre et faire avancer son programme politique d’extrême droite via l’application de la loi.