Une candidate au Congrès soutenue par Mamdani avait pris part aux célébrations des atrocités du Hamas
Darializa Avila Chevalier affirme que sa participation à ce rassemblement - qui avait notamment fêté la mort d’Israéliens - s’était inscrite dans le cadre de son engagement en faveur des "droits humains des Palestiniens"
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Darializa Avila Chevalier, candidate au Congrès à New York, a justifié sa participation à un rassemblement anti-Israël et pro-Hamas qui avait été organisé le 8 octobre 2023 – c’était le lendemain du pogrom commis par le Hamas en Israël -, rassemblement au cours duquel les participants avaient fêté le nombre élevé de victimes israéliennes lors de la pire attaque terroriste de toute l’Histoire de l’État juif.
Avila Chevalier, 32 ans, se présente aujourd’hui contre le représentant américain Adriano Espaillat pour remporter la 13e circonscription de New York, qui couvre Upper Manhattan et certaines parties du Bronx.
Avila Chevalier est une militante d’extrême gauche anti-Israël et si Espaillat a depuis longtemps fait ses preuves en tant que progressiste, il est un démocrate centriste en ce qui concerne la question de l’État juif.
Cette élection est un nouveau test qui montre à quel point les activités anti-israéliennes agitent dorénavant la politique américaine, en particulier à gauche. Elle illustre également la lutte qui oppose actuellement l’establishment centriste du Parti démocrate et son aile d’extrême gauche.
Le maire de New York, Zohran Mamdani, a apporté son soutien à Avila Chevalier, la semaine dernière, donnant un coup de pouce majeur à sa campagne. Espaillat avait soutenu Mamdani lors de l’élection générale et ce dernier s’était apparemment engagé à appuyer la candidature d’Espaillat au Congrès.
Le revirement de Mamdani a ébranlé la confiance portée par certains responsables politiques de la ville dans sa fiabilité, a rapporté Politico.
Des images d’Avila Chevalier lors du rassemblement anti-Israël, il y a plus de deux ans et demi, ont à nouveau circulé après que le maire de la Grande Pomme a fait part de son soutien à la candidate. Avila Chevalier n’était guère connue à l’époque et sa participation au rassemblement avait déjà été rapportée par Canary Mission.
Sur des photos du rassemblement qui avaient été prises par le Times of Israel, Avila Chevalier, portant un keffieh, se tenait à côté d’un manifestant qui brandissait une pancarte où était écrit : « Le sionisme est un génocide ».
Ce rassemblement qui s’était déroulé à Times Square avait été, en grande partie, l’occasion pour les participants de célébrer le pogrom commis par le Hamas – les terroristes avaient pris d’assaut le sud d’Israël, massacrant plus de 1 200 personnes, des civils en majorité, et ils avaient kidnappé 251 personnes, qui avaient été prises en otage.
Les manifestants avaient agité des drapeaux palestiniens et scandé divers slogans : « La résistance est justifiée », « Mondialisons l’Intifada » et « Écrasons l’État sioniste des colons ». Ils avaient raillé les contre-manifestants juifs, leur faisant des gestes obscènes.
Les manifestants avaient également scandé le chiffre « 700 », faisant apparemment référence au nombre confirmé de victimes israéliennes lors de l’attaque à ce moment-là, et ils avaient formé le chiffre 7 à l’aide de leurs mains tout en faisant des gestes évoquant l’égorgement.
D’autres avaient fait le signe de la victoire tout en criant des insultes.
Avila Chevalier a défendu sa participation au rassemblement dans une déclaration qu’elle a faite à City & State, dans la journée de jeudi.
« Je milite pour les droits humains des Palestiniens depuis que je suis adulte. Et je suis une personne qui a constaté une tendance, à savoir que chaque fois qu’il se passe quelque chose sur le terrain [en Israël], il y a toujours une réaction vraiment disproportionnée qui coûte la vie à des milliers de personnes », a dit Avila Chevalier. « C’est ce qui m’inquiétait à ce moment-là ».
« Pour moi, tout cela repose sur l’idée de dignité humaine. Et je pense que nous nous perdons trop souvent dans les : ‘bon, à telle date, et à telle autre date’ alors que tout est cyclique, et que nous ne nous attaquons pas au cœur du problème : cette façon dont nous bafouons les droits humains et la dignité de certaines personnes au profit d’autres », a-t-elle ajouté.
La section new-yorkaise des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), un parti d’extrême gauche dont Mamdani est un membre de base, a apporté son soutien à Avila Chevalier au mois de janvier. Le parti avait initialement coparrainé le rassemblement du 8 octobre 2023, avant de revenir sur son soutien quelques jours plus tard.
Mamdani n’avait pas assisté au rassemblement. Dans une interview accordée l’année dernière, il avait estimé que le soutien apporté par la formation à l’événement s’était apparenté à « une simple publication spontanée sur les réseaux sociaux ». Dans sa déclaration diffusée au lendemain du pogrom, Mamdani avait rendu hommage aux « centaines de personnes qui ont été tuées en Israël et en Palestine au cours des dernières 36 heures ». Il avait condamné Israël pour avoir déclenché la guerre et il avait appelé au démantèlement de « l’apartheid » israélien.
Le député sortant, Espaillat, qui appartient au parti démocrate, a déjà exercé cinq mandats. Il a été le premier Américain d’origine dominicaine et le premier ancien immigrant sans papiers à siéger au Congrès, ainsi que le président du Caucus hispanique du Congrès.
Avila Chevalier a attaqué Espaillat pour son soutien à l’État juif, notamment lors des votes qui étaient consacrés à l’aide militaire à Israël. Elle a accusé Espaillat, qui a obtenu le soutien du groupe pro-israélien AIPAC, d’avoir été « acheté par le lobby israélien ».
Espaillat a déjà été pris pour cible à cause d’Israël par le passé. Son bureau de Manhattan, dont les vitrines arboraient des affiches d’otages israéliens, avait été vandalisé par des graffitis anti-israéliens en 2024.
Espaillat bénéficie du soutien des centristes de la ville – comme de la présidente juive du Conseil municipal de New York, Julie Menin, qui mène la lutte contre l’antisémitisme au sein du conseil. Il entretient des liens de longue date avec les syndicats.
La controverse autour de cette manifestation a suivi la diffusion de messages provenant d’un compte qu’Avila Chevalier avait supprimé. Dans ces messages, Avila Chevalier niait l’existence d’Israël et elle appelait à l’abolition de la police et des frontières. Elle dénonçait les relations interraciales et les « libéraux blancs », elle exprimait son soutien au communisme et elle utilisait un langage grossier pour dénigrer la police, l’establishment du Parti démocrate et Kamala Harris.
En 2020, Avila Chevalier avait republié un commentaire affirmant que « Israël n’existe pas ». La même année, elle avait qualifié Joe Biden, alors candidat à la présidence, de « violeur » et de « criminel de guerre » ; elle avait traité les États-Unis de « putain de honte » et elle avait attaqué le sénateur américain juif Bernie Sanders, un critique virulent d’Israël, pour son « sionisme libéral ».
Avila Chevalier a dit avoir « beaucoup mûri » depuis ces publications, déclarant à WNYC : « Je ne souhaite pas revenir sur la dimension politique de mes tweets, qui appartiennent au passé ».
Elle s’était engagée dans le militantisme pro-palestinien avant même d’avoir obtenu son diplôme au sein de l’université Columbia en 2016, lorsqu’elle avait intégré le groupe Students for Justice in Palestine sur le campus, et lors de la création en 2016 de Columbia University Apartheid Divest, une organisation qui s’inscrit dans le mouvement plus large de boycott, de désinvestissement et de sanctions à l’encontre d’Israël.
Elle a aidé à organiser le campement de Gaza à Columbia en tant qu’ancienne étudiante, en 2024.
Mamdani, un antisioniste, a aussi apporté son soutien à Brad Lander et Claire Valdez, candidats au Congrès de New York. Les trois candidats auxquels il a apporté son appui s’opposent tous à l’aide militaire américaine à Israël.
La JTA a contribué à cet article.
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