Tsahal et la police ont cessé d’arrêter les réfractaires haredim, « dissuadées » par les manifestations — média
Des sources policières ont confié que les opérations d’arrestation avaient été suspendues à l’initiative de l’armée - qui affirme toutefois continuer à rechercher les ultra-orthodoxes qui tentent d'échapper au service militaire
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L’armée et la police israélienne ont cessé de procéder à des arrestations proactives des réfractaires ultra-orthodoxes, selon des informations qui ont été publiées, cette semaine, dans la presse israélienne.
Citant des sources judiciaires, la chaîne publique Kan a indiqué que Tsahal et la police avaient été « dissuadées » par les manifestations de masse qui ont été organisées, ces derniers mois, par des protestataires ultra-orthodoxes – des manifestations qui ont été à l’origine d’importantes perturbations à travers tout le pays.
Des sources proches de la police ont confié au quotidien Haaretz que les arrestations avaient été suspendues au mois d’août à l’initiative de l’armée – c’est en août qu’a eu lieu le dernier rassemblement contre la conscription des Haredim.
Les forces de l’ordre, qui procèdent à l’interpellation des réfractaires au service militaire à l’initiative de l’armée israélienne, auraient fait savoir qu’elles n’avaient pas l’intention de reprendre prochainement les opérations d’arrestation.
Tsahal a démenti auprès de Haaretz toute suspension des opérations de contrôle, affirmant que la police militaire continue d’appréhender des réfractaires ultra-orthodoxes au service militaire aux postes-frontières et dans les centres urbains, en collaboration avec la police israélienne. L’armée a également insisté sur le fait qu’il y avait une « application équitable de la loi », même si les chiffres montrent que la majorité des personnes qui sont appréhendées parce qu’elles tentent d’échapper à l’appel des drapeaux n’appartiennent pas à la communauté haredi.
Actuellement, environ 80 000 hommes haredim âgés de 18 à 24 ans sont soumis à l’obligation de service militaire et ne se sont pas enrôlés. Le bureau de la procureure-générale a appelé l’État à renforcer l’application des ordres de conscription, y compris en procédant à l’arrestation des contrevenants.
Au mois d’avril dernier, la Haute Cour de justice avait ordonné au gouvernement d’expliquer pourquoi il n’avait pas émis suffisamment d’ordres de conscription à l’intention des étudiants en yeshiva haredim pour répondre aux besoins de l’armée israélienne, et pourquoi il n’avait pas fait respecter les ordres qu’il avait émis.
La police israélienne avait ensuite annoncé, au mois de mai, que de nouvelles consignes avaient été données aux agents afin qu’ils placent en détention les réfractaires, dans l’attente que la police militaire vienne les chercher.
Au mois de juillet, la coalition avait cherché à suspendre pendant sept mois les arrestations des réfractaires ultra-orthodoxes au service militaire, mais la Haute Cour avait gelé la loi avant qu’elle n’entre en vigueur et elle avait, par la suite, prolongé ce gel tout en examinant les recours déposés contre ce texte.
Les efforts déployés par le gouvernement actuel pour inscrire dans la loi une exemption généralisée de la conscription en faveur des jeunes hommes haredim se sont heurtés à une opposition farouche de la part des réservistes, des conseillers juridiques de la Knesset et d’une grande partie de l’opinion publique.
Les dirigeants haredim s’opposent farouchement à l’enrôlement obligatoire, arguant que le service militaire menace leur mode de vie religieux.
Pourtant, la question reste controversée dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre en temps de guerre et de colère parmi les Israéliens qui servent dans l’armée et dans la réserve. Le sujet est considéré comme un enjeu de premier plan à l’approche des élections législatives du 27 octobre.
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