Smotrich : Israël doit « entrer en guerre » en Cisjordanie et « y faire ce que nous avons fait à Gaza »
Le ministre des Finances appelle aussi Israël à annexer "au moins" jusqu’à la Ligne jaune à Gaza et jusqu’au Litani au Liban afin de faire "payer le prix" à ses ennemis pour le 7-Octobre et les guerres qui ont suivi
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Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé dimanche Israël à « entrer en guerre » en Cisjordanie, à démanteler l’Autorité palestinienne qui gouverne de vastes portions du territoire et à « faire là-bas ce que nous avons fait à Gaza ».
S’exprimant dans le podcast du site d’information Ynet, le chef du parti HaTzionout HaDatit a également appelé Israël à annexer les territoires contrôlés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza et au sud du Liban, en guise de sanction pour le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et pour le rôle joué par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah dans le conflit régional qui s’en est suivi.
Smotrich avait déjà appelé à rétablir des implantations israéliennes à Gaza, à repousser la frontière avec le Liban jusqu’au fleuve Litani – à une trentaine de kilomètres au nord d’Israël – et à annexer plus de 80 % de la Cisjordanie, qu’il désigne par son nom biblique, la Judée et la Samarie.
Dans le cadre de sa campagne pour les élections du 27 octobre, Smotrich a vanté l’expansion significative des implantations israéliennes sur ce territoire sous le gouvernement actuel, au sein duquel il occupe également le poste de ministre chargé des activités des implantations au ministère de la Défense.
Interrogé dans le podcast sur la manière dont Israël devrait lutter contre les tensions croissantes en Cisjordanie, où l’on a assisté à de multiples attaques contre des Israéliens et à des actes de violence quasi quotidiens de la part de résidents d’implantation à l’encontre des Palestiniens, Smotrich a répondu : « J’ai effectivement des solutions. »
« Je pense que nous devons entrer en guerre en Judée et en Samarie, pour y faire ce que nous avons fait à Gaza, à savoir démanteler l’Autorité palestinienne, qui est une autorité de terrorisme », a déclaré Smotrich, qui a conduit le système financier de l’AP au bord de l’effondrement en s’efforçant de le couper de tout lien avec Israël.
Évoquant l’exode massif de Palestiniens hors des camps de réfugiés de Cisjordanie dans le cadre des opérations antiterroristes de Tsahal, Smotrich a ajouté : « Nous devons dire à Tsahal : tout comme vous avez démantelé le Hamas à Gaza, il n’y aura plus d’infrastructures terroristes en Judée et en Samarie. Pas de terroristes, pas d’armes, pas de tunnels. »
Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne (AP) a condamné les propos de Smotrich, affirmant qu’ils « révèlent les plans israéliens visant à saper les perspectives d’un État palestinien indépendant et à imposer une nouvelle réalité par la force ».
« Le silence international persistant face aux déclarations et politiques incendiaires d’Israël encourage le gouvernement israélien à poursuivre ses plans et risque d’aggraver les tensions, la violence et l’instabilité dans la région », a déclaré le ministère, selon l’agence de presse officielle de l’AP, WAFA.
Smotrich a également déclaré dans ce podcast qu’Israël devrait faire payer un « prix » à ses ennemis en annexant le territoire de Gaza situé à l’est de la « Ligne jaune », d’où Israël s’est retiré dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025 en échange de la libération des otages, ainsi qu’en annexant le territoire libanais situé au sud du fleuve Litani, où l’armée israélienne maintient une zone tampon.
« Je souhaiterais vivement annexer au moins jusqu’à la ‘Ligne jaune’ à Gaza et jusqu’au Litani [fleuve] au Liban », a-t-il déclaré.
« Non seulement pour l’implantation en Terre d’Israël, mais simplement parce que, si une guerre se termine aux frontières où elle a commencé, qu’est-ce qui empêchera l’ennemi de repartir en guerre ? … Il doit en payer le prix. »
Près d’un an après l’accord de cessez-le-feu à Gaza, Israël contrôle plus de 60 % de la bande de Gaza, les quelque 2 millions de Gazaouis vivant presque tous du côté contrôlé par le Hamas, à l’ouest de la « Ligne jaune ».
Israël est censé, à terme, se retirer entièrement de la bande de Gaza dévastée, conformément au plan de paix présenté en septembre dernier par le président américain Donald Trump, mais refuse pour l’instant de le faire tant que le Hamas n’aura pas été désarmé.
Tsahal a également pris le contrôle d’une partie du sud du Liban après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël en mars, en représailles à la campagne de frappes menée fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le bienfaiteur du groupe terroriste.
Le Hezbollah a également tiré sur Israël en signe de solidarité avec le Hamas, dès le 8 octobre 2023.
Beyrouth exige le retrait de l’armée, mais Israël se montre réticent, compte tenu de l’incapacité de l’État libanais à désarmer le Hezbollah à la suite du cessez-le-feu de novembre 2024, qui a mis fin à plus d’un an de conflit. Israël et le Liban mènent actuellement des pourparlers directs, sous l’égide des États-Unis, concernant le retrait de Tsahal, le désarmement du groupe terroriste et un éventuel accord de paix.
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