Smotrich promet un budget qui ouvrira le marché bancaire et brisera les monopoles
Le ministre des Finances promet de faire baisser le coût de la vie ; Netanyahu vante un budget "sûr", tandis que Lapid avertit qu’il "écrasera" la classe moyenne et conforte les ultra-orthodoxes
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À la veille du vote du cabinet prévu jeudi sur le budget de l’État pour 2026, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a assuré qu’il ferait baisser le coût de la vie et s’attaquerait aux grandes banques et aux monopoles. Il a averti que si ses réformes n’étaient pas intégrées, « il n’y aurait pas de budget de l’État ».
Lors d’une conférence de presse, Smotrich a salué la politique économique du gouvernement durant les deux années de guerre dans la bande de Gaza, période durant laquelle des centaines de milliers de réservistes ont été mobilisés et se sont retrouvés éloignés de leurs familles et de leur travail pendant de longs mois. Il a accusé les banques et les « monopoles » d’avoir profité de la situation pour gonfler leurs marges et s’est engagé à briser leur emprise.
L’opposition, menée par Yaïr Lapid, a toutefois averti que les lacunes du budget entraîneraient un effondrement de la classe moyenne et une hausse de la pression fiscale pour les citoyens ordinaires.
Smotrich a attribué les « données macroéconomiques fantastiques » d’Israël à « l’aide divine », puis « à la force des marchés, à une économie solide, à l’initiative, à la créativité, à l’ADN d’une nation qui, depuis 2 000 ans, a appris à tirer parti de chaque crise pour se développer ».
Poursuivant sur cette lancée, le ministre a affirmé que les Israéliens avaient « gagné sur le champ de bataille et sur le front économique », estimant que le gouvernement avait « géré la situation de manière responsable » en apportant des solutions aux soldats mobilisés, aux personnes déplacées et « aux petites et moyennes entreprises qui ont tenu bon pendant une période difficile et ont bénéficié d’un large filet de sécurité ».
« Malheureusement, tout le monde n’a pas participé à cet effort. Alors que vous, citoyens d’Israël, vous êtes mobilisés, les banques sont restées à l’écart. Elles ont profité des taux d’intérêt élevés et ont engrangé des bénéfices colossaux, au-delà de toute attente, à vos dépens », a-t-il déclaré.
« Il en va de même pour les monopoles. Ils ont augmenté les prix à plusieurs reprises, exploitant ouvertement la guerre pour accumuler des profits énormes à nos frais », a poursuivi Smotrich, promettant que « nous allons enfin nous occuper d’eux » dans le budget 2026. « Après deux années où notre priorité était la survie, la vie et la sécurité, nous allons désormais veiller à ce qu’ils paient et que vous receviez. »
Au début de la réunion consacrée à l’approbation du budget de l’État pour 2026, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a jugé que le projet présenté « répond à tous les besoins d’Israël en matière de sécurité ».
Il a affirmé que, dans la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 et toujours en cours, « nous avons accompli des progrès considérables. Nos victoires sur sept fronts montrent clairement une chose : Israël est le pays le plus puissant du Moyen-Orient ».
Cette puissance repose aussi, selon lui, sur « l’économie forte et stable » du pays. Netanyahu a souligné que « les investissements affluent et continueront d’affluer, la bourse bat des records, le shekel s’est renforcé, les taux d’intérêt ont baissé et le chômage est à un niveau bas. Et tout cela pendant une guerre ».
Le Premier ministre a ajouté que le budget proposé inclut une réduction de l’impôt sur le revenu.
« Nous avons également l’intention de réduire la réglementation et de rationaliser nos systèmes gouvernementaux », a-t-il déclaré.
Il a promis que « les communautés du nord et du sud qui ont été touchées continueront de se développer, elles prospéreront plus que jamais ». « Et le plus important dans ce budget », a-t-il ajouté, ce sont « l’aide et les subventions destinées aux soldats de carrière, aux réservistes de Tsahal et à leurs familles, car ils le méritent. Nous leur fournirons tout le soutien et le cadre dont ils ont besoin, un cadre déjà en place qui sera encore renforcé ».
Smotrich a accusé les banques « d’extorsion et d’exploitation » et a promis d’ouvrir le marché bancaire à la concurrence en simplifiant les conditions d’entrée pour de nouveaux établissements, ce qui « permettra à chaque citoyen de payer moins d’intérêts sur ses crédits et de recevoir davantage sur ses dépôts ».
Vantant sa proposition de réforme du secteur laitier, Smotrich s’est également engagé à faire baisser le coût de la vie pour les vêtements, l’alimentation et d’autres produits de base, tout en réduisant les impôts afin que « ceux qui travaillent et contribuent à l’économie gardent davantage d’argent en poche ».
« Nous voulons que vous puissiez acheter plus, pour moins cher. Si les monopoles de la distribution ne baissent pas drastiquement leurs prix, vous commanderez les vêtements que vous aimez à des prix raisonnables ailleurs. Nous brisons ceux qui essaient de vous ruiner », a-t-il déclaré en référence à son annonce récente d’augmenter l’exonération de taxe sur la valeur ajoutée pour les importations personnelles, de 75 à 150 dollars.
S’adressant aux ministres, il a déclaré que leur responsabilité est de diriger l’économie « à travers des eaux tumultueuses, sans populisme, en sachant où investir pour les réservistes, les évacués, les survivants, la reconstruction du nord et du sud, et tout ce dont l’armée et les services de sécurité ont besoin, mais aussi où réduire, où fixer des limites et où assumer la responsabilité de mesures moins populaires ».
« Je veux que vous soyez clairs : ces réformes sont au cœur du prochain budget. Sans elles, il n’y aura pas de budget de l’État. Il n’y en aura tout simplement pas. Nous devons réussir, et si nous réussissons, tous les monopoles comprendront que leur immunité a pris fin. La capitulation face aux campagnes agressives et coûteuses et à la pression politique qui leur ont permis de conserver leur pouvoir et de continuer à nous exploiter pendant des dizaines d’années est terminée », a-t-il affirmé.
« Quiconque vote contre ce budget vote contre vous, contre votre portefeuille, contre notre capacité à combattre les monopoles qui vous exploitent », a martelé Smotrich. « Quiconque lève la main contre le budget mettra fin à ces réformes et nous obligera tous à payer beaucoup plus cher pour les produits les plus basiques. »
Le projet de Smotrich de réduire les impôts semble entrer en contradiction avec l’appel du Premier ministre Benjamin Netanyahu à augmenter massivement les dépenses de défense de plusieurs centaines de milliards de shekels dans les années à venir, une demande à laquelle Smotrich s’était précédemment opposé.
Selon la chaîne d’information N12, le président du Shas, Aryeh Deri, aurait conditionné son soutien au budget à l’attribution de plusieurs millions de shekels d’aide alimentaire aux familles ultra-orthodoxes.
Le porte-parole de Deri a démenti le reportage diffusé mercredi soir, l’accusant de relever d’une « campagne de propagande anti-haredi », ajoutant que Deri « ne cherche pas à favoriser les ultra-orthodoxes, mais à empêcher l’exclusion des haredim pauvres ».
Lapid a critiqué jeudi les déclarations de Smotrich, affirmant que la population comprendrait vite que ses promesses budgétaires masquent en réalité un autre agenda.
« Le problème du ministre des Finances Smotrich, c’est que nous savons lire un budget », a déclaré Lapid. « Il n’y a aucun lien entre ce qu’il dit et ce que ce budget dissimule. »
« Ce que Smotrich et Netanyahu ont présenté aujourd’hui au gouvernement, c’est un budget qui écrase la classe moyenne et augmente les impôts. Ce budget coûtera à chaque famille active au moins 1 000 shekels supplémentaires par mois. Les impôts fonciers augmenteront, les prix augmenteront, les produits alimentaires coûteront encore plus cher. »
Lapid a également critiqué le plan financier en raison du maintien des avantages accordés à la communauté ultra-orthodoxe, dont nombre de ses membres étudient dans des yeshivot, ne participent pas à la population active et ne servent pas dans l’armée comme les autres Israéliens juifs.
« Dans ce budget, nous continuons à transférer 60 milliards de shekels par an pour financer le manque de contribution fiscale des haredim, nous continuons à maintenir 15 ministères inutiles et coûteux, et nous continuons à verser des pots-de-vin politiques qui se chiffrent en milliards », a-t-il affirmé.
Alors que des élections devraient se tenir avant la fin de l’année 2026, Lapid a présenté ce que serait sa politique économique si l’opposition remportait la victoire.
« Dans le prochain budget, nous prendrons l’argent de ceux qui évitent le service militaire, nous fermerons les ministères inutiles, nous mettrons fin à la frénésie de corruption, et nous utiliserons ces fonds pour réduire les prix et les impôts des travailleurs qui font vivre ce pays », a-t-il promis, affirmant que le budget actuel est « au détriment des réservistes et des contribuables ».
Selon la chaîne N12, la réunion du cabinet consacrée au budget devrait être longue et se poursuivre toute la nuit et vendredi.
Le gouvernement a jusqu’à la fin du mois de mars pour approuver un plan budgétaire, faute de quoi la Knesset sera dissoute, déclenchant des élections anticipées trois mois plus tard. Pour l’heure, les élections ne sont prévues qu’en octobre 2026.
la Communauté du Times of Israël !







