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Le rabbin Jacob Yisrael Herzog à Riyad, en 2021. (Autorisation)
Le rabbin Jacob Yisrael Herzog à Riyad, en 2021. (Autorisation)
Investigation

Ce rabbin qui veut diriger une communauté qui n’existe pas en Arabie saoudite

Jacob Herzog tente, sans se cacher, de bâtir une vie juive dans ce pays où seul l’islam est autorisé, entraînant l’inquiétude des Juifs locaux soucieux de rester discrets

C’est la fin novembre, c’est la troisième nuit de Hanoukka et dans sa chambre d’hôtel de Ryad, un Juif ultra-orthodoxe israélien allume ses bougies.

Il est vrai qu’exhiber publiquement ces bougies de fête – comme le font traditionnellement les Juifs haredim – pourrait entraîner des problèmes. Encore aujourd’hui, malgré les gestes significatifs d’ouverture de l’Arabie saoudite à l’égard des pays occidentaux, il n’y a pas de pratique affichée du judaïsme dans le pays et le prosélytisme concernant une autre religion que l’islam est illégal et passible de lourdes sanctions.

Alors Jacob Yisrael Herzog a préféré fermer les rideaux de sa fenêtre.

Il poste ensuite une vidéo le montrant en train d’allumer les bougies sur Twitter.

Pour Herzog, cet acte correspond à la dernière initiative entreprise dans le cadre de sa tentative de se présenter lui-même dans le costume de grand-rabbin d’Arabie saoudite, un pays où il n’y a pas de communauté juive officielle.

Depuis l’été, Herzog a séjourné à cinq reprises en Arabie saoudite pour tenter d’établir une présence juive reconnue dans le royaume. Alors que l’impact réel de ses efforts semble plutôt limité jusqu’à aujourd’hui, il n’hésite pas à partager ses objectifs ambitieux pour l’avenir, des objectifs qui sont par ailleurs nombreux – attirer l’attention sur l’alimentation casher dans les supermarchés via Instagram, ouverture de centres communautaires juifs ou d’une école religieuse.

L’initiative prise par Herzog, qui est désireux de rendre les pratiques juives plus accessibles et d’offrir une place à la vie juive communautaire dans l’un des bastions les plus tristement célèbres des persécutions religieuses, lui a valu les éloges de certains et une couverture médiatique largement positive – avec notamment un article du Forward qui lui a attribué le mérite « d’apporter le judaïsme au cœur de l’Arabie saoudite ».

Mais pour le petit nombre de Juifs qui vivent ou qui se rendent fréquemment dans cette pétro-monarchie, qui sont habitués à se déplacer discrètement et à faire en sorte que leur affiliation religieuse ne devienne pas un affront pour leurs hôtes, cette approche quelque peu provocatrice entraîne de profondes appréhensions.

« Ce n’est pas ainsi que se passent les choses ici », expliquent quatre Juifs qui vivent dans le Golfe et qui effectuent fréquemment des séjours en Arabie saoudite, utilisant tous les quatre pratiquement la même formule : « C’est un éléphant dans un magasin de porcelaines ».

Le rabbin Jacob Yisrael Herzog prie dans sa chambre d’hôtel de Ryad, le 29 novembre 2021. (Autorisation)

Herzog dit ne pas être gêné par les critiques qui dénoncent une approche peu orthodoxe. « Il faut pourtant le faire », persiste-t-il.

La peur a empêché d’autres de faire ce que je veux faire mais je ne veux pas être retenu par la peur

« La peur a empêché d’autres de faire ce que je veux faire mais je ne veux pas être retenu par la peur », dit Herzog au Times of Israel. « La peur ne me retient pas… Je n’ai pas peur ».

Semer les graines

Herzog, 45 ans, s’est transformé en défenseur improbable d’une campagne qui réclame, in fine, des réformes religieuses majeures dans un lieu ultra-sensible. Né aux États-Unis, il vit actuellement en Israël. Cette double nationalité lui ouvre les portes du territoire saoudien mais l’État juif n’entretient aucune relation officielle avec le royaume. Il est rabbin et il a officié, dans le passé, auprès de soldats israéliens qui, pour certains, « m’appellent encore quand ils veulent un conseil », dit-il. Mais il a finalement peu d’expérience communautaire juive, au-delà de son passage bref à la tête d’une synagogue du mouvement ‘Habad-Loubavitch à Jérusalem.

Il a passé beaucoup plus de temps dans le monde des affaires – avec une brève période dans le recyclage des pneus de voiture et dans l’agribusiness. Aujourd’hui, Herzog est propriétaire d’une entreprise, ShneorSeed, qui vend des graines de tomate et de poivron « à plus de 17 pays », déclare-t-il. Et il espère bien pouvoir rajouter l’Arabie saoudite à la liste de ses clients.

« Je suis très ouvert à cette idée. Il faut que je gagne ma vie », s’exclame Herzog.

Le rabbin Jacob Yisrael Herzog à Jérusalem, le 22 novembre 2021. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/Times of Israel)

Sur LinkedIn, il se décrit comme un « rabbin et entrepreneur au royaume d’Arabie saoudite », spécialisé dans « les accords et les transactions » ainsi que dans « les circoncisions rituelles et le dialogue interconfessionnel ».

« Il se passe des choses en permanence », dit Herzog, évoquant les objectifs qu’il a pu se fixer en tant que religieux et en tant qu’homme d’affaires, « alors j’avance dans les deux directions, en parallèle ».

Jusqu’à une date récente, Herzog utilisait son titre ambitieux de « Grand-rabbin d’Arabie saoudite » sur LinkedIn comme sur le site internet qu’il a lancé dans le cadre de son exercice rabbinique.

Herzog établit clairement que son projet pour l’avenir est rien de moins que de construire la toute première communauté juive moderne et publique du royaume.

« Ma vision, c’est que l’Arabie saoudite devrait offrir des services communautaires juifs, tout ce qui va des écoles juives, des lycées juifs jusqu’aux synagogues, en passant par les mikvaot [les bains rituels] pour les hommes et pour les femmes et par tous les offices des fêtes, comme les repas des fêtes communautaires », indique-t-il.

En plus d’offrir « toute la gamme des services juifs et un rabbin », Herzog dit vouloir pouvoir établir des centres communautaires juifs dans les plus importantes villes regroupant les expatriés du royaume.

Il précise qu’il finance lui-même son travail – même s’il demande des dons sur un site internet qu’il a créé pour faire connaître ses services en Arabie saoudite. Il cherche de l’argent, entre autres, pour faire construire sept bains rituels, qui coûtent chacun plus d’un million de dollars.

Même si lui et sa famille appartiennent à la communauté ‘Habad, Herzog insiste sur le fait que ses initiatives prises en Arabie saoudite ne sont aucunement liées au mouvement ‘Habad organisé. Un porte-parole du mouvement confirme par ailleurs que ce dernier n’a pas envoyé de représentant en Arabie saoudite.

« Le mouvement ‘Habad-Loubavitch n’a pas d’émissaire aujourd’hui en Arabie saoudite. Les besoins des Juifs d’Arabie saoudite sont largement comblés par le mouvement ‘Habad aux Émirats arabes unis – c’est là d’où viennent les produits casher et autres nécessités », commente le rabbin Motti Seligson, porte-parole du mouvement ‘Habad-Loubavitch.

Pour vivre heureux, vivons cachés

Il n’y a pas de chiffre officiel sur la population juive en Arabie saoudite – mais les estimations vont de quelques centaines à quelques milliers de Juifs vivant dans le royaume, tous expatriés. Il y a eu quelques rares récits portant sur la présence d’une communauté indigène avant l’avènement de l’islam, en l’an 632 de l’ère commune, et il y aurait eu quelques Juifs, dans le pays, qui auraient fui vers Israël aux côtés des Juifs du Yémen dans les années 1949 et 1950.

Pourquoi provoquer pour rien ? le régime ne l’autorisera pas

Aujourd’hui, le royaume interdit la pratique d’une autre religion que l’islam sur son territoire – une interdiction inscrite dans la loi – et il n’y a ni synagogue, ni église officielle dans le pays.

« Vous ne trouverez pas de communauté juive là-bas », dit Yoel Guzansky, expert de la région du Golfe au sein de l’Institut d’études de sécurité nationale à Tel Aviv. « Pourquoi provoquer pour rien ? Le régime ne l’autorisera pas ».

De la même manière, un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères se refuse à tout commentaire sur les activités de Herzog, se contentant de déclarer : « Il n’y a pas de communauté juive en Arabie saoudite ».

Les résidents de la région évoquent une situation qui rappelle le vieil adage du « pour vivre heureux, vivons cachés » – où les Juifs qui vivent et qui travaillent en Arabie saoudite optent pour une discrétion absolue s’agissant de leur affiliation religieuse.

Greg, qui habite dans le Golfe depuis longtemps et qui se rend chaque mois en Arabie saoudite, où il a des amis Juifs, explique les Juifs qui vivent dans la pétro-monarchie sont circonspects et prudents en ce qui concerne leur foi et qu’ils ont comme règle de ne la rendre publique. Il n’y a pas de communauté juive organisée connue et les Juifs n’ont presque aucun moyen de se retrouver les uns les autres.

Comme les autres Juifs cités dans cet article, il demande à être identifié par un pseudonyme pour des raisons de sécurité.

« Ce serait très difficile de trouver des Juifs », continue Greg. « C’est plutôt le bouche à oreille… Vous allez dans votre club de gym, vous y rencontrez un jour un type qui s’appelle David et vous allez lui demander s’il est Juif… C’est un peu comme ça que ça se passe ».

Des pèlerins prient à la Kaaba, à la Grande mosquée, vers laquelle les croyants se tournent lors de la prière à la Mecque, en Arabie saoudite, le 26 juillet 2020. (Crédit : Saudi Ministry of Media via AP)

Sam, une autre habitante de la région qui, si elle ne réside pas en Arabie saoudite, est très impliquée dans la vie juive dans la région du Golfe, explique que les Juifs du royaume tentent de ne pas froisser leurs hôtes.

« Les Juifs qui vivent là-bas s’y trouvent pour des raisons liées au travail. Et ils travaillent pour des compagnies qui sont majoritairement internationales. Ils se doivent de faire preuve de discrétion, en quelque sorte, ou ils ont en tout cas le sentiment de devoir le faire », explique-t-elle.

« Ce sont des visiteurs, réellement. C’est comme s’ils étaient des visiteurs hébergés dans une habitation qui ne leur appartient pas », ajoute-t-elle, se faisant l’écho d’un sentiment partagé par de nombreux Juifs liés d’une manière ou d’une autre à l’Arabie saoudite.

C’est donc dans cette atmosphère que Herzog s’est introduit. Alors que ses critiques notent toutefois rapidement qu’ils ne mettent pas en doute ses bonnes intentions, ils craignent qu’il ne pousse à bout la tolérance du royaume et qu’il finisse par porter préjudice aux Juifs qui sont installés là-bas en toute discrétion.

« Je pense qu’il faut qu’il comprenne où il est en train de mettre les pieds », déclare Greg, qui le compare à « un éléphant dans un magasin de porcelaines ».

« Je pense qu’à long-terme, il entraînera plus de dégâts pour la communauté juive qu’autre chose parce que les Saoudiens ne sont pas prêts à voir la pratique publique d’une autre religion que l’islam », poursuit-il.

Le rabbin Jacob Yisrael Herzog dans un centre commercial de Ryad, en novembre 2021. (Autorisation)

« Je ne pense pas, connaissant les gens du Golfe comme je les connais, que la meilleure manière d’arriver à ses fins soit l’action frontale », estime Jon, un Juif qui a vécu en Arabie saoudite pendant plusieurs décennies et qui réside encore aujourd’hui dans le Golfe.

Sam note que de nombreuses personnes ont été dérangées par une vidéo postée par Herzog sur les réseaux sociaux où il apparaissait, dans la rue, en train de danser avec un Saoudien, et par d’autres posts où il exhibe son judaïsme.

« Les Juifs qui vivent là-bas ont été terrorisés parce que, pour leur part, ils font en sorte de garder leur judéité sous le radar en permanence », explique-t-elle.

Herzog, de son côté, avait estimé que la vidéo était la preuve « qu’ils sont contents que je sois là ».

Si Herzog a vécu des expériences positives avec les Saoudiens locaux, il n’y a pas pour autant d’attitude qui soit uniformément favorable à l’expression publique de la judéité dans la Twittosphère.

Écrivant en arabe, un commentateur, sur le post, avertit Herzog que « un jour… la pierre et les arbres nous amèneront vers toi », une allusion à un verset du Coran qui affirme que les pierres et les arbres livreront les Juifs à leurs ennemis pour qu’ils soient tués. Ce verset est également présent dans la charte du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Je l’ai trouvé sur Twitter, j’ai simplement envoyé un message et il a tout de suite établi le contact, très excité à l’idée d’avoir quelqu’un à aider

Certains sont malgré tout enthousiasmés par les efforts livrés par Herzog, en particulier des voyageurs qui affirment que son soutien les a aidés à se sentir plus à l’aise quand ils sont allés visiter la pétromonarchie.

« Je faisais des recherches sur Google pour voir si je pourrais trouver quelque chose de Juif en Arabie saoudite », raconte Noa Levy, 42 ans, courtière hypothécaire à Londres qui s’était tournée vers Herzog avant de confirmer un voyage personnel en Arabie saoudite. « Je l’ai trouvé sur Twitter, j’ai simplement envoyé un message et il a tout de suite établi le contact, très excité à l’idée d’avoir quelqu’un à aider. Je ne pense pas qu’il ait une demande aussi forte là-bas ».

Même s’ils ne se sont jamais rencontrés en personne, Herzog a aidé Levy à comprendre où elle pourrait « trouver des produits casher dans les supermarchés » et il lui a donné les heures locales de Shabbat.

« Je pense qu’il est très courageux », s’exclame Levy, évoquant les initiatives prises par Herzog.

M., une femme d’affaires basée à Jérusalem qui a refusé de donner son nom – les voyages des ressortissants israéliens en Arabie saoudite étant encore théoriquement interdits – a obtenu de l’aide de la part de Herzog qui lui a fait part des endroits où elle pourrait trouver de la nourriture casher et des minuteurs électriques à utiliser pour Shabbat.

Le rabbin Jacob Yisrael Herzog à l’aéroport international King Khalid à Ryad. (Autorisation)

« Il a été vraiment formidable et très serviable », ajoute-t-elle.

Herzog reste insensible aux critiques « de ces gens installés à Dubaï et à Bahreïn » et il affirme que la vie dans la clandestinité n’aide pas les Juifs.

« Si vous faites encore et toujours la même chose, le temps passant, et que cela ne fonctionne pas, c’est sûr que vous n’irez nulle part si vous vous obstinez à ne pas changer ce qui rate pourtant en permanence », indique-t-il.

Herzog affirme respecter et se soumettre à la loi du royaume et rester strictement dans les limites de ce qui est autorisé. Mais il dit vouloir opter pour de nouvelles méthodes dans le cadre de ces limites.

« Aucune loi n’interdit de se promener comme ça en Arabie saoudite, non ? », interroge Herzog en évoquant son habit ultra-orthodoxe.

Pas de tolérance… encore

Aux yeux de Herzog et d’autres, l’Arabie saoudite pourrait sembler prête à s’ouvrir à la communauté juive. Le royaume, sous l’influence du prince Mohammed Ben Salman, dit « MBS », a entamé un processus de libéralisation dans le but de devenir un pôle commercial international majeur, présentant un visage plus amical aux touristes occidentaux. La pétromonarchie coopère aussi dans le plus grand secret avec Israël contre l’Iran depuis des années, selon certaines informations, et un grand nombre d’observateurs avaient parié qu’elle serait la prochaine nation sur la liste de la normalisation des liens avec l’État juif après les Émirats arabes unis et Bahreïn.

Il y a en effet eu aux EAU un épanouissement de la vie juive publique suite aux Accords d’Abraham de 2020 – mais la communauté, là-bas, avait dû d’abord rester dans l’ombre pendant plus d’une décennie.

Un rabbin lors d’un mariage traditionnel juif sous une canopée, lors de l’union entre Noemie Azerad, à gauche, et Simon David Benhamou, dans un hôtel de Dubaï, aux Emirats arabes unis, le 17 décembre 2020. (Crédit : Kamran Jebreili/AP)

« A l’époque, vous arriviez avec une kippa à l’aéroport de Dubaï et les Émiratis vous demandaient de mettre une casquette de baseball par dessus », explique Greg, qui y habite depuis longtemps. « C’était nécessaire pour votre propre sécurité ».

Aujourd’hui, la communauté juive vit au grand jour, elle compte de multiples communautés de culte et elle a à sa tête trois éminents rabbins.

C’est impossible d’aller en Arabie saoudite à quelques reprises et de décider que vous allez être le chef, là-bas, d’une religion qui n’est même pas reconnue

Une source habitant le Golfe, familière de la situation, estime que Herzog fait complètement le contraire de ce qui a pu se passer aux EAU.

« C’est impossible d’aller en Arabie saoudite à quelques reprises seulement et de décider que vous allez être le chef, là-bas, d’une religion qui n’est même pas reconnue », remarque la source. « Ce qui marche habituellement, c’est tout d’abord de rester discret, d’établir des relations avec les personnes qui vivent là, avec le gouvernement, avec la communauté d’affaires… Puis de faire ce qu’on veut faire. Mais lui s’est contenté d’annoncer qu’il était le grand-rabbin d’Arabie saoudite et il s’est imaginé que grâce à cette annonce, il attirerait à lui tous ces gens, les faisant sortir du bois ».

Herzog – il le reconnaît – n’a eu aucun contact avec les membres du gouvernement saoudien qui, affirme-t-il, « m’ont tout de même entendu parler ».

Le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors du sommet des dirigeants du G20 au centre Costa Salguero à Buenos Aires, en Argentine, le 30 novembre 2018. (AP Photo/Ricardo Mazalan, File)

Guzansky note que les avancées qui ont été réalisées par Dubaï et Bahreïn faciliteront une éventuelle ouverture de la part de Ryad en lui accordant « plus de légitimité ».

« Cela devient la nouvelle norme », remarque-t-il.

Il avertit toutefois qu’il reste encore du chemin à parcourir avant que l’Arabie saoudite ne normalise la pratique de toutes les religions sur son territoire et que toute réforme ne serait, au mieux, que progressive.

« Il faut que vous compreniez que l’élément religieux est encore là-bas très, très conservateur », dit Guzansky. « Même si nous assistons à des changements, ces changements ne concernent pas encore les autres religions. Ils sont plus internes à l’islam, en autorisant des couples à se tenir la main ou à aller ensemble au cinéma ».

Le parc aquatique de Pure Beach, dans la cité économique du roi Abdallah, en Arabie saoudite, le 17 septembre 2021. (Crédit : Fayez NURELDINE / AFP)

« Il n’y a jusqu’à présent aucune tolérance affichée à l’égard d’une autre religion que l’islam en Arabie saoudite. Vous n’y trouverez pas de synagogue. Il y avait des églises mais elles se trouvaient seulement à l’intérieur des bases militaires américaines, et elles n’existent plus. Vous ne trouverez pas de synagogue, pas d’église quelle qu’elle soit. Rien du tout, c’est interdit, ce n’est pas toléré », continue-t-il.

L’ambassade saoudienne de Washington n’a pas répondu à une demande de commentaire du Times of Israel mais nous avons été en mesure de voir le dossier de Herzog, qui confirme que ce dernier bénéficie d’un visa touristique grâce à son passeport américain qui a été émis sous son nom légal, Jacob Levkoff Herzog.

Un rapport consacré aux libertés religieuses qui a été diffusé par le département d’État américain déclare, pour sa part, que l’Arabie saoudite « n’autorise pas officiellement les responsables religieux non-musulmans à entrer dans le pays pour y diriger des services religieux ».

Dans un communiqué, l’Association des communautés juives du Golfe (AGJC) – une nouvelle organisation qui représente les communautés juives des pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) – a indiqué « reconnaître les rabbins qui ont été nommés et choisis pour leur poste par la communauté juive et par les gouvernements de ces pays ». Si Herzog a été en contact avec l’AGJC pour des affaires religieuses, il n’entretient aucune relation officielle avec l’organisation.

Préparatifs de déménagement

Alors que Herzog est bien déterminé à devenir le premier grand-rabbin d’Arabie saoudite, il dit ne pas prévoir d’attendre son titre officiel pour déménager avec sa famille là-bas à temps complet.

« Nous pouvons nous installer là-bas quoi qu’il arrive », explique Herzog. « Il s’agit de faire ce qui est nécessaire, d’être là où les gens veulent qu’on soit ».

Le rabbin Jacob Yisrael Herzog et son épouse Devorah Leah dans leur maison de Ramat Shlomo, à Jérusalem, le 13 décembre 2021. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/Times of Israel)

Se faisant l’écho de son mari, son épouse, Devorah Leah, déclare que leurs huit enfants se préparent d’ores et déjà à un futur potentiel déménagement.

« Quand mon mari part en voyage, les enfants disent : ‘On veut partir avec toi’, » raconte-t-elle. « Nous sommes les émissaires du Rebbe [Loubavitch] en Arabie saoudite. Nos enfants le ressentent bien déjà. Ils ont le sentiment d’être pleinement intégrés à ce projet ».

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