Ceux qui arrêtent les réfractaires pourraient subir le châtiment divin – chefs spirituels haredim

Des rabbins de Shas et Degel HaTorah appellent la police militaire à refuser les ordres plutôt que de commettre le 'crime terrible' d'arrêter les ultra-orthodoxes qui se soustraient à l'armée

Des ultra-orthodoxes bloquant une route lors d'une manifestation contre l'emprisonnement d'étudiants de yeshiva, au carrefour de Gilat, près de la ville d'Ofakim, dans le sud d'Israël, le 9 février 2026. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Les chefs spirituels du parti ultra-orthodoxe Shas et de la faction Degel HaTorah ont appelé lundi les membres de la police militaire à refuser les ordres d’arrestation des Haredim étudiant en yeshiva qui se soustraient au service militaire, les avertissant qu’ils pourraient subir des représailles divines et être excommuniés.

Ces propos ont été tenus au lendemain d’affrontements entre la police et des émeutiers à Ofakim, dans le sud du pays, à propos de l’arrestation d’un réfractaire haredi.

Quelque 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont actuellement aptes au service militaire, mais ne se sont pas enrôlés. Tsahal a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 recrues en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve par la guerre.

Intervenant sur la station de radio haredi Kol Barama, le rabbin Moshe Maya, membre du Conseil des Sages de la Torah du parti Shas, a déclaré : « Quiconque méprise les érudits n’a pas sa place dans le monde à venir. »

« Il n’y a pas de plus grande honte pour un érudit que de l’arrêter et de le mettre en prison », a-t-il ajouté.

Il a également affirmé que quiconque « déshonore » un réfractaire ultra-orthodoxe en l’arrêtant doit être excommunié en raison de la honte qu’il a causée, conformément à la loi juive orthodoxe – halakha.

Le rabbin Moshe Maya quittant le lieu d’une réunion du Conseil des Sages de la Torah du parti Shas, à Jérusalem, le 20 février 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le rabbin Maya a conseillé aux soldats chargés d’arrêter les réfractaires à la conscription de demander à leurs rabbins ce qu’ils doivent faire si Tsahal « les oblige à transgresser un commandement de la Torah ».

En fin de compte, si un soldat reçoit l’ordre « de violer une interdiction de la Torah… il est interdit d’obéir » au commandement militaire, a-t-il déclaré.

Des députés du parti Shas ont rendu visite aux réfractaires dans une prison militaire, louant souvent leur « dévouement désintéressé à la Torah ».

Parallèlement, le chef spirituel de Degel HaTorah, l’une des deux factions du parti Yahadout HaTorah, a également fustigé les membres de la police militaire pour avoir arrêté des réfractaires, leur disant qu’ils pourraient être confrontés à la justice divine.

Le rabbin Dov Lando, à Bnei Brak, le 21 août 2025. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

Lors d’un rassemblement à Bnei Brak, lundi, le rabbin Dov Lando a affirmé que l’arrestation des réfractaires à la conscription « bouleverse le cœur de chaque Juif ».

Il a déclaré que toute personne complice de ce « crime terrible » devait savoir qu’elle risquait le jugement divin, et que la communauté haredi partageait la douleur de ceux qui avaient été emprisonnés pour avoir refusé de faire leur service militaire.

« Nous prions de tout notre cœur pour que ce mal passe et se dissipe comme de la fumée », a-t-il ajouté.

Depuis un an, les dirigeants haredim font pression pour obtenir une loi exemptant leurs électeurs du service militaire, après que la Cour suprême a jugé illégales les dispenses générales du service militaire accordées depuis longtemps aux ultra-orthodoxes étudiant en yeshiva.

La question est revenue au premier plan avec le vote imminent du budget de l’État 2026, dominé par le débat sur le projet de loi controversé visant à exempter les Haredim du service militaire.

Chaque semaine, de grandes manifestations ultra-orthodoxes contre la conscription des membres de cette communauté ont bloqué la circulation et rassemblé parfois des milliers de manifestants.

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