Face à la flambée du shekel, Smotrich veut créer un groupe de travail pour aider les firmes de la tech
Sur fond de licenciements massifs, le ministère des Finances s'est entretenu avec des représentants de la tech pour dire que le gouvernement ne stabiliserait pas la monnaie mais qu'il chercherait à limiter les dégâts
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Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a demandé mercredi à son ministère de créer un groupe de travail pour aider le secteur technologique israélien à faire face aux effets de la forte appréciation du shekel. Ce qui est un grand changement dans l’approche du gouvernement face à ce problème, au sujet duquel il était jusqu’ici resté plutôt silencieux.
L’inquiétude est forte au sein des industries technologiques israéliennes, surtout depuis que plusieurs d’entre elles ont annoncé des licenciements massifs, en partie à cause de la flambée de la monnaie.
Le shekel s’est échangé jusqu’à 2,8 shekels pour un dollar, soit son taux le plus élevé depuis 1993. Depuis le début de l’année, la monnaie s’est appréciée de plus de 4 % par rapport au dollar, et de 15 % ces douze derniers mois.
Selon le ministère des Finances, le groupe de travail va élaborer des programmes de soutien et chercher le moyen de limiter les répercussions économiques, tout en « respectant l’indépendance » de la Banque centrale d’Israël et ses responsabilités en matière de politique monétaire. Ce groupe de travail sera composé de hauts responsables du ministère, à commencer par le directeur du budget, le comptable général, l’économiste en chef, le chef de l’administration fiscale, le régulateur des marchés de capitaux et des conseillers du ministre des Finances, précise le communiqué du ministère.
Mercredi, des responsables du ministère des Finances se sont entretenus avec des représentants de grandes entreprises de la tech. Ces derniers ont mis en avant le double défi posé par la hausse du shekel et par la transformation des marchés mondiaux poussée par l’intelligence artificielle. Les dirigeants du secteur ont expliqué que les mouvements de change compliquaient la tâche des exportateurs et des entreprises technologiques pour rester compétitifs à l’échelle internationale, a expliqué le quotidien économique Calcalist.
Lors de cette réunion, les responsables ont souligné que le gouvernement n’avait pas l’intention d’intervenir directement sur le marché des changes, pas plus que sur le taux de change. Ils ont affirmé que des mesures visant à stabiliser artificiellement le shekel pourraient s’avérer à la fois difficiles et potentiellement inefficaces, compte tenu de la taille et de la liquidité des marchés des changes.
« Il est impossible de maintenir éternellement et artificiellement les taux de change », a déclaré un responsable du ministère à Calcalist. « Le marché est profond, les volumes d’échanges sont énormes, et il n’est même pas certain qu’une intervention soit efficace. »
« Nous ne sommes pas la Chine », a ajouté un autre responsable.
Le ministère a indiqué qu’il avait également exclu d’utiliser la dette publique comme outil pour affaiblir le shekel, évoquant la crainte qu’une telle démarche ne suscite des inquiétudes chez les agences de notation internationales et n’affecte potentiellement la note de crédit d’Israël.
Selon la même source, les responsables ont ajouté qu’ils étaient en train d’examiner dans quelle mesure l’appréciation de la monnaie reflétait des opérations spéculatives ou de véritables facteurs économiques. Pour l’heure, ils estiment que le shekel est surtout soutenu par les flux de capitaux réels, notamment les investissements étrangers, les revenus issus des exportations et les activités liées à des secteurs majeurs comme celui de la Défense.
La décision qui a été prise de préparer un plan d’aide est le signe d’un changement de ton notable de la part de Smotrich, qui laisse à penser que le gouvernement estime que la question mérite une attention toute particulière.
Cette décision a été prise alors que les géants de la tech israélienne Wix, Rapyd et Amdocs ont annoncé des licenciements massifs ces dernières semaines.
Wix, qui conçoit des logiciels de création de sites Internet clés en main, a confirmé jeudi les informations selon lesquelles l’entreprise allait supprimer un millier d’emplois — soit environ 20 % de ses effectifs en Israël et à l’étranger — en raison de la force du shekel, qui fait exploser les coûts.
Rapyd, une licorne de la fintech, n’a pas donné de détails sur l’ampleur des licenciements qu’elle prévoit, se limitant à indiquer qu’elle s’appuierait sur une équipe réduite et professionnelle. Rapyd dispose de près de 700 collaborateurs de par le monde, dont ses équipes de Tel Aviv.
Amdocs, une entreprise de logiciels et de communications, s’apprêterait à réduire ses effectifs mondiaux de l’ordre de 10 %, ce qui devrait toucher jusqu’à 3 000 personnes, dont des centaines en Israël, selon les médias israéliens.
Cela fait déjà un certain temps que les exportateurs et fabricants israéliens du secteur de la tech tirent la sonnette d’alarme au sujet des effets de plus en plus préjudiciables de la force du shekel sur l’industrie et l’économie d’Israël, tout en exhortant la Banque centrale d’Israël et le ministère des Finances à intervenir pour ralentir l’appréciation de la monnaie.
la Communauté du Times of Israël !







