La Park Slope Coop a voté en faveur du boycott d’Israël. Et maintenant ?
L'UJA-Federation a lancé des marchés gastronomiques israéliens et envoyé des milliers de snacks à des banques alimentaires, suite à la décision controversée prise par un grand magasin, la semaine dernière, d'interdire les produits israéliens
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

New York Jewish Week, via JTA — Face au boycott des produits israéliens qui a été décrété par une épicerie de Brooklyn, les institutions juives ont décidé de réagir en achetant massivement des snacks Bamba.
Dimanche, ce sont quatre mille sachets gratuits de cette collation israélienne au beurre de cacahuète qui ont été distribués par des bénévoles de l’UJA-Federation of New York tout au long du parcours du défilé d’Israël sur la Cinquième Avenue.
Cette initiative a été la première réaction apportée par l’organisation au résultat controversé du vote organisé la semaine dernière à la Park Slope Food Coop, une épicerie de Brooklyn fonctionnant sur un système d’adhésion, qui a décidé de boycotter les produits israéliens. Le Bamba, symbole de l’industrie israélienne des snacks, est l’un des produits qui ont été retirés de la vente suite à cette décision.
La distribution des Bamba a été coordonnée par l’UJA, l’un des sponsors du défilé, et par l’association à but non lucratif Met Council, qui diffusera également ces snacks via son réseau de banques alimentaires. (L’UJA avait initialement acheté 20 000 sachets la semaine dernière, dans le sillage du vote de la coopérative.) Les snacks ont été acheminés par camion jusqu’aux locaux de l’UJA vendredi.
Le Met Council distribuera les Bamba restants aux centaines de banques alimentaires qui bénéficient de ses livraisons de denrées, notamment les 14 qu’il possède et qu’il administre, d’ici la semaine prochaine, a annoncé le PDG David Greenfield à la Jewish Telegraphic Agency.
« Ils ont intelligemment décidé de tirer parti de la situation », a ajouté Greenfield, évoquant l’initiative de l’UJA. (Il a toutefois noté que certaines banques alimentaires pourraient refuser les Bamba, redoutant des réactions chez les clients allergiques aux arachides.)
Les Bamba viendront s’ajouter aux collations habituelles qui sont proposées gratuitement aux bénéficiaires des banques alimentaires. Une partie sera également livrée directement aux survivants de la Shoah membres du réseau du Met Council.
Le défilé de la « Journée d’Israël », dimanche, a offert un répit aux membres de la communauté juive, dont certains se sentaient marginalisés depuis le vote de la coopérative le 26 mai. Mais il a également soulevé la controverse suite à la décision du maire de New York, Zohran Mamdani, de ne pas y participer – une première pour un maire – et suite à l’apparition surprise du ministre des Finances israélien d’extrême droite, Bezalel Smotrich.
Mais pourquoi acheter en gros cette collation israélienne très appréciée, plutôt que d’encourager les épiceries locales à se procurer ce produit et d’autres articles israéliens ?
« Plusieurs idées sont sur la table », a déclaré Hindy Poupko, vice-présidente principale de l’UJA-Federation, à la JTA. « Nous avons voulu faire quelque chose immédiatement après le boycott, afin de manifester notre solidarité à l’égard des membres de la coopérative qui étaient opposés à ce boycott, et en reconnaissance de tout le travail qu’ils y ont consacré. Nous avons tenu à montrer à notre communauté que nous sommes capables de réagir rapidement face à ce genre de situation, et que nous serons toujours aux côtés des coopératives qui travaillent ensemble – et non de celles qui participent à des boycotts. »
Selon Poupko, l’une des options envisagées par l’UJA consiste à organiser dans plusieurs centres communautaires juifs un marché consacré à Israël, où les visiteurs pourront acheter des produits israéliens.
Certains militants ont même lancé des poursuites judiciaires contre la coopérative, dans l’espoir de voir ces articles réintégrer les rayons.
Un groupe de militants pro-israéliens a quant à lui déposé une requête en cessation et abstention en réponse au boycott, arguant que celui-ci est illégal et discriminatoire.
Jeffrey Lax, professeur de droit à la CUNY, a annoncé mercredi dans un message publié sur le réseau social X qu’il a porté plainte auprès de la Division des droits de l’Homme de l’État de New York au nom de son groupe de défense des Juifs, au motif que ce boycott enfreint une loi de l’État interdisant le boycott ou la mise sur liste noire de produits sur la base de catégories protégées, parmi lesquelles l’origine nationale.
« Au lieu de rassembler les gens, cette institution communautaire a choisi d’aliéner nombre de ses membres juifs de longue date et leurs alliés, en interdisant une poignée de produits israéliens », a affirmé l’ADL de New York/New Jersey dans un communiqué diffusé jeudi sur X. « Cette mesure ne contribue en rien à faire avancer la paix au Moyen-Orient. Au contraire, la rhétorique odieuse à l’égard d’Israël et des Juifs invoquée pour justifier l’interdiction de ces produits contribue à renforcer le climat d’antisémitisme qui règne à New York. »
La coopérative elle-même n’a pas répondu aux demandes de commentaires de la JTA. Les militants favorables au boycott, qui a été adopté à une majorité de 67 %, ont invité la JTA à se reporter au communiqué de presse qui avait été diffusé immédiatement après le vote la semaine dernière.
« La victoire de ce soir est la preuve que les mouvements coopératifs constituent des modèles puissants pour mettre en œuvre la solidarité et la démocratie participative », avait déclaré Taylor Pate, candidate au conseil d’administration de la coopérative, dans un communiqué publié le 26 mai.
Outre les Bamba, le boycott de la Park Slope Food Coop touche également diverses variétés de poivrons vendus uniquement en hiver, des kakis, de l’huile d’olive, des produits à base de sésame et les cubes d’herbes surgelées Dorot. Deux de ces marques, Al Arz Tahini et l’huile d’olive Equal Exchange, sont fabriquées, au moins en partie, par des Arabes israéliens.
Interrogé sur les résultats du vote de la coopérative, Mark Treyger, PDG du Jewish Community Relations Council (JCRC), a renvoyé la JTA, par l’intermédiaire d’un porte-parole, à un sermon prononcé le 9 mai par la rabbine de la congrégation Beth Elohim, Rachel Timoner, dans lequel elle dénonçait « un exemple hyperlocal d’une guerre par procuration ».
« Si ce boycott visait à faire évoluer la politique d’Israël ou à permettre la création d’un État palestinien, ou encore s’il avait pour objectif d’assurer la sécurité, la liberté et l’égalité tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens, nous serions très nombreux à le soutenir », avait ajouté Timoner. « Mais l’objectif du mouvement BDS n’est pas celui-là. »
Timoner avait ainsi clairement exprimé sa position sur le boycott à la coopérative au cours d’un sermon prononcé quelques jours après le vote.
« Je pense effectivement que l’antisémitisme est très présent dans tout le débat sur Israël », avait dit Timoner dans son sermon du 29 mai. « Mais la grande majorité de ceux qui ont voté en faveur du boycott essayaient simplement de faire savoir que ce qui arrive aux Palestiniens est inacceptable. »
Un représentant de Nestlé, la société mère d’Osem, le fabricant des snacks Bamba, n’a pas répondu à notre demande de commentaires concernant ce boycott.
À cause de ce boycott, les habitants de Brooklyn auront un point de vente de moins pour acheter des Bamba, des snacks désormais omniprésents qui sont vendus depuis dix ans chez Trader Joe’s et auxquels on attribue le mérite d’avoir réduit la prévalence des allergies aux arachides en Israël.
À New York, il existe au moins un autre endroit où Bamba était autrefois disponible et ne l’est plus. En mars 2021, à l’ouverture de la saison de baseball, Bamba et les New York Mets avaient conclu un partenariat prévoyant la vente de snacks dans les principaux kiosques du stade. L’année suivante, l’équipe de baseball et la marque de collations avaient lancé un jeu-concours permettant aux enfants de gagner des billets gratuits pour un match.
Depuis l’annonce faite en mars 2023 concernant le renouvellement de leur partenariat pour la saison, Bamba ne s’est plus exprimé publiquement à ce sujet. Les Mets n’ont pas répondu à notre demande de commentaires.
... alors c’est le moment d'agir ! Le Times of Israël vous fournit chaque jour les informations qui vous intéressent. Qu'il s'agisse de la politique, de la high-tech en Israël, de l'enseignement de la Shoah, des Juifs de Diaspora ou bien encore de l'archéologie, de la culture et de l'environnement en Israël : nous tâchons toujours de couvrir un large spectre des sujets qui vous concernent, alors si vous le pouvez, aidez-nous à continuer à vous offrir ce contenu de qualité indispensable, surtout depuis le 7-Octobre.
la Communauté du Times of Israël !







