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  • Jacob Rayman, immigrant américain de Seattle, dans l'état de Washington, mort pendant la guerre de Yom Kippour. (Autorisation de la famille Rayman)
    Jacob Rayman, immigrant américain de Seattle, dans l'état de Washington, mort pendant la guerre de Yom Kippour. (Autorisation de la famille Rayman)
  • Le mémorial de commémoration des soldats tombés au combat pendant la guerre de Yom Kippour dans le kibboutz  Beit Hashita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le mémorial de commémoration des soldats tombés au combat pendant la guerre de Yom Kippour dans le kibboutz Beit Hashita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un mémorial érigé par l'AACI et par le   KKL-JNF aux soldats tombés au combat pendant la guerre de Yom Kippour, dans le parc Yitzhak Rabin. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Un mémorial érigé par l'AACI et par le KKL-JNF aux soldats tombés au combat pendant la guerre de Yom Kippour, dans le parc Yitzhak Rabin. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un panneau expliquant la contribution énergétique apportée par le mémorial sous forme d'éolienne dédié à la mémoire de Simha Zeira, qui apparaît en arrière-plan. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Un panneau expliquant la contribution énergétique apportée par le mémorial sous forme d'éolienne dédié à la mémoire de Simha Zeira, qui apparaît en arrière-plan. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • L'Andarta du figuier et du cèdre sur le plateau du Golan. (Crédit : Autorisation de la famille Peled)
    L'Andarta du figuier et du cèdre sur le plateau du Golan. (Crédit : Autorisation de la famille Peled)
  • Le mémorial rendant hommage à   Jacob Rayman au parc Ramot de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le mémorial rendant hommage à Jacob Rayman au parc Ramot de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le mémorial dédié au bataillon de blindés 184 dans la forêt du Président. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Le mémorial dédié au bataillon de blindés 184 dans la forêt du Président. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Ces monuments à la mémoire des héros de Kippour tombés au champ d’honneur

Ces monuments à la mémoire des soldats ou des unités qui ont fait le sacrifice ultime pour leur patrie sont dans les forêts, les parcs, les promenades… En voici quelques-uns

Lors d’une attaque-surprise coordonnée, le 6 octobre 1973, les forces de la coalition menées par l’Égypte et la Syrie avaient attaqué l’État d’Israël. Elles avaient choisi un jour où pratiquement tous les Juifs du pays étaient soit chez eux, soit à la synagogue : le jour des Expiations, ou Yom Kippour – le jour le plus saint de l’année juive.

En raison du caractère sacré de ce jour du Grand Pardon, les chaînes de télévision et les stations de radio avaient cessé leurs diffusions. Pas d’internet, bien sûr, qui n’avait pas encore été inventé. En conséquence, le bruit assourdissant des sirènes en avait été d’autant plus terrifiant. Alors que les forces arabes avançaient sur le plateau du Golan au nord et dans la péninsule du Sinaï, au sud, les Israéliens avaient tremblé pour eux-mêmes et pour les soldats qui étaient chargés de les défendre.

Il avait fallu plusieurs semaines pour cela – mais Israël avait enfin fini par prendre l’avantage. Le 25 octobre, lorsque l’Égypte et la Syrie avaient réalisé qu’elles avaient perdu la guerre de Kippour, un cessez-le-feu avait été mis en place. Néanmoins, pendant les six mois suivants, des affrontements sporadiques avaient continué. Et lorsque les obus avaient finalement cessé de s’abattre, le bilan avait été terrible : plus de 2 600 soldats israéliens avaient été tués au combat.

Quarante-huit ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre de Kippour. Les familles, les amis et les compagnons d’armes de ceux qui ont perdu la vie pendant la guerre n’ont jamais oublié leurs proches. Et pour ceux qui, parmi nous, ont vécu cet épisode douloureux – dont le traumatisme est encore bien réel – force est de constater que le souvenir de cette période sombre commence dorénavant à s’estomper.

Presque toutes les forêts, tous les parcs, toutes les promenades et toutes les réserves naturelles d’Israël comportent au moins un monument commémoratif – ou andarta en hébreu – dédié à un soldat ou à une unité de l’armée tombée au combat. Édifiés généralement en métal et/ou en pierre, ces monuments de commémoration se trouvent également dans les quartiers, dans les rues, aux postes d’observation, le long des sentiers et sur les ronds-points. Souvent poignants et parfois uniques, ils sont autant d’hommages touchants aux hommes et aux femmes héroïques qui sont morts en combattant pour ce pays. Et ils nous aident à nous souvenir.

Vous trouverez ci-dessous quelques-uns des monuments commémoratifs dédiés aux soldats tués pendant la guerre du Kippour, ainsi que l’histoire des héros auxquels ils sont dédiés.

La turbine de Simha Zeira

Un panneau expliquant la contribution énergétique apportée par le mémorial sous forme d’éolienne dédié à la mémoire de Simha Zeira, qui apparaît en arrière-plan. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Lorsque la guerre de Kippour avait éclaté, de nombreux soldats de réserve israéliens étaient en vacances ou vivaient à l’étranger. Simha Zeira, un officier des parachutistes, se trouvait en Allemagne où il préparait un doctorat consacré aux cristaux de lune. Il se destinait alors à une brillante carrière scientifique. Dès que Zeira avait appris que son pays avait été attaqué, il avait immédiatement quitté l’université. Vêtu d’un jean et d’un coupe-vent, ne portant qu’un petit sac dans lequel il avait glissé quelques effets personnels, il était parvenu avec beaucoup de difficulté à prendre le dernier avion en partance de Suisse avant que les aéroports israéliens ne soient fermés aux voyageurs étrangers.

Dans le chaos qui avait suivi, Zeira n’avait pas pu rejoindre son unité. Il avait donc rejoint un groupe de réservistes venus de l’étranger par avion et tous s’étaient dirigés vers le plateau du Golan. Le 12 octobre 1973, alors qu’ils avançaient en territoire syrien, le véhicule blindé qui transportait Zeira avait été touché. Le jeune homme, ainsi que huit des neuf soldats qui se trouvaient à l’intérieur, avaient été tués.

Un mémorial dédié à Zeira est à découvrir au nord de l’entrée du Moshav Alonei Habashan. Il s’agit d’une éolienne qui dépasse d’une montagne de 965 mètres de haut. Elle produit aujourd’hui suffisamment d’électricité propre pour alimenter cent foyers.

Les chevaliers du bataillon 184 des Blindés

Le mémorial dédié au bataillon de blindés 184 dans la forêt du Président. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Pendant la guerre de Kippour, le bataillon 184 des Blindés avait joué un rôle crucial en bloquant l’avancée de l’armée égyptienne. En date du 15 octobre, ces militaires avaient participé à l’opération Abirei HaLev – littéralement les Chevaliers du cœur – et ils avaient été chargés de traverser le canal de Suez pour prendre le contrôle d’un poste égyptien défendu avec force, qui s’appelait la Ferme chinoise. La bataille avait été si féroce que les forces israéliennes avaient été mises hors d’état de nuire à plusieurs reprises. Pourtant, le bataillon s’était distingué à cette occasion pour son incroyable bravoure. 80 hommes avaient perdu la vie pendant la guerre et 22 ont été ultérieurement décorés pour leurs actes de courage.

Un monument inhabituel dédié au bataillon se trouve dans la forêt du président du Fonds national juif, près de l’autoroute 44.

L’Andarta du figuier et du cèdre

Les fêtes étaient l’occasion de nombreuses célébrations au kibboutz Beit Hashita, dans la vallée de Jezreel – et la fête de Rosh HaShana, marquant la nouvelle année juive, en septembre 1973, n’avait pas fait exception. Lors de ces réjouissances, les résidents de l’implantation, principalement des jeunes d’une vingtaine d’années, dansaient, chantaient, buvaient, s’en donnant à cœur joie.

L’Andarta du figuier et du cèdre sur le plateau du Golan. (Autorisation : Shimon Porat)

Lorsque nous avons rencontré Yehudith Peled, résidente du kibboutz, au début du mois, cette dernière n’a pas pu retenir ses larmes en évoquant devant nous les photos prises cette année-là, pendant les fêtes. Sur l’un de ces clichés, un groupe de cinq jeunes hommes insouciants (et probablement ivres). En l’espace de quelques semaines, tous les cinq devaient trouver la mort dans la guerre de Yom Kippour.

Cela avait également été le cas de six autres jeunes hommes du kibboutz. Beit Hashita détient le triste record d’avoir perdu plus de jeunes hommes par habitant au cours de la guerre de Kippour que n’importe quelle autre ville ou village en Israël.

Peled s’est souvenue de comment tout avait commencé. Yom Kippour, connu en anglais comme le jour de l’expiation, est traditionnellement un jour d’introspection. Chaque année, en ce jour saint, les résidents du kibboutz se réunissaient pour un examen de conscience sérieux.

Et en cette matinée-là, en 1973, aucune sirène n’avait été entendue à Beit Hashita. Mais alors qu’ils étaient rassemblés, tous ensemble, les résidents avaient eu le sentiment désagréable que quelque chose allait très mal. Des rumeurs avaient commencé à circuler à Beit Hashita portant sur la possible évacuation du kibboutz Merom Golan, une petite communauté située sur les hauteurs du Golan. Beit Hashita, avait-on affirmé, accueillerait les femmes et les enfants du kibboutz abandonné.

Impossible pour Peled de se rappeler de la manière dont les résidents avaient appris qu’Israël avait été attaqué – cela avait probablement été lorsque les programmes avaient soudainement repris à la radio. Au fil de la journée, tous les hommes appartenant à la réserve avaient été envoyés dans leurs unités, et le travail qu’ils assumaient traditionnellement au sein de la communauté avait été confié aux adolescents, élèves de Première et de Terminale. Les évacués de Merom Golan étaient arrivés plus tard dans la nuit et ils devaient rester jusqu’au cessez-le-feu final.

L’une des 11 victimes du kibboutz avait été Benjamin (Chupa) Chupakevitch, le beau-frère du mari de Peled – qui était l’ancien député Moshe Peled. Né en Pologne, Chupakevitch était un survivant de la Shoah qui avait immigré en Israël aux côtés de sa mère et de ses frères et sœurs en 1951. Il avait alors 13 ans.

Cinq ans plus tard, il avait été appelé sous les drapeaux et il avait servi dans le corps des Blindés jusqu’en 1959, avec des passages réguliers dans la réserve. Sa femme et lui s’étaient rencontrés alors qu’ils travaillaient tous les deux à bord d’un navire israélien. Après une courte escapade en Europe, le couple s’était installé à Beit Hashita.

Lorsque la guerre avait commencé, l’unité de Chupakevitch avait été déployée sur les hauteurs du Golan dans un véhicule blindé de transport de troupes. Le groupe avait été chargé d’apporter des équipements aux chars perchés sur les hauteurs et de dégager les soldats blessés.

Le mémorial de commémoration des soldats tombés au combat pendant la guerre de Yom Kippour dans le kibboutz Beit Hashita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le 10 octobre, Chupa et sept autres personnes se trouvaient à l’intérieur du véhicule, se reposant sous un figuier, lorsque le véhicule avait été touché par un obus. Les huit hommes avaient été tués dans l’explosion.

Six mois plus tard, Moshe Peled avait planté un cèdre dans l’énorme cratère que la roquette avait créé lors de son impact. Aujourd’hui connu sous le nom d’Andarta de la Figue et du Cèdre, ce monument inoubliable abrite le plus grand cèdre – symbole universel de courage et d’endurance – du plateau du Golan. Il y a également un mémorial poignant au kibboutz Beit Hashita qui est dédié aux soldats locaux qui ont perdu la vie pendant la guerre.

Le courage d’Eitan Plonski sous le feu de l’ennemi

Le mémorial dédié à Eitan Plonski et aux trois soldats tombés au combat à ses côtés pendant la guerre de Yom Kippour, en 1973, sur le mont Hermon. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le médecin de combat Eitan Plonski avait été appelé sur le front nord dès le début de la guerre de Kippour. Pendant plus de deux semaines, il avait soigné les soldats blessés avec un dévouement incroyable. Le 22 octobre, au cours de la deuxième bataille acharnée pour le mont Hermon, dont l’emplacement est stratégique, il avait appris que le commandant de la compagnie et l’opérateur chargé des transmissions avaient été gravement blessés. Plonski, 21 ans, avait immédiatement décidé d’arriver jusqu’à eux, malgré les tentatives vaines d’un soldat de le retenir – ce dernier était convaincu que, face au feu déchaîné, jamais le médecin ne parviendrait à rejoindre ses camarades blessés. Au moment où il atteignait l’endroit où se trouvaient ses deux compagnons, Planski avait été tué d’une balle dans la tête.

Une andarta dédiée à Plonski et à trois soldats tombés avec lui au combat se trouve sur le mont Hermon. Placé là par leurs familles, le monument consiste en un énorme rocher de basalte au sommet d’une plate-forme de pierre.

Jacob Rayman, un immigrant américain

Un mémorial érigé par l’AACI et par le KKL-JNF aux soldats tombés au combat pendant la guerre de Yom Kippour, dans le parc Yitzhak Rabin. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le matin du 6 octobre 1973, cinq soldats avaient été envoyés pour garder un poste d’observation vide sur une colline volcanique appelée Tel Saki, dans le sud du plateau du Golan. Quelques heures plus tard, la Syrie avait lancé un assaut surprise massif, attaquant notamment la colline.

Trois véhicules blindés de transport de troupes avaient été envoyés pour secourir les défenseurs assiégés. Dans l’un d’eux se trouvait le parachutiste Jacob Rayman, un médecin dont la famille avait immigré en Israël depuis Seattle, dans l’état de Washington, en 1968. Rayman, qui rêvait de devenir médecin comme son père, avait été mortellement blessé en essayant de sauver ses compagnons d’armes.

Accablé de chagrin, le père de Jacob avait harcelé l’armée israélienne jusqu’à ce que l’autorisation lui soit donnée de passer le reste de la guerre à aider à évacuer les soldats blessés.

Un hommage est rendu à Rayman dans un monument à la mémoire collective des soldats tombés au combat, érigé par les Américains et les Canadiens en Israël (AACI) et le Keren Kayemeth LeIsrael – Jewish National Fund (KKL-JNF) à côté d’un poste d’observation situé dans le parc Yitzhak Rabin, juste au nord de Beit Shemesh, ainsi que dans un grand mémorial à Tel Saki, établi par la Friendship and Heritage Foundation en 2012.

Par pur hasard, en nous promenant le long d’un sentier dans le parc Ramot de Jérusalem, nous sommes également tombés sur une andarta beaucoup plus petite dédiée uniquement à la mémoire de Rayman.

Le mémorial rendant hommage à Jacob Rayman au parc Ramot de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Pendant son service militaire obligatoire avant la guerre, Rayman avait été affecté à un petit avant-poste agricole sur le plateau du Golan. Il avait été accompagné par Simhona, l’amour de sa vie. Ensemble, ils avaient gardé les moutons, observé la migration des cigognes et ils avaient planifié leur avenir.

Dans sa dernière lettre à Simhona, Rayman avait écrit : « J’ai hâte de te voir… Tu me manques tellement… Je pense à toi jour et nuit… et je t’aime d’un amour qui ne peut s’exprimer par des mots… attends un peu et nous serons ensemble pour toujours… Je veux tellement vivre… J’ai tellement de chance… À toi pour toujours, Jacob. »

Aviva Bar-Am est l’auteur de sept guides en langue anglaise sur Israël.
Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé qui propose des visites privées et personnalisées en Israël pour les particuliers, les familles et les petits groupes. Pour obtenir des indications plus précises sur l’un des monuments, veuillez envoyer un courriel à israeltravels@gmail.com.

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