Boy George interprète « We Will Dance Again » dans une synagogue de Vancouver
À l'approche du Nouvel An juif, quelque 800 fidèles se sont réunis pour honorer la star de la pop britannique pour son soutien aux Juifs et à Israël depuis le 7-Octobre : « J'aime Israël, vous savez »
La star britannique de la pop Boy George a chanté « We Will Dance Again » pour la première fois en public cette semaine, devant quelque 800 fidèles réunis pour un concert exceptionnel qui a été organisé à l’approche du Nouvel An juif dans une synagogue de Vancouver, en Colombie-Britannique.
Boy George est venu à Vancouver afin de clôturer la série de concerts estivaux de la Pacific National Exhibition (PNE). Son spectacle a failli être annulé, mais la communauté juive canadienne, sous l’impulsion du CIJA (Centre pour les affaires israéliennes et juives) et de la Fédération juive de Colombie-Britannique, a lancé une campagne pour encourager la PNE à le soutenir. L’artiste a prolongé son séjour de deux jours afin de pouvoir se produire au Temple Sholom.
La communauté s’est mobilisée pour rendre hommage au chanteur, qui manifeste son soutien à Israël et au peuple juif dans le monde entier depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël et la guerre qui s’en est suivie à Gaza.
Pour des raisons de sécurité, les organisateurs de l’événement ont interdit aux spectateurs de filmer, d’enregistrer ou de prendre des photos pendant le concert. Amy Frankel, présidente de la synagogue réformée Temple Sholom, a déclaré aux spectateurs : « Nous ne voulons pas que le public sache que Boy George est ici et qu’il vienne l’attendre après le concert. »
La police de Vancouver, des agents de sécurité privés et l’équipe chargée de la sécurité de la synagogue ont contribué à assurer le bon déroulement de l’événement.
La star britannique de la pop, aujourd’hui âgée de 65 ans, a interprété sa chanson « We Will Dance Again », expression devenue le cri de ralliement des survivants du massacre du festival de musique Nova, survenu le 7-Octobre. Ce jour-là, des terroristes dirigés par le Hamas ont tué 378 personnes et en ont enlevé des dizaines d’autres dans le cadre de cette rave organisée dans le sud d’Israël.
Le public a applaudi avec enthousiame lorsque Boy George a chanté « I stand with the Jews ». Il a également interprété « Karma Chameleon », le tube emblématique de Culture Club.
La vidéo de l’événement n’a pas encore été diffusée dans les médias.
Cette soirée a été organisée en collaboration avec la Fédération juive du Grand Vancouver, le Centre pour les affaires israéliennes et juives (CIJA), ainsi que des bénévoles du Temple Sholom. L’intégralité des recettes issues de la vente des billets a été reversée au Fonds de lutte contre l’antisémitisme de la Fédération juive.
Sur le réseau social X, l’artiste a exprimé sa reconnaissance pour cette soirée « véritablement magique ».
Dan Moskovitz, grand rabbin du Temple Sholom, a rejoint Boy George sur scène pour une conversation, abordant des sujets aussi variés que l’inspiration à l’origine de son engagement pro-israélien et la dernière diatribe anti-israélienne du rappeur américain Macklemore, ou encore l’admiration de longue date de Moskovitz pour la musique de Boy George, et ce que le Culture Club représente pour lui : un club « ouvert à tous ». (Moskovitz a ensuite publié un article sur son blog à propos de l’événement.)
Boy George a par ailleurs évoqué les origines de cette chanson. « J’ai enregistré ce titre très naturellement, en compagnie de cet homme formidable qui se trouve ici : Kevin Frost. À l’origine, bien sûr, je l’avais publiée en version générée par IA… Je me suis rendu à New York où j’ai reçu un prix du magazine Tablet, et ils m’ont offert ce magnifique matzo. C’était vraiment magnifique, et je me suis dit : Pourquoi est-ce que je reçois ce prix ? Je n’ai rien fait.
Et puis, un vendredi soir, alors que j’étais assis chez moi, j’ai commencé à écrire cette chanson. Et à mesure que je l’écrivais, je me suis dit : “Tu sais quoi ? Je dois la sortir… Les gens ont tendance à dire qu’ils sont contre l’IA, mais en réalité, toute la musique pop des 30 dernières années utilise l’intelligence artificielle. Tous les groupes, même les groupes de rock, se servent d’ordinateurs sur scène”, a-t-il expliqué.
Le musicien a également évoqué sa visite particulièrement émouvante à l’exposition Nova à Londres, ainsi que sa rencontre avec des survivants ddu festival, notamment une jeune femme, May Hayat, dont les amis ont été tués pendant l’attaque, et les parents du musicien anglo-israélien Jake Marlowe, assassiné le 7-Octobre.
« J’ai dit à May : “Je vais écrire une chanson.” Elle nous a regardés d’un air un peu perplexe. Comment peux-tu écrire une chanson là-dessus ? Mais je dois dire que, quand je l’ai écrite, c’est venu tout naturellement. Et on l’a enregistrée dans le plus grand secret. »
Boy George a ajouté être choqué par certains artistes qui s’expriment contre Israël sur scène. « J’ai donné un concert récemment. Je voulais chanter ma chanson, mais quelque chose me disait que ce n’était pas approprié. Ce n’était tout simplement pas une bonne idée. Je critique Macklemore et d’autres artistes pour avoir agi ainsi ; vous comprenez ce que je ressens. »
Boy George a également fait part de son opinion sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Je ne le déteste pas. Qu’est-ce qu’il est censé faire ? Qu’est-ce qu’il est censé faire ? Il en sait beaucoup plus que moi, et il en sait plus que tous ceux qui hurlent et crient “Free Palestine”. Tous ces gens-là… D’ailleurs, je ne suis pas anti-palestinien. Je ne suis contre personne. »
« Je ne sais pas ce que c’est que de diriger un pays, en particulier Israël. J’y suis allé plusieurs fois. J’ai reçu des lettres de Roger Waters qui me disait de ne pas y aller. Qu’il aille au diable, j’y vais quand même. J’aime Israël, vous savez, et j’y retournerai dans quelques mois », a-t-il ajouté, avant d’annoncer qu’il se produirait en Israël en novembre.
Cet événement s’est achevé avec la remise à Boy George d’un shofar gravé, puis la récitation du Shehecheyanu – une bénédiction juive qui exprime la reconnaissance envers les expériences nouvelles et exceptionnelles.
La sortie officielle de « We Will Dance Again » est prévue prochainement chez Warner. Une version autoproduite est déjà disponible en ligne.