Des centaines de haredim tentent d’envahir un poste de police à Jérusalem et agressent des policiers à Beit Shemesh
Ces émeutes surviennent au soir de Shabbat, après que des ultra-orthodoxes ont attaqué la maison du vice-président de la Cour suprême et organisé des manifestations anti-police pour dénoncer l'arrestation des réfractaires au service militaire
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Dans la soirée de vendredi, des centaines d’émeutiers ultra-orthodoxes ont semé le trouble à Jérusalem et à Beit Shemesh. Ils ont manifesté contre l’arrestation de réfractaires au service militaire, au lendemain de la violente attaque perpétrée par de nombreux haredim contre le domicile de Noam Sohlberg, vice-président de la Cour suprême.
Ces rassemblements ont suivi le début de Shabbat, période durant laquelle le quatrième des Dix Commandements impose aux Juifs de se reposer.
Selon la police et les médias israéliens, les émeutiers ont tenté à plusieurs reprises de s’approcher du commissariat du quartier russe de Jérusalem, en vain : ils ont été repoussés par les forces de l’ordre.
À Beit Shemesh, une ville du centre d’Israël à forte population haredi, la police a rapporté que les émeutiers avaient jeté des pierres et d’autres objets sur les agents, lesquels ont répondu par la force pour les disperser.
Tard dans la nuit de vendredi, les forces de l’ordre, auxquelles s’était joint un contingent de la police des frontières, s’efforçaient toujours de disperser la foule.
Selon le site d’information Ynet, les manifestants ont tenté de défoncer la porte du commissariat tout en protestant contre le placement en détention des personnes qui ont été interpellées lors des émeutes survenues au domicile de Sohlberg.
Un Israélien laïc a également été blessé au cours des émeutes et saignait, selon le site Ynet. Cet homme, qui n’a pas donné son nom, a déclaré avoir reçu un coup de pied à la tête.
Les Haredim organisent fréquemment des manifestations et des émeutes pour protester contre la conscription, alors que des réfractaires au service militaire sont arrêtés et que des efforts sont déployés pour faire adopter une loi qui consacrerait l’exemption généralisée de service dont bénéficient depuis longtemps les hommes ultra-orthodoxes. La guerre sur plusieurs fronts que mène Israël depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, ainsi que les avertissements répétés de l’armée concernant une pénurie imminente de main-d’œuvre, ont rendu cette question particulièrement explosive ces dernières années.
Il est toutefois exceptionnel qu’une telle manifestation ait lieu un vendredi soir, lors de shabbat, jour de repos durant lequel la loi juive interdit strictement tout travail.
בירושלים ובבית שמש: עימותים בין שוטרים למאות חרדים שיצאו להפגין על מעצר עריקים | תיעוד@yollancohen pic.twitter.com/bSscywqvQP
— החדשות – N12 (@N12News) June 5, 2026
Le député Avigdor Liberman, chef du parti d’opposition belliciste Yisrael Beytenu et critique virulent de longue date de l’exemption de service militaire accordée aux Haredim, a vivement condamné ces émeutes.
« Même à Shabbat, ces émeutiers qui refusent de faire leur service militaire démontrent qu’ils ne sont pas Juifs, qu’ils n’observent pas les mitzvot [commandements juifs] et qu’ils n’ont pas de Dieu », a-t-il posté sur le réseau social X.
Mercredi, des dizaines de Haredim qui protestaient contre la conscription militaire se sont rassemblés devant le domicile de Sohlberg, dans l’implantation d’Alon Shvut. Ils ont brisé des vitres, détruit des pots de fleurs près de la porte d’entrée de la maison, fracassé le pare-brise d’une voiture qui se trouvait dans le garage et brandi un petit drapeau israélien, sur lequel ils avaient remplacé l’étoile de David par une croix gammée.
La police a procédé à 62 arrestations en lien avec cet incident, qui a suscité des condamnations de toute la classe politique.
Ces violences perpétrées à la résidence de Sohlberg sont survenues quelques jours après qu’un groupe de manifestants haredim a fait irruption dans un commissariat de Beit Shemesh, provoquant des émeutes et des affrontements avec les policiers, et après que des membres de la Faction radicale de Jérusalem ont pris d’assaut, en avril, le domicile du chef de la police militaire alors que sa famille se trouvait à l’intérieur.
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