Un soldat tué par un missile antichar du Hezbollah
Le Nord a été visé par des roquettes et des drones ; des frappes de Tsahal signalées au Liban, au moins 5 morts ; le chef du groupe terroriste appelle Beyrouth à cesser la "farce" des négociations, Aoun parle de "dernière chance" de cessez-le-feu global
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Un officier de l’armée israélienne a été tué jeudi dans le sud du Liban dans une attaque au missile guidé antichar du Hezbollah, alors que le groupe terroriste chiite soutenu par l’Iran a rejeté le plan de cessez-le-feu conclu par les gouvernements libanais et israélien dans le cadre des négociations qui ont été menées sous l’égide des États-Unis.
L’armée a annoncé que l’officier tué était le capitaine Eitan Shmuel Lemberg. Agé 21 ans, il était membre du 75e bataillon de la 7e brigade blindée, et il était originaire de Mishmar HaShiva.
Aux alentours de 16 heures, un membre du Hezbollah a tiré un missile antichar sur un char israélien qui menait des opérations au nord du fleuve Litani, provoquant la mort de Lemberg.
Immédiatement après l’attaque, l’armée israélienne a indiqué avoir frappé des infrastructures du Hezbollah dans la région, depuis les airs et à coups d’artillerie.
Cet incident meurtrier est survenu au lendemain d’un accord de cessez-le-feu qui a été conclu entre Jérusalem et Beyrouth – un cessez-le-feu qui a été conditionné à l’arrêt des attaques par le Hezbollah et qui prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans des zones « pilotes » du sud du Liban – libres de toute présence tant des membres du Hezbollah que des soldats israéliens.
Le chef du groupe terroriste chiite libanais, Naim Qassem, a néanmoins rejeté cet accord, arguant qu’il s’agissait d’une « capitulation ». Qassem a fait savoir que son groupe poursuivrait ses bombardements en direction du nord d’Israël tant que les frappes continueraient au Liban. Il a également exhorté le gouvernement libanais à mettre fin à la « farce » que constituent les négociations directes avec Israël.
Dans un communiqué qui a été lu jeudi sur la chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah, Qassem a estimé que les conditions imposées par l’accord – les hommes armés du Hezbollah devront ainsi quitter le sud du Liban actuellement sous le feu ennemi – équivalaient à « une capitulation, à une défaite, avec la consécration des objectifs de l’ennemi ».
Tant que des villages libanais seront bombardés et que des résidents continueront d’être tués, le nord d’Israël ne sera pas en sécurité, a-t-il souligné.
Israël affirme, pour sa part, frapper uniquement les groupes terroristes qui préparent des attaques visant ses soldats et ses communautés.
« Notre priorité est la fin de l’agression, la conclusion d’un cessez-le-feu et le retrait d’Israël », a ajouté Qassem. « Nous ne nous sommes engagés auprès d’aucune partie à abandonner la résistance tant que l’occupation perdurera. »
Malgré les déclarations qui ont été faites par Qassem, le président américain Donald Trump a assuré plus tard dans la journée que le Hezbollah n’avait pas rejeté la proposition de cessez-le-feu.
« Ils ne m’ont pas rejeté », a-t-il dit. « Ils nous ont appelés, et ils ont dit : ‘Que diriez-vous d’arrêter ?’ Je pense que vous allez voir la situation évoluer là-bas. »
« Ce serait vraiment formidable si le Liban pouvait retrouver un peu de paix », a poursuivi Trump, s’adressant aux journalistes dans le Bureau ovale. « J’en ai parlé à Bibi Netanyahu, je l’ai évoqué avec [le Liban] et j’en ai même fait part au Hezbollah. Et je pense avoir enregistré des progrès. »
Des propos qui sont intervenus dans un contexte de poursuite des combats jeudi, alors que les sirènes retentissaient dans tout le nord d’Israël. Le Hezbollah a ainsi tiré deux roquettes en direction des soldats israéliens au Liban, sans faire de blessés.
Dans l’après-midi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu dans la ville de Shlomi, au nord du pays, environ 30 minutes avant le déclenchement des sirènes d’alerte aux drones, a confirmé le cabinet du Premier ministre au Times of Israel. Le chef du gouvernement est revenu sain et sauf.
Au cours d’une rencontre avec des responsables du nord de l’État juif qui était organisée à Shlomi, Netanyahu a réaffirmé l’engagement d’Israël envers « la sécurité des habitants du nord », a rapporté le site d’information Ynet. Le Premier ministre a par ailleurs promis d’investir dans la reconstruction de la région, « tout comme nous l’avons fait dans le sud ».
« Nous allons continuer à agir avec détermination contre toutes les menaces », a ajouté Netanyahu.
Jeudi, le ministre de la Défense, Israel Katz, a indiqué qu’Israël « poursuivra, jusqu’à nouvel ordre, ses tirs et ses opérations au sol ». Les médias d’État libanais ont fait état de plus d’une dizaine de frappes israéliennes jeudi, et ils ont annoncé que cinq personnes avaient été tuées.
L’armée israélienne n’a pas commenté ces informations.
Aoun parle d’une « dernière chance » pour un cessez-le-feu
Israël et le Liban sont officiellement en guerre depuis la création de l’État hébreu en 1948.
Mercredi, les émissaires israéliens et libanais ont participé à un quatrième cycle de pourparlers à Washington, au cours duquel ils ont convenu de créer plusieurs zones de sécurité « pilotes » au Liban – desquelles les terroristes du groupe chiite libanais du Hezbollah seraient bannis.
Les modalités de mise en place de ces zones de sécurité restent encore floues, mais l’accord prévoit que l’armée libanaise en assurera le contrôle total.
Avant la publication de cette déclaration, Téhéran a fait savoir que la revendication fondamentale du Hezbollah était le retrait d’Israël vers ses positions antérieures à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, des propos qui ont été attribués au commandant des Forces al-Quds des Gardiens de la révolution, Esmail Qaani, et qui ont été rapportés par les médias d’État.
Beyrouth, pour sa part, a salué cet accord, le président libanais Joseph Aoun estimant jeudi qu’il constituait « la dernière chance pour parvenir à un cessez-le-feu global ».
« Les résultats de la quatrième série de négociations, ainsi que le communiqué qui a été diffusé à cette occasion et qui comportait des points très importants en faveur du Liban, constituent la dernière chance de conclure un cessez-le-feu global et définitif », a-t-il souligné, précisant que chaque partie « portera la responsabilité » des conséquences en cas de réponse négative.
Le président Aoun a également fait savoir que le Liban informerait les États-Unis de sa position « dès que les réponses des parties internes concernées, en particulier le Hezbollah, auront été reçues » ; il a par ailleurs ajouté que les États-Unis fixeraient la date de début du cessez-le-feu et que « Trump serait le garant direct de sa mise en œuvre ».
De son côté, l’Union européenne a approuvé un nouveau programme d’aide d’un montant de 100 millions d’euros destiné à l’armée libanaise, qu’elle entend ainsi renforcer.
« Le dernier cessez-le-feu entre Israël et le Liban nous offre une chance d’éviter une reprise des hostilités à grande échelle », a écrit en ligne Kaja Kallas, la chef de la diplomatie européenne.
Cinq personnes tuées dans l’est du Liban
Selon l’armée israélienne, « les combats se poursuivent dans le sud du Liban ». Le porte-parole arabophone de Tsahal, le colonel Avichay Adraee, a averti les habitants que « l’armée israélienne continue de prendre pour cible les installations et les infrastructures du Hezbollah situées dans vos villages et à proximité ».
Il a recommandé aux habitants du sud du Liban d’éviter tout déplacement au sud du fleuve Zahrani « jusqu’à nouvel ordre ».
« Quiconque se rend vers le sud met sa vie en danger », a ajouté le colonel Adraee.
L’agence de presse nationale libanaise (NNA) a fait état d’une vingtaine de frappes dans le sud et l’est du Liban jeudi. Certaines ont fait des victimes, notamment un couple et leur fille, qui ont été blessés au cours d’une attaque qui a touché leur voiture.
De plus, cinq personnes ont perdu la vie lors d’une frappe de l’armée israélienne à Sohmor, une ville de l’est du Liban située en dehors de la zone d’évacuation annoncée. Selon certaines informations, cette frappe dans la vallée de la Bekaa a fait plusieurs autres blessés.
L’armée israélienne n’a pas émis de communiqué concernant les cibles des frappes de jeudi.
Mercredi, des soldats israéliens ont tué un membre du Hezbollah lors d’un échange de tirs dans le cadre d’opérations terrestres au nord du fleuve Litani, dans le sud du Liban. D’après l’armée israélienne, ce membre du Hezbollah était armé d’un fusil AK-47. Ce sont des soldats de l’unité de reconnaissance de la brigade Givati qui l’ont repéré, puis abattu lors d’un combat rapproché.
Le Premier ministre rechignerait à une opération terrestre élargie
Netanyahu a convoqué une réunion consacrée à la sécurité aux dernières heures de la soirée de mercredi, afin d’évoquer la situation au Liban. Il aurait alors fait part de ses réticences quant à une opération terrestre de grande envergure dans le pays, invoquant les pressions exercées par les États-Unis contre de telles initiatives.
Au cours de la réunion, l’armée israélienne a présenté au chef du gouvernement et à d’autres ministres une proposition d’opération de grande envergure au Liban, que Netanyahu a accueillie avec des réserves, a rapporté la radio de l’armée Galei Tsahal. Cette information a fait suite à une intervention de Trump, au début de la semaine, qui avait annoncé vouloir mettre un terme aux projets de frappes sur Beyrouth. Elle a aussi suivi les critiques formulées par le président américain à l’encontre de Netanyahu pour son intention d’élargir les opérations contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, élargissement que les États-Unis considèrent comme susceptible de compromettre leurs négociations avec l’Iran.
Pour leur part, Katz et le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir ont soutenu la proposition, selon la radio.
Le cabinet du Premier ministre n’a pour l’instant pas commenté les informations relayées par Galei Tsahal, ni apporté de précisions supplémentaires sur les accords de cessez-le-feu.
Selon Ben Gvir, un cessez-le-feu est une « grave erreur ».
« L’État libanais est le complice du Hezbollah », a-t-il déclaré. « Son gouvernement comprend des ministres qui représentent le Hezbollah, et des proches de membres du Hezbollah servent dans l’armée libanaise. »
« Il faut parfois savoir dire ‘non’, même au président des États-Unis. Si nous ne le faisons pas, nous aurons à affronter le Hezbollah à nouveau, lorsqu’il sera plus fort et plus dangereux », a-t-il averti, appelant à la tenue d’une réunion plénière du gouvernement et à un vote sur le cessez-le-feu.
Un casque bleu tué par un tir de mortier ; l’armée israélienne accuse le Hezbollah
Sur le terrain, un casque bleu serbe affecté à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a été tué dans la soirée de mercredi après que des obus de mortier ont frappé une base de l’ONU dans le sud du Liban.
L’ONU n’a pas identifié les responsables de l’attaque. L’armée israélienne a toutefois déclaré que la trajectoire de tir démontrait qu’elle provenait du Hezbollah.
La FINUL a indiqué que des obus de mortier avaient frappé l’une de ses positions à proximité de Marjayoun, blessant grièvement un membre de la force d’observation, qui a été évacué par avion vers un hôpital de Beyrouth, où il a succombé à ses blessures dans la matinée de jeudi.
« Deux autres casques bleus, également blessés, sont actuellement soignés dans un hôpital de la base de la FINUL », a-t-elle précisé.
La FINUL a annoncé avoir ouvert une enquête « afin de déterminer les circonstances exactes qui ont conduit à ce tragique incident ». Son communiqué n’a mentionné ni le Hezbollah ni l’armée israélienne.
Le ministère serbe de la Défense a fait savoir dans un communiqué que « le sergent-chef Milovan Jovanovic a reçu des soins médicaux d’urgence dans un hôpital de la base après avoir été blessé. Il a ensuite été héliporté jusqu’à l’hôpital universitaire de Beyrouth, où il est décédé ».
❗️ Hezbollah launched mortar shells that hit a UNIFIL position and killed a UN personnel member in southern Lebanon
Overnight, Hezbollah launched several mortar shells that landed inside a UNIFIL force position in the Dibbine area in southern Lebanon—killing a UN personnel… pic.twitter.com/vQ3YnnNWZZ
— Israel Defense Forces (@IDF) June 4, 2026
S’exprimant au sujet de cet incident, l’armée israélienne a déclaré avoir détecté plusieurs tirs de mortier « provenant de la région de Qotrani, effectués par l’organisation terroriste chiite libanaise du Hezbollah, qui se sont abattus sur un avant-poste de la FINUL dans la région de Dibbin, au sud du Liban ».
« L’analyse de la trajectoire des tirs indique clairement que ces tirs ont été effectués par le groupe terroriste du Hezbollah », a ajouté l’armée israélienne.
Fin mars, un casque bleu indonésien avait été tué et un autre était décédé des suites de ses blessures après qu’un projectile a frappé leur base.
Une enquête préliminaire de l’ONU a imputé la responsabilité de cet incident à un tir de char israélien.
Peu après, deux autres casques bleus indonésiens avaient été tués par un engin explosif artisanal qui, selon la même enquête de l’ONU, avait été vraisemblablement posé par le Hezbollah. En avril, deux casques bleus français avaient perdu la vie au cours d’une embuscade que les autorités françaises et l’ONU avaient attribuée au Hezbollah, lequel avait nié toute implication.
Lundi, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que la présence des casques bleus resterait nécessaire au Liban après l’expiration du mandat de la FINUL à la fin de l’année – une suggestion qui risque de se heurter à l’opposition des États-Unis et d’Israël.
L’armée israélienne indique qu’un drone du Hezbollah a failli toucher un haut gradé
Par ailleurs, l’armée israélienne a révélé jeudi qu’un drone FPV (vue à la première personne) chargé d’explosifs et lancé par le Hezbollah s’était abattu à proximité du chef du Commandement du nord de l’armée israélienne, le major-général Rafi Milo, lors d’une visite qu’il effectuait dans le sud du Liban il y a plusieurs semaines.
Selon l’armée israélienne, « cet incident n’a causé aucun dommage et n’a fait aucune victime ». Toutefois, certaines informations laissent entendre que le drone aurait touché le véhicule de Milo peu après qu’il en est sorti.
Depuis cet épisode, l’armée israélienne a modifié ses protocoles concernant les visites des hauts gradés dans le sud du Liban.
La dernière série de combats entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah a débuté le 2 mars, lorsque le Hezbollah a ouvert le feu sur le nord d’Israël, tirant des roquettes, deux jours après que les États-Unis et Israël ont attaqué son principal soutien, l’Iran.
Depuis lors, 26 soldats de l’armée israélienne et un prestataire civil du ministère de la Défense ont été tués dans le sud du Liban, dont 14 depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 16 avril. Deux civils ont également trouvé la mort sous les roquettes du Hezbollah, et un civil israélien a été tué dans le nord par erreur lors d’un tir d’artillerie israélien.
Au Liban, l’armée israélienne a annoncé avoir tué plus de 2 500 membres du Hezbollah, notamment plusieurs centaines de membres de la Force Radwan, l’unité d’élite du groupe terroriste, depuis début mars.
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