Malgré leur accord, les dirigeants de l’opposition divisés sur les partis arabes
Les cinq dirigeants de l’opposition s'étaient pourtant dit "unis et déterminés" à remporter les "élections cruciales" et promis de ne pas s’attaquer mutuellement
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Yaïr Golan, chef du parti de gauche HaDemocratim, a déclaré dimanche qu’un parti arabe pourrait faire partie du prochain gouvernement, révélant ainsi une ligne de fracture au sein de l’opposition. Cette annonce est survenue moins d’une journée après la réunion des dirigeants de l’opposition, qui avaient alors convenu de coordonner leurs campagnes et de s’engager à ne pas s’attaquer les uns les autres avant les élections législatives du 27 octobre.
« Nous pensons qu’un parti arabe peut faire partie du gouvernement. C’est naturel, juste, approprié et démocratique », a-t-il déclaré à la station Reshet Bet de la radio israélienne, ajoutant qu’un tel partenariat représenterait « un véritable changement après des années d’incitation à la haine ».
Peu après l’interview, HaDemocratim a publié un communiqué de clarification soulignant que Golan ne faisait qu’exprimer la position du parti visant à « promouvoir le partenariat judéo-arabe et l’intégration des citoyens arabes d’Israël au sein des instances dirigeantes de l’État après les élections » et que la possibilité d’inclure un parti arabe dans la prochaine coalition « n’avait pas été évoquée » lors de la réunion des dirigeants de l’opposition de samedi soir.
Avant la réunion, Gadi Eisenkot, chef du parti d’opposition centriste Yashar, s’était engagé, lors d’une interview accordée à la chaîne N12, à ne pas inclure le parti islamiste Raam, dirigé par des Arabes, dans un éventuel gouvernement qu’il dirigerait. D’autres chefs de l’opposition, outre Golan, ont également rejeté la possibilité de siéger aux côtés de partis arabes au sein de leur coalition.
La réunion de samedi soir, qui s’est tenue au domicile du chef de l’opposition Yaïr Lapid, a rassemblé Golan, Eisenkot, le chef de Beyahad Naftali Bennett et le chef d’Yisrael Beytenu Avigdor Liberman.
À la différence des autres chefs de file de l’opposition, Golan a plaidé à plusieurs reprises en faveur d’un partenariat avec Raam, et a appelé les autres dirigeants de l’opposition à reconnaître Mansour Abbas, le chef de Raam, comme un « partenaire légitime ».
Selon le Likud, le parti au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu, les propos de Golan révèleraient l’intention de l’opposition de former un gouvernement soutenu par des partis arabes. Il a ainsi repris son slogan de campagne : « Eisenkot formera un gouvernement de gauche avec Yaïr Golan, Liberman, Bennett et les partis arabes. »
Le parti de droite Amkha Yisrael, dirigé par Ofer Winter, a également fustigé les propos de Golan.
Samedi, les dirigeants des principaux partis d’opposition s’étaient réunis pour discuter de leurs stratégies de campagne. Ils avaient publié une déclaration dans laquelle ils s’engageaient à travailler ensemble pour former un gouvernement « sioniste et digne d’hommes d’État ». Ils ont promis de ne pas s’attaquer mutuellement pendant la campagne électorale et de coopérer avant le scrutin du 27 octobre afin de renforcer la participation en faveur de leur bloc et de préparer la formation d’un futur gouvernement, notamment en mettant en place des groupes de travail conjoints.
Cette déclaration de principes a été signée par Eisenkot, Bennett, Yaïr Lapid, Golan, et Liberman.
ראשי מפלגות התיקון חתמו על מסמך עקרונות משותף להחלפת הממשלה
ראשי מפלגות התיקון נפגשו לפני זמן קצר בביתו של לפיד בתל אביב וחתמו על מסמך עקרונות משותף:
״מתוך הכרה שגם אם יש בינינו מחלוקות אידיאולוגיות, החלפת הממשלה היא מטרת-העל המשותפת שלנו, וחובתנו לפעול יחד להגשמתה״
מצ״ב… pic.twitter.com/ZbESz8Sjmf
— יאיר לפיד – Yair Lapid (@yairlapid) September 26, 2026
« Nous reconnaissons que ces élections sont cruciales pour l’avenir de l’État », ont-ils écrit.
« Malgré nos divergences idéologiques, la formation d’un gouvernement sioniste et avisé, voué à la réhabilitation et à la reconstruction, est notre objectif primordial commun, et il est de notre devoir de travailler ensemble pour y parvenir. »
« Nous sommes unis et déterminés à apporter des changements positifs et de l’espoir à l’État d’Israël », ont écrit les dirigeants des partis dans ce communiqué, publié à l’issue de leur réunion d’une heure au domicile de Lapid à Tel Aviv.
« À compter d’aujourd’hui et jusqu’à la formation du gouvernement, aucun d’entre nous, ni ceux agissant en notre nom, n’attaquera les autres partis du bloc ou son chef », se sont-ils engagés.
Des luttes intestines considérables ont récemment opposé les dirigeants des partis du bloc : Eisenkot a critiqué Bennett et Liberman pour avoir refusé de le soutenir en tant que candidat au poste de Premier ministre du bloc, alors que son parti les devançait nettement dans les sondages d’opinion ; des critiques mutuelles ont également eu lieu à plusieurs reprises entre Golan, de tendance de gauche, et Liberman, partisan de la ligne dure.
Dans ce communiqué, les dirigeants des partis s’engagent à « tout mettre en œuvre, dans leurs sphères d’influence respectives, pour élargir la base électorale, attirer des électeurs issus de toutes les couches de la population, obtenir une majorité électorale et former un gouvernement qui préservera et renforcera Israël en tant qu’État juif et démocratique ».
Le communiqué précise que, dans les 48 heures suivant sa signature, les partis concernés mettront en place des groupes de travail chargés d’accroître le taux de participation et de garantir des élections libres et équitables. Ces groupes de travail s’attacheront également à définir les orientations politiques du prochain gouvernement, notamment en ce qui concerne l’enrôlement des ultra-orthodoxes et la création d’une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, ce que Netanyahu a jusqu’à présent refusé de faire.
Les dirigeants des partis se sont engagés à œuvrer sans délai à la formation d’un « gouvernement de réparation et de reconstruction » à l’issue des élections.
« Nous appelons chaque citoyen qui croit en ce pays – en ses valeurs et en sa force – à se joindre à nous pour voter le jour du scrutin et à façonner ensemble l’avenir de nos enfants », poursuit le communiqué.
Le chef du parti Kakhol Lavan, Benny Gantz, brillait par son absence lors de ces discussions. Il a cherché à positionner son parti comme n’appartenant à aucun des deux blocs, mais aussi comme un faiseur de rois potentiel. Cependant, il n’a pas non plus réussi à franchir le seuil électoral dans la quasi-totalité des sondages. Pendant la réunion, Gantz a installé un panneau d’affichage mobile devant le domicile de Lapid, déclarant que « les blocs freinent Israël » – en référence aux alliances rivales des partis pro- et anti-Netanyahu.
Netanyahu a réagi à cette réunion et à cette photo en publiant une fausse image générée par l’intelligence artificielle « montrant » les principaux députés arabes, Abbas et Ahmed Tibi (Liste arabe unie), participant à la réunion, et en affirmant qu’Eisenkot avait l’intention de former une coalition gouvernementale avec les partis arabes.
Eisenkot avait publiquement promis samedi de ne pas inclure Raam dans un éventuel gouvernement qu’il dirigerait, affirmant que ce parti ne remplissait pas actuellement ses conditions d’inclusion.
Selon le dernier sondage réalisé par Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, et publié jeudi, les blocs pro- et anti-Netanyahu sont à égalité avec 53 sièges chacun, ce qui ne leur permettrait pas de former un gouvernement s’ils ne parvenaient pas à s’appuyer sur des transfuges ou sur le soutien des partis arabes.
De plus, le sondage révèle que les deux tiers des électeurs de l’opposition souhaitent que leur camp s’accorde sur un candidat consensuel pour le poste de Premier ministre, ce que les partis d’opposition n’ont pas fait, Eisenkot, Bennett et Liberman se disputant tous publiquement la tête du gouvernement.
Le parti centriste Yashar d’Eisenkot est systématiquement en tête des sondages ; celui de Zman Yisrael lui en attribue 23, tandis que Bennett et Liberman sont loin derrière avec respectivement 12 et 10 sièges.
Le sondage attribue également six sièges au parti arabe traditionaliste Raam, qui a fait savoir qu’il souhaitait rejoindre le prochain gouvernement. Raam avait fait partie du « gouvernement du changement » qui avait brièvement évincé Netanyahu en 2021-2022, après que le Premier ministre lui-même avait négocié avec le parti la possibilité de rejoindre sa coalition.
La perspective d’un gouvernement minoritaire s’appuyant sur le soutien de Raam est ainsi devenue un thème central de la campagne de la coalition. Netanyahu et ses alliés accusent en effet Eisenkot et les autres dirigeants de l’opposition d’avoir l’intention de former un gouvernement dépendant des partis arabes.
La commission centrale électorale (CCE), au sein de laquelle la coalition actuelle dispose d’une majorité, a disqualifié Raam et l’autre parti à majorité arabe, la Liste arabe unie, de la course aux élections du 27 octobre. Cependant, la Haute Cour de justice a infirmé de nombreuses décisions de ce type par le passé et devrait, selon toute vraisemblance, le faire à nouveau.
la Communauté du Times of Israël !







