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Deux personnes condamnées pour l’agression d’un journaliste dissident iranien à Londres

Selon le parquet, l'attaque perpétrée par des ressortissants roumains contre Pouria Zeraati, présentateur d'Iran International, a été une opération menée par des relais et liée à Téhéran, visant à faire taire les critiques du régime

Capture d'écran d'une vidéo du journaliste d'Iran International Pouria Zeraati, 2023. (Capture d'écran: YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo du journaliste d'Iran International Pouria Zeraati, 2023. (Capture d'écran: YouTube)

Deux Roumains ont été condamnés vendredi pour l’agression au couteau d’un journaliste iranien – une attaque qui était survenue devant son domicile de Londres, en 2024, et que les procureurs avaient liée à Téhéran.

Nandito Badea, 21 ans, et George Stana, 25 ans, ont été tous les deux reconnus coupables de coups et blessures volontaires pour avoir poignardé Pouria Zeraati, un présentateur de la chaîne Iran International.

Cette agression a visé à « réduire un journaliste au silence par le biais de l’intimidation et de la violence », a commenté Frank Ferguson, le responsable de la lutte antiterroriste au sein du ministère public britannique, après le verdict qui a été rendu par la Cour royale de Woolwich.

Au cours du procès, les procureurs avaient affirmé que cette agression avait été une opération par procuration en lien avec l’État iranien, soulignant que la victime avait été prise pour cible en raison de son travail de journaliste.

L’Iran a nié toute implication.

Les deux prévenus prendront connaissance de leur condamnation en date du 3 juillet – date à laquelle le juge pourrait également se prononcer sur le rôle éventuellement tenu par l’Iran dans cette attaque.

Zeraati avait dû être pris en charge en urgence après avoir été poignardé à plusieurs reprises à la jambe devant son domicile à Wimbledon, dans le sud-ouest de Londres.

Pouria Zeraati en convalescence dans un hôpital à Londres, le 30 mars 2024. (Crédit : Capture d’écran/X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Mais il avait repris son travail au sein de la chaîne dissidente le mois suivant, insistant sur le fait que « le spectacle doit continuer ».

Les accusés ont attendu Zeraati près de chez lui et ils « ont agi en concertation totale pour parvenir à le maîtriser ; ils l’ont poignardé avant de s’enfuir du Royaume-Uni de manière immédiate et organisée », a déclaré Ferguson.

Les deux hommes avaient ensuite été arrêtés en Roumanie au mois de décembre 2024 et ils avaient été extradés vers la Grande-Bretagne. Un troisième individu, qui est accusé d’avoir pris part à l’attaque, se trouve toujours en Roumanie car il y fait l’objet d’autres accusations, a indiqué la police.

Iran International, une chaîne privée financée par l’Arabie saoudite, dont le siège se trouve dans un bâtiment hautement sécurisé de l’ouest de Londres, a été qualifiée d’organisation « terroriste » par Téhéran en 2022, tout comme la chaîne en langue persane de la BBC.

Le mois dernier, un Grec a été mis en examen pour avoir espionné un journaliste d’Iran International.

Photo d’illustration : un présentateur de la chaîne de télévision dissidente en langue persane Iran International se prépare pour un journal télévisé dans les studios de la chaîne à Londres, le 20 janvier 2026. (Crédit : Carlos Jasso / AFP)

Au mois d’avril dernier, trois personnes ont comparu devant un tribunal londonien, accusées d’avoir tenté de mettre le feu à ses locaux.

De plus, l’ambassade d’Iran à Londres aurait lancé au mois de mars un « programme de martyre » controversé, appelant les « fiers compatriotes iraniens résidant en Grande-Bretagne » à s’inscrire à l’initiative « Jan Fada » (« sacrifier sa vie »).

Si un porte-parole de l’ambassade a insisté sur le fait que cette initiative « ne fait la promotion d’aucune forme d’hostilité », des analystes ont averti que cette démarche pourrait constituer un cas de radicalisation en ligne.

En réponse, la Grande-Bretagne a convoqué l’ambassadeur d’Iran au Royaume-Uni, le ministre chargé du Moyen-Orient, Hamish Falconer, ayant clairement indiqué que l’ambassade « doit cesser toute forme de communication pouvant être interprétée comme encourageant la violence au Royaume-Uni ou à l’échelle internationale ».

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