La coalition avance un texte budgétaire clé avec l’aide d’élus haredim
La Knesset approuve la scission du projet de loi sur les dispositions budgétaires, ouvrant la voie à l'adoption du budget avant la date limite, mais les discussions sur le texte des Haredim restent bloquées, augmentant la probabilité d'élections anticipées

Lundi, la coalition est parvenue de justesse à faire avancer la législation essentielle à l’adoption du budget de l’État 2026, après que suffisamment de membres ultra-orthodoxes du bloc au pouvoir ont accepté de soutenir le projet de loi que leurs partis menaçaient auparavant de bloquer.
Afin de faire rapidement avancer la législation dite « des arrangements », c’est-à-dire la loi sur les dispositions budgétaires, la coalition a décidé de la scinder en deux projets de loi, laissant certaines des réformes les plus controversées hors de la partie devant être approuvée pour que le budget de l’État 2026 soit adopté. Si le budget n’est pas adopté avant la fin du mois de mars, des élections législatives anticipées seront automatiquement déclenchées.
Alors que les dirigeants de la coalition pensaient avoir résolu le problème après l’acceptation par la commission de la Knesset de la scission de la loi sur les dispositions budgétaires la semaine dernière, les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah ont menacé de torpiller la mesure, exprimant leur frustration face à l’incapacité du bloc au pouvoir à adopter une loi accordant des exemptions générales au service militaire aux Haredim étudiant en yeshiva.
Après plusieurs jours de négociations entre le Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et les partis ultra-orthodoxes, les efforts ont finalement porté leurs fruits, puisque la Knesset a approuvé lundi, la décision de la commission de la Chambre par 60 voix contre 56.
Si trois membres de la faction Agudat Israel, plus radicale, du parti Yahadout HaTorah se sont joints à l’opposition en votant contre la mesure, les députés de la faction Degel HaTorah de Yahadout HaTorah ainsi que ceux du parti Shas se sont joints à la coalition pour garantir son adoption.
De nouveaux retards auraient pu compliquer le calendrier d’approbation du budget, qui doit être adopté en trois lectures avant la fin du mois de mars pour éviter la dissolution de la Knesset et le déclenchement d’élections anticipées trois mois plus tard. Les élections sont actuellement prévues pour la fin du mois d’octobre.
La loi sur les dispositions budgétaires, qui détermine la manière dont les fonds sont dépensés, a été adoptée en première lecture en séance plénière fin janvier, en même temps que le projet de loi de finances.
La partie de la loi sur les dispositions budgétaires qui reste prioritaire pour la coalition après la scission comprend certaines des réformes clés proposées par le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, notamment l’ouverture du secteur bancaire, un assouplissement des droits de douane sur les importations de produits laitiers ainsi qu’une taxe de 30 shekels sur les cigarettes électroniques, première tentative du gouvernement israélien de réglementer ce marché en plein essor.
D’autres réformes sont pour l’instant reportées, notamment dans les domaines de l’énergie, du gaz fossile, des transports et de l’urbanisme.
Le vote de lundi permet à plusieurs commissions de délibérer sur les dispositions du projet de loi, ce qui accélère son adoption par la Knesset.
Toutefois, les efforts visant à éviter des élections anticipées ont essuyé un nouvel échec, car les discussions menées séparément entre les députés haredim et Miri Frenkel Shor, la conseillère juridique de la commission des Affaires étrangères et de la Défense qui est chargée de faire avancer le projet de loi révisé qui accorderait une exemption du service militaire aux ultra-orthodoxes qui étudient à temps plein en yeshiva, n’ont pas abouti, a rapporté la chaîne N12, sans citer de sources.
Selon la chaîne, cette impasse a conduit les parlementaires haredim à comprendre de plus en plus que le projet de loi d’exemption ne serait pas adopté.
Étant donné que cette législation était l’une des principales raisons pour lesquelles ils avaient accepté de rejoindre la coalition de Netanyahu, les partis ultra-orthodoxes sont plus susceptibles de faire tomber le gouvernement en raison de leur frustration face aux promesses non tenues sur cette question, selon la chaîne N12.
La chaîne a reconnu qu’il n’était pas encore clair si cela signifiait que des élections seraient organisées en septembre ou en juin.







