La ministre de l’Environnement qualifie de « fake news » les chiffres de son ministère
Idit Silman s'en est violemment prise à une ONG qui a publié des chiffres, obtenus via une demande d'accès à l'information, révélant une baisse de 83 % des inculpations contre les auteurs d'infractions environnementales sous son mandat
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Dimanche, la ministre de la Protection de l’environnement, Idit Silman, a qualifié de « fake news » (fausses informations) les chiffres publiés par son ministère, qui font état d’une baisse de 83 % des inculpations pour infraction aux lois environnementales depuis son arrivée.
Sur X, elle a accusé Green Course, l’organisation environnementale qui a obtenu ces chiffres grâce à une demande d’accès à l’information, d’être une « organisation radicale faisant mine de s’intéresser à l’environnement ».
Elle a indiqué que le groupe était à l’origine d’une conférence sur les conséquences environnementales de la guerre d’Israël contre le Hamas à Gaza avec « d’autres organisations d’extrême gauche et le (parti à majorité arabe) Hadash » — dirigé par le député Ayman Oudeh, qu’elle a accusé d’être un soutien du terrorisme.
Évoquant sa décision, prise l’an dernier, de geler les 11 millions de NIS de subventions destinés aux organisations environnementales, elle a ajouté : « La raison pour laquelle ils s’attaquent à moi et au ministère, c’est que leurs budgets ont été totalement gelés. »
Elle a ensuite évoqué le pogrom perpétré par le Hamas, au cours duquel 1 200 personnes ont été tuées et qui a déclenché la guerre, pour mieux ajouter : « Pas un seul shekel ne doit aller à ceux qui se soucient du bien-être des Gazaouis qui nous ont massacrés le 7 octobre 2023. »
Les 11 millions de NIS avaient déjà été approuvés par le Fonds pour le maintien de la propreté, un organisme statutaire créé en 1984 et financé, entre autres, par les redevances de mise en décharge et les taxes sur les sacs en plastique. Jusqu’à la décision de Silman de suspendre ces subventions, les liquidités restantes en fin d’exercice servaient habituellement à subventionner les organisations environnementales l’année suivante.
Les chiffres qui ont rendu la ministre furieuse, imprimés sur du papier à en-tête officiel du ministère de la Protection de l’environnement et couvrant la période 2023 à janvier 2026, montrent que 34 dossiers ont été transmis au département juridique du ministère en 2025, contre 87 en 2023 (et 65 en 2024).
Sur les 87 dossiers envoyés au département juridique en 2023, 66 ont été confiés à des cabinets d’avocats externes et 30 ont donné lieu à des poursuites. En 2024, 47 dossiers ont été sous-traités à des avocats, donnant lieu in fine à 11 inculpations, tandis que 35 dossiers ont été externalisés en 2025, avec cinq inculpations à la clef.
La réponse officielle à la demande d’accès à l’information précise par ailleurs que le ministère n’a pas été en mesure de révéler le nombre de dossiers externalisés par le département juridique dont le traitement a été interrompu par la suite, ni le nombre de dossiers transmis au département juridique avec une recommandation d’inculpation. Selon le document, les fonctionnaires auraient eu besoin de trop de ressources pour examiner manuellement les dossiers de ces années-là.
Les chiffres montrent également que, bien qu’il y ait eu sept postes d’avocats ouverts au ministère pour chacune des trois années, le nombre de personnes réellement employées est passé de sept en 2024 à cinq après mai 2025, période à laquelle des entretiens étaient en cours pour pourvoir le sixième poste.
La lettre du ministère se termine par une mise en garde, indiquant que ces chiffres pourraient être incomplets, étant donné que les systèmes reposent sur une saisie manuelle possiblement inexacte, incohérente ou lacunaire.
Selon les informations du Times of Israel, les responsables examinent actuellement l’ensemble de ces chiffres.
Le ministère s’est pour l’instant refusé à tout commentaire sur ce qui a été publié.
Le porte-parole de Green Course a expliqué que le délai entre la réception de la réponse et la publication des chiffres ce dimanche était dû à une importante charge de travail.
la Communauté du Times of Israël !







