Trump confirme avoir qualifié Netanyahu de « fucking crazy » lors de leur récent appel
Dans une interview, le président s'est dit "perturbé" par les "affrontements incessants avec le Liban", mais il a précisé qu'il appréciait le dirigeant israélien ; il a aussi affirmé qu'il souhaiterait rencontrer Mojtaba Khamenei
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Le président américain Donald Trump a confirmé avoir qualifié le Premier ministre Benjamin Netanyahu de « fucking crazy » lors d’un entretien téléphonique lundi au sujet du conflit entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, mais il a ajouté qu’il le respectait et qu’il travaillait « très bien » avec lui.
Trump a évoqué cet appel lors d’une interview d’une heure, diffusée mercredi sur le podcast « Pod Force One ».
Interrogé par l’animatrice Miranda Devine pour savoir s’il avait réellement tenu ces propos explicites, Trump a répondu : « Oui, je l’ai fait. »
« J’étais un peu perturbé par ses conflits incessants avec le Liban », a-t-il déclaré, tout en ajoutant : « J’apprécie beaucoup Bibi. Et je travaille très bien avec lui. »
La tirade de Trump – ponctuée de jurons – à l’encontre de Netanyahu a d’abord été rapportée lundi par le média Axios, puis démentie par des responsables israéliens.
Barak Ravid, d’Axios, a cité un responsable américain qui a résumé le message de Trump à Netanyahu comme suit : « Tu es complètement fou. Tu serais en prison sans moi. Je te sauve la mise. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de tout ça. »
Speaking in an interview on “Pod Force One” with the New York Post’s Miranda Devine, President Trump confirmed reporting by Axios about his tense phone call Monday with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, in which he reportedly said, “What the fuck are you doing?” Telling… pic.twitter.com/YU9PgAVI3R
— OSINTdefender (@sentdefender) June 3, 2026
Évoquant lui aussi cette conversation dans une interview qui a été accordée à CNBC, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a, de son côté, minimisé l’importance de l’affaire.
« Je ne vais pas entrer dans les détails de nos discussions. Nous en avons eu des milliers, enfin, beaucoup », a-t-il dit. « Et si vous pensez qu’il s’agit d’une crise, vous devriez vous intéresser à d’autres entretiens que nous avons pu avoir. Mais nous avons toujours trouvé une solution. »
Il a affirmé qu’il s’accordait sur « l’essentiel » avec le président américain, notamment sur la nécessité d’empêcher l’Iran de constituer une menace pour Israël, la région et le monde.
« Nous avons des objectifs communs. Parfois, comme dans les meilleures familles, nous avons des désaccords tactiques. Nous trouvons toujours un moyen de les résoudre. Et nous le faisons en tant que grands amis. Nous pouvons être en désaccord le matin, et dès l’après-midi, nous menons des actions communes. Il me respecte. Je le respecte. Nous trouvons toujours un moyen de surmonter nos divergences. »
Netanyahu @CNBC : https://t.co/j3LQ6j3N5M pic.twitter.com/B221yN0Mq9
— Iris (@streetwize) June 3, 2026
Cet échange téléphonique tendu s’est déroulé dans un contexte d’escalade du conflit au Liban, où Israël avait menacé de frapper la capitale, Beyrouth, en riposte aux attaques meurtrières menées par des drones et des roquettes du groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par la République islamique. L’Iran a lié cette situation, qui s’aggrave, à sa propre guerre, affirmant qu’il ne poursuivrait pas les négociations en vue d’un cessez-le-feu tant qu’Israël n’aurait pas quitté le Liban.
Israël et les États-Unis ont lancé une campagne en Iran le 28 février afin de déstabiliser le régime et de détruire ses capacités nucléaires et balistiques. L’Iran a riposté par des frappes de missiles et de drones dans toute la région, et ses proxys en Irak et au Liban ont également mené des attaques, tandis qu’Israël lançait des frappes aériennes massives au Liban en réponse aux salves de roquettes du Hezbollah sur le nord du pays.
Au cours de l’interview, Trump a de nouveau affirmé que Netanyahu ne l’avait pas poussé à entrer en guerre, expliquant qu’il avait entendu certains dire que le Premier ministre israélien l’avait « piégé » pour qu’il lance cette campagne.
« C’est moi qui ai commencé, parce que, encore une fois, je ne veux ennuyer personne, mais j’ai commencé parce qu’on ne peut pas les laisser [l’Iran] avoir une arme nucléaire. Cela concerne Israël, car ce serait probablement le premier à être touché. Il n’y aurait plus d’Israël. Sans moi, il n’y aurait plus d’Israël. »
Trump on whether he was tricked by Netanyahu for Iran War:
I mean, I'm the one that started it.
I don't want to bore anybody, but I started it because we can't let them have a nuclear weapon.
There would be no Israel if there wasn't me. pic.twitter.com/VeVxQT68C6
— Clash Report (@clashreport) June 3, 2026
Trump a également affirmé que l’Iran avait accepté de ne pas se doter d’armes nucléaires dans le cadre des négociations en cours avec Téhéran, menées par des médiateurs, en vue d’un accord visant à mettre fin à la guerre.
« Nous ne pouvons pas les laisser se doter d’une arme nucléaire. Et ils ont déjà accepté de ne pas se doter d’une arme nucléaire », a déclaré Trump.
« Ils ont accepté cela. Ils peuvent changer d’avis, mais c’était l’une des conditions auxquelles ils devaient consentir ; ils l’ont acceptée – c’était le point essentiel », a-t-il ajouté.
On ignore sous quelle forme l’Iran aurait prétendument accepté de ne pas se doter d’une arme nucléaire. La Maison Blanche a confirmé que, dans le cadre du protocole d’accord en cours de discussion entre les parties, l’Iran s’engagerait formellement à ne pas chercher à se doter de l’arme nucléaire.
Trump a déclaré qu’il pensait que le nouveau guide suprême de l’Iran, Mojtaba Khamenei, était « absolument impliqué » dans les pourparlers visant à mettre fin à la guerre et que « les Iraniens ont beaucoup de respect pour lui », même s’il a refusé de commenter les informations selon lesquelles Khamenei aurait été gravement blessé lors des premières frappes israéliennes de la guerre, qui ont éliminé son père, l’ancien guide suprême Ali Khamenei, et d’autres membres de sa famille.
« J’aimerais le rencontrer », a déclaré Trump, ajoutant : « J’aimerais rencontrer tout le monde. J’aimerais le rencontrer, et nous nous rencontrerons probablement à un moment donné, selon la façon dont les choses évolueront. »
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