Des militants de droite manifestent devant le domicile d’Eyal Zamir, l’insultant de « traître »
Les manifestants sont indignés par l'incarcération d'un soldat ayant porté un écusson non autorisé avec l'inscription "Messie" sur son uniforme de combat ; des figures de l'opposition blâment le gouvernement
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Samedi, un petit groupe de manifestants de droite s’est rassemblé devant le domicile du chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, qu’ils ont qualifié de « traître », dans le cadre d’une polémique concernant des soldats ayant orné leurs uniformes de symboles non autorisés.
Selon la chaîne N12, cette manifestation visait à dénoncer l’incarcération par Tsahal d’un soldat pour avoir porté sur son uniforme un écusson non autorisé sur lequel était inscrit « Messie ».
Zamir avait repéré le soldat lors d’une visite dans un poste militaire en Cisjordanie et l’avait interpellé. Le soldat a ensuite été condamné à trente jours de prison.
Les manifestants ont diffusé de la musique à plein volume devant le domicile de Zamir et ont brandi des drapeaux d’Israël, dont l’un semblait également porter l’inscription « Messie ». Le groupe a crié « Les lions de la droite », selon la chaîne N12.
Des cris de « traître » et de « subversif d’Israël » auraient également été entendus, un terme biblique utilisé pour décrire quelqu’un qui cause des ennuis au peuple juif.
Ils ont exigé que Zamir « protège les combattants », et non qu’il les emprisonne.
מול בית רמטכ"ל צה"ל. בזמן מלחמה pic.twitter.com/joEe4PjadC
— Ben Caspit בן כספית (@BenCaspit) May 23, 2026
Les dirigeants de l’opposition ont condamné cette manifestation et ont reproché au gouvernement de droite d’encourager les extrémistes.
Le chef du parti Kakhol Lavan, Benny Gantz, lui-même ancien chef d’état-major de Tsahal, a écrit sur le réseau social X : « Le fait que la politique et la haine aient atteint le domicile du chef d’état-major est un signal d’alarme pour nous tous », et a souligné que la question de la discipline militaire devait relever de la seule compétence des commandants de Tsahal.
Il a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Israel Katz, à soutenir Zamir et les commandants de l’armée, et à condamner les cris de « traître » proférés contre le chef d’état-major.
« Les cris choquants devant le domicile du chef d’état-major franchissent une ligne rouge et constituent un grave signal d’alarme pour l’avenir de la société israélienne », a écrit Gadi Eisenkot, un autre ancien chef d’état-major de Tsahal, aujourd’hui à la tête du parti d’opposition Yashar.
« Qualifier le chef d’état-major, qui commande Tsahal et a lié son destin à la sécurité du pays, de ‘traître’ et de ‘subversif d’Israël’ est une profonde honte et un vide moral. »
Il a fustigé le gouvernement pour ne pas avoir condamné cette manifestation, une décision qu’il a qualifiée de « soumission face à l’agression contre le commandant de Tsahal ».
L’ancien Premier ministre Naftali Bennett, qui brigue lui aussi la succession de Netanyahu, a écrit : « Chaque instant où le Premier ministre et le ministre de la Défense continuent de garder le silence équivaut à un soutien aux accusations de ‘trahison’ qu’ils ont portées contre le chef d’état-major. »
Suite à la condamnation du soldat portant l’écusson au début du mois, certains membres de la coalition gouvernementale ont critiqué Zamir, notamment le ministre des Affaires de la Diaspora, Amichaï Chikli, qui a qualifié cette incarcération de « goutte d’eau qui a fait déborder le vase » dans le comportement du chef de l’armée. Le député Boaz Bismuth (Likud), qui préside la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, a qualifié cette peine de prison de « scandaleuse ».
Le phénomène de soldats arborant des slogans ou des images controversés sur leurs uniformes existait avant les guerres récentes, mais il s’est popularisé parmi les soldats religieux après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
L’an dernier, Tsahal a annoncé une série de changements radicaux dans son code vestimentaire pour les soldats, notamment l’interdiction des écussons non militaires, et a stipulé que les troupes ne pouvaient arborer que des insignes tels que le drapeau d’Israël, leur nom et l’emblème de leur unité.
Malgré cette mesure, l’armée israélienne a fait l’objet d’une attention croissante ces derniers mois en raison du port par ses soldats d’insignes non autorisés portant des messages religieux, messianiques et politiques, en particulier en Cisjordanie, où le niveau sans précédent des attaques contre les Palestiniens perpétrées par des résidents d’implantations a donné lieu à des allégations selon lesquelles certaines troupes ne seraient pas intervenues, voire auraient contribué à ces attaques.
la Communauté du Times of Israël !







