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Attentat de l’AMIA : Une ex-procureure accusée d’avoir caché des preuves du meurtre d’Alberto Nisman

Viviana Fein aurait omis de préserver des preuves dans l’appartement de celui qui enquêtait sur l'attentat de l'AMIA, retrouvé mort quelques heures avant de témoigner sur la dissimulation par la présidente du rôle de l’Iran dans le massacre de 1994

Viviana Fein, alors procureure, s'adresse aux journalistes devant son bureau à Buenos Aires, en Argentine, le 22 janvier 2015. (Crédit: AP Photo/Rodrigo Abd)
Viviana Fein, alors procureure, s'adresse aux journalistes devant son bureau à Buenos Aires, en Argentine, le 22 janvier 2015. (Crédit: AP Photo/Rodrigo Abd)

JTA — L’ancienne procureure qui avait mené l’enquête sur un décès mystérieux survenu en 2015 qui avait bouleversé la communauté juive d’Argentine a été mise en examen pour avoir dissimulé des preuves dans le cadre de cette affaire.

Viviana Fein a été mise en examen le 12 mai pour « dissimulation aggravée » dans le cadre de sa prise en charge de l’enquête sur la mort d’Alberto Nisman, procureur spécial nommé pour enquêter sur l’attentat à la bombe de 1994 contre le centre communautaire juif de l’AMIA à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts.

Le 18 janvier 2015, le corps sans vie de Nisman avait été retrouvé dans son appartement de Buenos Aires, avec un impact de balle au-dessus de l’oreille droite. Il avait été abattu à bout portant. Le cadavre de l’homme avait été découvert alors qu’il devait, quelques heures plus tard, présenter des éléments de preuve devant les députés argentins – éléments qui accusaient la présidente de l’époque, Cristina Fernández de Kirchner, et d’autres hauts responsables d’avoir dissimulé le rôle de l’Iran dans l’attentat contre l’AMIA.

À l’époque, Fein avait expliqué que la mort de Nisman était un suicide – mais au mois de mai 2016, elle avait légèrement nuancé son point de vue, affirmant qu’il avait peut-être été contraint de se suicider. Puis, en 2017, les enquêteurs médico-légaux avaient diffusé un rapport qui indiquait que Nisman avait été assassiné.

Les institutions juives avaient également soutenu qu’il avait été tué.

Selon le Code pénal argentin, l’accusation de « dissimulation aggravée » s’applique à une personne qui n’a pas pris part à un crime, mais qui a par la suite aidé ses auteurs à en effacer les traces. Dans l’acte d’accusation contre Fein, le juge Julián Ercolini a expliqué que l’ancienne procureure n’avait pas correctement préservé la scène de crime dans l’appartement de Nisman et qu’elle avait laissé des dizaines de personnes entrer et sortir de l’appartement sans contrôles appropriés, risquant ainsi de compromettre des preuves et compromettre l’enquête.

La controverse qui avait entouré la gestion initiale de la scène du crime ne s’est jamais apaisée. Selon les enquêtes judiciaires et les rapports d’experts, l’appartement était en désordre après la mort de Nisman – et certains avaient laissé entendre que les éléments de preuve avaient pu être mal gérés ou détruits.

Le procureur argentin Alberto Nisman. (Crédit : Natacha Pisarenko/AP)

Fein, qui risque jusqu’à trois ans de prison si elle est reconnue coupable, nie tout acte répréhensible.

Une semaine avant l’inculpation de Fein, son avocat, Lucio Simonetti, avait exigé l’abandon des charges, affirmant qu’en cas de dissimulation, « il devait nécessairement y avoir un lien entre l’auteur du crime sous-jacent et la personne qui le dissimule, car il est absurde de supposer que quelqu’un couvrirait un parfait inconnu ».

Simonetti a ajouté que l’acte d’accusation « ne mentionne en rien l’existence d’une relation antérieure entre ma cliente et les individus qui auraient pris part au meurtre présumé de Natalio Alberto Nisman ».

Ces poursuites interviennent alors que le gouvernement argentin a adopté un nouveau positionnement plus agressif à l’égard de l’Iran et du Hezbollah, largement considérés comme les auteurs de l’attentat.

Depuis l’élection en 2023 de Javier Milei, un conservateur pro-israélien, le pays a officiellement déclaré l’Iran et le Hezbollah responsables de l’attentat contre l’AMIA et d’une autre attaque perpétrée deux ans plus tôt contre l’ambassade d’Israël ; il a désigné les Gardiens de la révolution iranienne comme une organisation terroriste et décidé de poursuivre par contumace les suspects de l’affaire de l’AMIA.

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