Blanchiment d’argent : 7 organisateurs de la Global Sumud Flotilla pour Gaza placés en détention en Tunisie

Après leur audition et 10 jours de garde à vue, un mandat de dépôt a été prononcé, notamment pour 'formation d'une entente pour blanchiment d'argent', selon leur avocat

Ilustration : Les membres du groupe de navires de la « Global Sumud Flotilla » à destination de Gaza amarrés près de la petite île de Koufonisi, au sud de la Crète, le 26 septembre 2025. (Crédit : Eleftherios Elis/AFP)

Un juge tunisien a ordonné lundi, sur la base de soupçons de « blanchiment d’argent », le placement en détention provisoire de sept membres de la nouvelle « Global Sumud Flotilla » qui a prévu de se rendre à Gaza au printemps, a indiqué à l’AFP leur avocat.

Après leur audition et dix jours de garde à vue, un mandat de dépôt a été prononcé à leur encontre, notamment pour « formation d’une entente pour blanchiment d’argent », a précisé Me Sami Ben Ghazi.

Cette affaire est en relation avec la collecte d’argent organisée lors d’une première opération de la Global Sumud Flotilla en septembre 2025, a ajouté l’avocat, sans plus de détails.

Des dizaines de manifestants se sont rassemblés lundi devant le pôle judiciaire financier à Tunis, chargé de l’enquête, pour protester contre l’interpellation des sept organisateurs tunisiens, a constaté une journaliste de l’AFP.


« Le régime réprime toute action de militantisme politique, social, y compris en soutien à la cause palestinienne. Il s’agit toujours du même processus, d’utiliser des chefs d’accusation sans fondement, notamment le blanchiment d’argent, en s’appuyant sur une justice aux ordres », a estimé Mahdi Elleuch, un activiste de la société civile.

La Global Sumud Flotilla avait condamné dans un communiqué l’arrestation le 6 mars de ses membres tunisiens dont Wael Naouar, son épouse Jawaher Channa, Sana Msahli, Nabil Channoufi et Mohamed Amine Bannour.

Selon la même source, ces détentions, « combinées avec des interdictions répétées de rassemblements légaux », marquent « une rupture troublante avec la longue histoire de solidarité de la Tunisie avec le peuple palestinien ».

Les organisateurs de la Global Sumud Flotilla ont affirmé avoir été « violemment empêchés » début mars par la police d’entrer dans le port de Sidi Bou Saïd, près de Tunis, le principal port d’où ils étaient partis l’an dernier.

À LIRE: Israël révèle des documents prouvant les liens entre la flottille pour Gaza et le Hamas

En octobre dernier, les militants de la Global Sumud Flotilla avaient tenté de briser les restrictions maritimes strictes imposées par Israël sur Gaza et d’atteindre l’enclave pour y acheminer de l’aide par voie maritime, avant d’être arrêtés et expulsés après l’interception de leurs embarcations par Israël.

En février, ils avaient annoncé préparer une nouvelle mission en direction de Gaza à partir de plusieurs pays méditerranéens dont la Tunisie.

Global Sumud Flotilla a décrit son action comme « une réponse non violente au génocide, au siège, à la famine de masse et à la destruction de la vie civile à Gaza ».

Israël conteste l’existence d’une famine à Gaza et accuse le Hamas de piller les livraisons d’aide humanitaire destinées à la bande de Gaza et de s’installer dans des infrastructures civiles, notamment des hôpitaux et des écoles.

Fin septembre, le ministère israélien des Affaires étrangères avait affirmé que les documents « montrent un lien direct entre les dirigeants de la flottille et l’organisation terroriste Hamas, en particulier sa branche étrangère, la Conférence palestinienne pour les Palestiniens (PCPA) ».

Selon Israël, la PCPA, créée en 2018, « fonctionne comme l’organe représentatif du Hamas à l’étranger, opérant de facto comme les ambassades du Hamas ». La PCPA a été désignée comme groupe terroriste par Israël en 2021 en raison de son affiliation au Hamas.

« L’organisation opère sous couverture civile et est chargée, au nom du Hamas, de mobiliser des actions contre Israël, notamment des manifestations violentes, des marches contre Israël et des flottilles de protestation et de provocation », avait indiqué le ministère.

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