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La dernière (et énième) polémique déclenchée à la suite de propos de la rapporteuse (très) spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, qui travaille pour le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies mais sans travailler pour les Nations unies, a confirmé trois réalités : la vérité factuelle ne compte pas (surtout depuis le pogrom du 7-Octobre), l’ONU fait plus partie du problème que de la solution (surtout depuis le pogrom du 7-Octobre) et trop de médias passent à côté de l’essentiel en alimentant de faux débats (surtout depuis le pogrom du 7-Octobre).
Lors d’une conférence, organisée le samedi 7 février à Doha par la chaîne qatarie pro-Hamas Al Jazeera et à laquelle participaient notamment un des chefs du Hamas, Khaled Meshaal, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, Francesca Albanese a dit notamment ceci dans une déclaration filmée et postée sur son compte X : « Le fait qu’au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays du monde l’aient armé, lui aient fourni des excuses politiques, un parapluie politique ainsi qu’un soutien économique et financier, est un défi. Le fait que la plupart des médias dans le monde occidental amplifient le discours pro-apartheid, le narratif génocidaire, est un défi. Et en même temps, c’est aussi une opportunité. Car si le droit international a été poignardé en plein cœur, il est également vrai que jamais auparavant la communauté internationale n’a connu les défis auxquels nous sommes tous confrontés. Nous qui ne contrôlons pas de vastes capitaux financiers, ni les algorithmes, ni les armes, constatons désormais qu’en tant qu’humanité, nous avons un ennemi commun et que le respect des libertés fondamentales est la dernière voie pacifique, le dernier outil pacifique dont nous disposons pour recouvrer notre liberté. »
Or, la question ici n’est pas de savoir s’il faut condamner ce qu’elle a dit cette fois encore, à savoir qu’Israël est, selon elle et semble-t-il ses trop nombreux soutiens – Al Jazeera compris -, un état « apartheid », « génocidaire », « qui contrôle de vastes capitaux financiers », les « algorithmes » (une référence sans doute au rapport qu’elle a rédigé en juin et dénoncé par le co-fondateur de Google, Sergey Brin), et les « armes », car ces accusations sont déjà devenues monnaie courante par tous les détracteurs d’Israël.
(Mais rendez-vous compte un instant de la puissance de ces mots devenus depuis le pogrom du 7-Octobre encore tellement plus banals quand il s’agit de mépriser Israël.)
La question serait, selon le (faux) débat en cours, plutôt de savoir si elle a dit de façon explicite ou implicite qu’Israël était, à ses yeux, et aux yeux de « l’humanité », « l’ennemi commun » : rendez-vous compte du niveau du débat ! Depuis quand a-t-on besoin de dire les choses explicitement pour signifier ce que l’on veut dire ? N’y a t-il qu’une seule façon de dire les choses ? Et surtout, serait-ce la première fois que Francesca Albanese tiendrait ce genre de discours nauséabond – en tant que rapporteuse ou pas ? N’a-t-elle jamais auparavant été l’auteure de propos aussi controversés ? Et si elle ne l’a pas dit explicitement, alors tout ce qu’elle a dit jusqu’ici ne compte-t-il pas ? Serait-elle blanchie parce qu’elle n’aurait pas dit explicitement ce qu’elle dit depuis toujours ? N’y a-t-il plus alors de contexte ?
Ce faux débat est avant tout un prétexte qui montre bien encore une fois que ses trop nombreux soutiens veulent nous faire oublier l’essentiel : une rapporteuse affiliée à l’ONU intervient lors d’une conférence organisée par un « média », qu’elle flatte à plusieurs reprises en minaudant, qui défend ouvertement le groupe terroriste palestinien dont la décision de mener un pogrom en Israël a déclenché la guerre à Gaza. Un « média » qui invite d’ailleurs à cette conférence l’un de ses plus hauts représentants – qui serait, selon certains, favori pour reprendre bientôt la tête du Hamas. Un « média » qui a interrompu à maintes reprises ses « reportages » dans la bande de Gaza quand l’interlocuteur commençait à critiquer le Hamas. Un « média » qui invite aussi un représentant d’un pays qui en ce moment même massacre son propre peuple sans qu’aucun des trop nombreux soutiens de Francesca Albanese n’hurle au scandale ou ne se précipite pour mobiliser ses troupes afin de rédiger une lettre de soutien.
Tous les articles de presse, qui se sont indignés de l’appel à la démission de cette rapporteuse réclamée par des élus français et un ministre, n’ont manifestement pas jugé approprié de prendre le temps de rappeler ses précédentes diatribes antisémites et anti-Israël, car ils se sont uniquement concentrés sur le fait qu’elle ait dit ou non une phrase spécifique, et qui pourtant, dite explicitement ou pas, résume, à mon sens, toute sa pensée. Une pensée qui ne sert en aucun cas d’ailleurs les Palestiniens, si ce n’est le Hamas.
Il faut le dire et le rappeler aux trop nombreux soutiens dont elle dispose (associations de juristes, auteurs, artistes, Ligue des droits de l’Homme, Amnesty international, journaux, ONG et j’en passe) : Francesca Albanese n’en est – pas du tout – à son coup d’essai quand il s’agit de vilipender Israël et d’utiliser tous les forums possibles pour cracher sa haine à l’égard de l’état hébreu, coupable selon elle de tous les maux de la Terre. Que ce soit derrière sa casquette de rapporteuse de l’ONU ou pas.
En 2014, elle écrivait dans une lettre qui visait à collecter des fonds pour l’agence (ô combien) controversée de l’ONU dédiée aux Palestiniens (UNRWA) et pour laquelle elle a travaillé : « L’Amérique et l’Europe, l’une subjuguée par le lobby juif, l’autre par le sentiment de culpabilité lié à l’Holocauste, restent sur la touche et continuent de condamner les opprimés – les Palestiniens – qui se défendent avec les seuls moyens dont ils disposent (des missiles défaillants), au lieu de mettre Israël face à ses responsabilités en matière de droit international ». La lettre avait été postée sur son profil Facebook.
Dans un autre post publié cette année-là, qui s’adressait cette fois à la BBC en raison de sa couverture du conflit – alors que cette dernière est pourtant largement critique de l’État juif – Albanese écrivait : « le lobby israélien coule clairement dans vos veines et dans tout ce que vous êtes et on se souviendra que vous avez été du côté de Big Brother dans ce cauchemar orwellien qui a été causé, une fois encore, par la cupidité d’Israël. Vous devriez avoir honte à la BBC ».
Dans un post de 2015 découvert par le Times of Israel, elle avait partagé une image qui, selon elle, montrait un soldat nazi et un homme juif et, à côté, un soldat israélien et un Palestinien. « Sur la première image, un soldat nazi, un chien et un homme à terre – un Juif. Sur l’autre, un soldat israélien, un chien et un homme à terre – un Palestinien », avait-elle écrit en légende de sa publication.
Dans un entretien accordé aux médias italiens en 2015, elle avait comparé la Nakba – le mot palestinien signifiant « catastrophe » et qui désigne la création d’Israël – à la Shoah.
Avance rapide parce que sinon on ne s’en sort plus : dans un entretien accordé aux médias italiens, au début de l’année 2022, elle avait accusé l’État juif d’être « très efficace dans l’adoption de l’équation : ‘résistance = terrorisme’. Mais une occupation nécessite clairement de la violence, et elle en génère ». Elle avait indiqué dans une autre interview que « les violences palestiniennes étaient ‘inévitables’. »
En juillet 2022, Miloon Kothari, membre de la commission d’enquête de l’ONU controversée chargée d’enquêter sur des crimes israéliens présumés, a déclaré que les réseaux sociaux étaient « largement contrôlés par le lobby juif ». Il a également demandé pourquoi Israël était autorisé à participer à l’ONU. Il s’est ensuite excusé après avoir subi de fortes pressions, mais est resté tout de même à son poste. Albanese avait défendu Kothari, qualifiant la critique de ses propos « d’allégations absurdes d’antisémitisme » et de « campagne de diffamation ». La commission d’enquête de Kothari a été décrite comme étant sévèrement critique à l’égard d’Israël, ignorant presque complètement le terrorisme palestinien – à l’instar d’Albanese.
« Le droit à la résistance des Palestiniens est inhérent à leur droit d’exister en tant que peuple », avait-elle écrit sur Twitter en août 2022. Elle avait aussi dit que le droit à la « résistance armée », pour les Palestiniens, était « un débat nécessaire » qui avait été « relégué aux oubliettes ».
En novembre 2022, elle avait déclaré dans un podcast que les préoccupations sécuritaires d’Israël relevaient « d’un mode de pensée paranoïaque ». « Israël ne peut pas revendiquer l’auto-défense alors que le pays occupe et commet des actes d’agression contre un autre pays. Ce sont les Palestiniens qui ont le droit à l’auto-défense ».
Malgré les preuves accablantes fournies par le Hamas lui-même, le 11 octobre 2023, autrement dit seulement quatre jours après le pogrom, Albanese avait indiqué qu’elle doutait des informations faisant état de viols et de violences sexuelles, estimant que les États-Unis et Israël diffusaient ces allégations dans le but d’exacerber les tensions. La rapporteuse onusienne avait aussi estimé qu’Israël n’avait pas le droit de se défendre, ajoutant que les Israéliens devaient être « considérés comme suspects » et qu’ils devaient faire l’objet d’enquêtes lorsqu’ils se trouvaient à l’étranger.
Elle avait aussi appelé les autres pays à cesser leurs exportations de produits pharmaceutiques vers Israël.
Elle a aussi qualifié, dans le passé, Israël de « société génocidaire » – l’État juif constituant un obstacle sur la voie de la justice mondiale.
Ancienne employée de l’UNRWA, elle a affirmé que les accusations selon lesquelles des employés de l’agence avaient activement participé au massacre du 7-Octobre étaient « de fausses allégations » – malgré les nombreuses preuves montrant l’implication irréfutable de ces employés fournies encore par le Hamas lui-même…
« ‘Le plus grand massacre antisémite de notre siècle’ ? Non, M. Emmanuel Macron. Les victimes du 7-Octobre n’ont pas été tuées parce qu’elles étaient juives, mais à cause de l’oppression imposée par Israël. La France et la communauté internationale n’ont rien fait pour l’empêcher. Mes respects aux victimes », avait-elle osé écrire dans un tweet en réaction à un article du Monde rapportant que le président français avait rendu hommage en février 2024 aux victimes de l’attaque brutale du Hamas le 7-Octobre, dont un certain nombre de ressortissants français. Macron avait alors dénoncé « le plus grand massacre antisémite de notre siècle » et « l’antisémitisme rampant », en France, dans le sillage de l’attaque.
Le ministère français des Affaires étrangères lui avait alors répondu que le 7-Octobre était en effet « le plus grand massacre antisémite du XXIe siècle » et que « le contester est une faute. Sembler le justifier, en y mêlant le nom des Nations unies, est une honte ».
En mai 2024, elle a dit, lors d’un webinaire organisé par l’université de Harvard, que lorsque le Hamas parlait de tuer des Juifs (Yahudi), il ne faisait pas réellement référence aux Juifs.
En juillet 2024, elle avait suscité les critiques d’Israël et des Etats-Unis pour avoir approuvé un message sur le réseau X montrant deux photos avec, sur l’une, Adolf Hitler entouré d’une foule le saluant et, sur l’autre, Benjamin Netanyahu qui semble entouré par des membres du Congrès américain lors de sa visite. « L’Histoire nous surveille toujours », avait écrit au-dessus des photos l’auteur de la publication, Craig Mokhiber, un ancien responsable des Nations unies chargé des droits de l’Homme qui avait démissionné fin 2023 en dénonçant ce qu’il avait appelé l’incapacité de l’organisation à arrêter le « génocide » des Palestiniens. Commentant sa publication, Mme Albanese avait répondu : « C’est précisément ce que je pensais aujourd’hui ».
En novembre 2024, Francesca Albanese avait haussé les épaules lorsque Eden Yadegar, étudiante à l’université Columbia, épicentre des activités anti-Israël et antisémites sur les campus universitaires américains depuis l’assaut barbare et sadique commis par le Hamas, lui avait demandé lors d’une de ses interventions, si tous les Israéliens étaient des cibles légitimes. Lorsqu’un autre étudiant avait demandé à Albanese si elle condamnait les viols et les enlèvements menés lors du pogrom, la majorité de l’auditoire avait ri. Au cours de l’événement, auquel avaient assisté une centaine d’étudiants et de professeurs, Albanese avait une fois de plus qualifié la guerre menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza de « génocide », avait justifié le pogrom du 7-Octobre et remis en question le droit à l’existence d’Israël.
Le même mois, tout en admettant à contrecœur que le pogrom du 7-Octobre « pourrait être qualifié » de terrorisme, Francesca Albanese avait néanmoins souligné lors d’une émission de l’animateur britannique Piers Morgan que la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza était, selon elle, illégale.
En juillet, cette titulaire d’une licence de droit et d’un master des droits de l’Homme, a été visée par des sanctions de l’administration Trump qui a mis en cause son « antisémitisme éhonté », son travail « partial et malveillant » ainsi que le fait qu’elle mente sur son CV en se présentant comme avocate.
Elle s’est en effet décrite à maintes reprises comme « avocate » ou « juriste internationale » dans des biographies officielles, sur les réseaux sociaux et dans sa candidature à l’ONU en 2021, laissant entendre qu’elle avait passé l’examen du barreau et était habilitée à exercer. Cependant, dans une interview accordée en mai à l’édition italienne de Vanity Fair, elle a fini par avouer : « Je n’ai pas passé l’examen pour devenir avocate ».
Les rapporteurs spéciaux de l’ONU sont des experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, mais ils ne s’expriment pas en son nom. Un rapporteur spécial n’est pas payé pour son travail et il est nommé pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois. Le règlement du Conseil des droits de l’Homme stipule que les rapporteurs doivent faire preuve d’objectivité et éliminer « les doubles standards et la politisation », et qu’ils doivent agir avec « intégrité, ce qui signifie – en particulier mais pas uniquement – qu’ils agiront avec probité, impartialité, équité, honnêteté et bonne foi ». Francesca Albanese avait fait le serment, dans sa candidature au poste de rapporteuse spéciale en 2021, qu’il n’y avait aucun élément – actuel ou passé – qui pourrait porter atteinte à son autorité et à sa crédibilité morales…
Le président du Conseil des droits de l’Homme a dit « regretter » les sanctions américaines. « J’appelle tous les États membres de l’ONU à coopérer pleinement avec les rapporteurs spéciaux et les titulaires de mandat du Conseil et à s’abstenir de tout acte d’intimidation ou de représailles à leur encontre », a affirmé l’ambassadeur suisse Jürg Lauber, qui a occupé cette année-là le poste du président du Conseil. Lauber a été récemment élu à la vice-présidence du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, a pour sa part demandé à Washington de revenir sur sa décision. « J’exhorte les États-Unis à lever rapidement les sanctions » à son encontre, lisait-on dans un communiqué, dans lequel il demandait aussi que cessent « les attaques et les menaces » contre des personnes nommées par l’ONU ou par la Cour pénale internationale.
« L’Union européenne soutient fermement le système des droits de l’Homme des Nations unies et nous regrettons profondément la décision d’imposer des sanctions à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’Homme dans les territoires palestiniens », avait souligné de son côté un porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni.
Fin septembre, Francesca Albanese a critiqué Marco Massari, le maire de la ville de Reggio Emilia, qui lui remettait une distinction honorifique, pour avoir osé appeler à la libération des otages alors encore retenus par le Hamas et ses alliés.
En novembre, elle a diffusé sur son compte Instagram suivi par 1,3 million d’abonnés, une caricature de quatre mains tenant les coins d’une toile d’araignée s’étendant sur le globe. Des billets de banque, des pièces d’or, un char, un fusil et une bombe pendent des fils de la toile. La carte représentée sur le globe est ambiguë : au centre se trouve une flamme, semblant symboliser Israël et la guerre à Gaza.
En décembre, les locaux du journal italien La Stampa ont été saccagés lors d’une action qui a voulu être pro-palestinienne. Francesca Albanese a alors évoqué un « avertissement pour la presse », suggérant que celle-ci devait « revenir à son rôle », suscitant de vives critiques dans son pays natal.
Le 11 février dernier, lors de la séance de questions au gouvernement, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a déclaré, et notons-le bien sans reprendre les propos formulés par des députés qui appelaient à la démission de Francesca Albanese et qui sont à l’origine de ce faux débat « a-t-elle ou non dit cette phrase ? » : « La France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables de Mme Francesca Albanese, qui vise non pas le gouvernement israélien, dont il est permis de critiquer la politique, mais Israël en tant que peuple et en tant que nation, ce qui est absolument inacceptable. Des propos qui ont été tenus, vous l’avez rappelé, en présence d’un représentant du Hamas et en présence d’un représentant du gouvernement iranien, alors que se poursuit la répression. Des propos qui s’ajoutent à une longue liste de prises de positions scandaleuses, justifiant le 7-Octobre, pire massacre antisémite de notre Histoire depuis la Shoah, évoquant le ‘lobby juif’, ou encore comparant Israël au Troisième Reich. Mme Francesca Albanese s’avance et se présente comme une experte indépendante des Nations unies. Elle n’est ni experte ni indépendante : c’est une militante politique qui agite des discours de haine qui desservent la cause du peuple palestinien, qu’elle entend pourtant défendre, et des Nations unies. En aucun cas et d’aucune manière, Mme Albanese ne peut s’exprimer en leur nom. Elle trahit leur esprit. En réalité, ses provocations n’appellent qu’une seule réponse : sa démission. Et c’est en ces termes et avec cette fermeté, Madame la députée [Caroline Yadan], que la France s’exprimera le 23 février prochain, lors de la session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies. »
Or, c’est dès sa nomination en mai 2022, que des entités ou personnes diverses et variées (ONG, élus, mission israélienne, pays, ministres, ambassadeurs) ont réclamé son départ – en vain. « Les 47 membres [du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies] auraient pu la destituer, conformément aux principes et règles de l’ONU. Et pourtant, pas un seul État n’a bronché, y compris des États membres de l’Union européenne comme l’Allemagne, » a déploré Anne Bayefsky, directrice du Touro Institute on Human Rights de New York et présidente du groupe de défense Human Rights Voices, lors du renouvellement de son mandat en mai.
Selon un rapport de l’ONG pro-Israël, UN Watch, datant aussi de mai dernier, elle aurait accepté un voyage en Australie financé par des organisations pro-Hamas, pour un montant de plus de 20 000 dollars. Initialement, Francesca Albanese avait affirmé que ces voyages étaient financés par l’ONU. Néanmoins, une enquête interne des Nations unies a confirmé qu’elle avait reçu un financement externe pour des déplacements en Australie et en Nouvelle-Zélande. Bien que le comité de coordination des procédures spéciales de l’ONU ait reconnu cette violation du code de conduite, il a conclu qu’il n’y avait pas de manquement grave, permettant ainsi le renouvellement de son mandat ce mois-là pour une nouvelle période de trois ans.
« Au lieu d’exiger la démission de Mme Albanese pour avoir exercé son mandat… ces représentants gouvernementaux devraient unir leurs forces pour demander des comptes, y compris devant la Cour pénale internationale, aux dirigeants et aux responsables accusés d’avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité à Gaza », a déclaré mardi ce même comité en soutien à la rapporteuse.
« Nous ne sommes pas d’accord avec une grande partie de ce qu’elle dit. Nous n’utiliserions pas le langage qu’elle utilise pour décrire la situation », a enfin affirmé jeudi dernier Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui avait précisé au début de l’année 2023 qu’Albanese était une enquêtrice indépendante nommée par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies (CDH) à Genève, et qu’elle n’était pas sous le contrôle du secrétaire général.
L’Assemblée générale supervise le CDH ainsi que son budget. Les États-Unis sont le principal donateur du CDH avec une contribution de plus de 36 millions de dollars l’an dernier.
Mais tout ce que je viens d’écrire n’a pas non plus empêché le gouvernement basque de décerner à Francesca Albanese le Prix René Cassin 2025 des droits de l’Homme en décembre.
René Cassin était un résistant juif. Il était – entre autres – l’un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’Homme adoptée en 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies. Prix Nobel de la paix, il repose au Panthéon, le palais des Grands Hommes, depuis 1987. Il était surtout une figure emblématique de la défense de la justice et de la dignité humaine…
