Un suspect arrêté pour un incendie criminel dans une synagogue de Montréal
Une fenêtre a été brisée et des dégâts légers ont été constatés dans le Temple Emanu-El-Beth Sholom, qui avait été la cible, l'an dernier, de graffitis représentant des croix gammées ; "Nous ne sommes pas surpris", dit la rabbin

La police canadienne a arrêté un suspect dans la matinée de vendredi, suite à un incendie criminel qui a été perpétré dans la nuit contre une synagogue de Montréal. Il s’agit du dernier acte de violence en date visant la communauté juive, dans un contexte de recrudescence de l’antisémitisme au Canada.
Cette attaque qui a visé le Temple Emanu-El-Beth Sholom n’a fait aucun blessé. Le bâtiment n’a subi que des dégâts mineurs causés par les flammes avant que l’incendie ne soit maîtrisé. Une vitre a également été brisée, apparemment avec l’intention de mettre le feu à l’intérieur de la synagogue.
Selon la chaîne publique CBC, le suspect a été identifié comme étant Steven Luu, âgé de 38 ans. Il est notamment accusé d’incendie criminel et de possession de matériaux incendiaires et explosifs, mais il n’est pas soupçonné d’avoir commis un crime de haine à ce stade. La police a néanmoins précisé que l’enquête se poursuivait.
La synagogue a également été prise pour cible l’année dernière : une croix gammée avait été peinte à la bombe sur le bâtiment.
Dans un courriel adressé aux fidèles du Temple Emanu-El-Beth Sholom, la rabbin Lisa Grushcow a dénoncé « le fléau de l’antisémitisme », et a exhorté les forces de l’ordre à redoubler d’efforts, affirmant que « pour faire face à ce fléau, il faut être proactif, et non réactif ».
« Il faut pointer du doigt la manière dont les conflits extérieurs sont importés. Il faut reconnaître que si la critique d’Israël peut être légitime, le fait de diffamer l’État juif et ceux qui l’aiment engendre de la violence à l’encontre des Juifs », a-t-elle ajouté. « Les politiciens ont besoin de courage. Les forces de l’ordre ont besoin de soutien. Les quartiers ont besoin de voisins bienveillants. »
. @bnaibrithcanada is horrified after an arsonist targeted Montréal's beloved @templemontreal , one of the city's oldest synagogues, in the heart of Westmount.
We are in touch with community leaders and our partners in law enforcement. We have urged them to investigate the… pic.twitter.com/HzJwGGy42z
— Paola Samuel (@PaolaSamuel) June 5, 2026
Interrogée par le Canadian Jewish News, Grushcow a fait remarquer que « nous ne sommes malheureusement pas surpris » par cette attaque.
« Nous ne pouvons pas ignorer les tendances générales et la montée incontestable de l’antisémitisme dans notre ville et dans notre pays. Nous constatons également une escalade : une croix gammée taguée sur notre bâtiment au printemps dernier, et aujourd’hui, un incendie criminel », a-t-elle expliqué.
Cet incident survenu au Temple Emanu-El-Beth Sholom s’est produit la semaine même où le Premier ministre Mark Carney a reconnu que le Canada manquait à ses obligations envers ses citoyens juifs et que cette communauté était prise pour cible par une vague de haine violente – annonçant dans la foulée la création d’un nouveau Conseil consultatif ministériel sur les droits, l’égalité et l’inclusion chargé d’examiner la nature, l’ampleur et les causes de l’antisémitisme. Ce conseil évaluera les répercussions de ce phénomène ; des investissements dans l’éducation, la prévention et la sécurité communautaire suivront, a indiqué son cabinet.
L’année dernière, plus des deux tiers de tous les crimes de haine à caractère religieux ont visé des Canadiens juifs, a noté Carney. Les Juifs ne représentent pourtant qu’un pour cent de la population.
Dans un courriel adressé vendredi au Canadian Jewish News après l’attaque contre la synagogue de Montréal, le PDG de la Federation CJA locale, Yair Szlak, a écrit : « Notre communauté n’a pas besoin d’une nouvelle étude pour nous dire ce que nous savons déjà et ce que nous vivons chaque jour », appelant le gouvernement à prendre des mesures contre « l’extrémisme radical ». « Faute de le nommer et de le combattre, c’est le Canada que nous connaissons aujourd’hui qui sera détruit. »
Son groupe a également publié une déclaration conjointe avec le Centre pour les affaires israéliennes et juives, reliant l’incendie criminel à « un climat antisémite toxique », et avertissant que la communauté juive « ne peut pas se permettre d’attendre qu’un ‘Bondi Beach’ se produise à Montréal », une référence à l’attentat terroriste perpétré en décembre dernier, au cours duquel 15 personnes ont été abattues lors d’une célébration de Hanoukka à Sydney, en Australie.







