« Nous étions totalement brisés » : Rita Yedid, survivante de Nova, porte à l’écran sa résilience
Dans le documentaire "Rita", sorti le 27 mai, la jeune femme raconte comment son mari l'a protégée des tirs du Hamas et témoigne de la douloureuse reconstruction suite au drame
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Rita Yedid a survécu au massacre du festival de musique Nova, le jour de la sanglante offensive du Hamas, le 7 octobre 2023, en se cachant dans la billetterie pendant que son mari la protégeait à l’aide de son propre corps.
Il avait reçu trois balles alors que les terroristes tiraient à travers les portes et les fenêtres.
Aujourd’hui âgée de 35 ans, Rita Yedid est mère de deux enfants, dont un bébé de six mois. Elle est e cœur d’un documentaire, « Rita », dont la première a eu lieu le 27 mai dernier à la Cinémathèque de Tel Aviv.
Ce documentaire de 55 minutes plonge les spectateurs dans cette lutte acharnée pour la vie au cours de laquelle sa soeur, son mari et elle se sont cachés, avec d’autres festivaliers, dans la billetterie du festival.
Guy a été touché à trois reprises au bas de l’abdomen alors qu’il était allongé sur Rita, avant qu’ils ne soient secourus par l’armée israélienne aux environs de 14h30, soit huit heures après le début de l’attaque.
Les difficultés personnelles du couple ont commencé au lendemain de l’attaque, à mesure que Guy se remettait de ses blessures par balle et que le couple a pris conscience de ce qui était arrivé, à eux et aux autres, ce jour-là.
« Le film parle de la survie et de la façon dont on continue à vivre », explique Rita Yedid. « De ce que ça fait de vivre en sachant que l’on a tant de choses à surmonter. »
Cela faisait longtemps que Rita et son mari fréquentaient les festivals de musique techno en pleine nature : elle avait commencé lorsqu’elle vivait aux États-Unis, soit pendant dix ans. Dans le milieu de la fête, on la connaissait sous le nom de « Wonder Rita ».
« Je suis le genre de personne qui peut tout faire. Planter un clou dans un mur, voir ce dont les gens ont besoin, j’ai toujours une longueur d’avance », confie Rita, qui a créé son propre logo, une réinterprétation de l’emblème de Wonder Woman incarnée par l’actrice Gal Gadot.
Le couple s’est marié en mars 2021, alors que Rita était enceinte de six mois de leur fils aîné, Om, qui a aujourd’hui 5 ans.
Le 6 octobre, ils s’étaient rendus au festival avec la sœur de Rita, Eden Shtivelman, qui travaillait à la billetterie. Ils étaient arrivés à la fête à 22h, après avoir dîné, le vendredi soir, chez leur mère à Ashdod. Ils avaient laissé Om, alors âgé de 2 ans, à la garde de sa grand-mère.
« Ça promettait d’être tellement amusant », raconte Rita. « Nous avions installé une super tente, nous nous étions couchés tôt et nous nous sommes levés à 4 heures du matin pour voir le lever du soleil. »
« Dès que nous nous sommes dirigés vers la piste de danse avec ma sœur, le ciel est devenu noir de roquettes », dit-elle.
Les Yedid ont survécu, mais ils ont eu beaucoup de mal à surmonter les épreuves de l’après 7-octobre.
Traumatisé par le carnage, Guy a insisté pour qu’ils partent vivre en Grèce, et il s’est même fait opérer à l’étranger pour soigner ses blessures.
« Ce n’était pas une bonne idée de quitter Israël », estime Rita.
Selon elle, son mari attendait d’elle une gratitude infinie pour l’avoir protégée ce jour-là. Elle, de son côté, souhaitait surmonter son traumatisme en prenant la parole devant des groupes, en remerciant les soldats en personne. Elle est aussi devenue conférencière sur les questions de motivation — une idée qu’elle avait déjà en tête par le passé.
Le documentaire montre une partie de ce combat, notamment les conversations de Rita avec sa thérapeute et le récit, en larmes, de sa survie devant un jeune public venu se recueillir sur le site de Nova, près du kibboutz Reim.
Le film a été réalisé par Tali Shemesh et Asaf Sudry, un réalisateur et un producteur qui travaillent avec Project SafeHeart, une organisation à but non-lucratif qui a été créée juste après le 7-octobre pour offrir des soins de santé mentale adaptés aux survivants du massacre de Nova.
« C’est difficile de voir sa femme parler de la mauvaise passe que nous traversons », confie Rita. « Cela a beaucoup tendu notre relation. »
Le couple a fini par se séparer avant de se retrouver. Rita est tombée de nouveau enceinte et elle a donné naissance à leur plus jeune fils en décembre 2025.
Aujourd’hui, ils sont séparés, et Rita a précisé que son mari n’avait pas assisté à l’avant-première du film à la Cinémathèque de Tel Aviv.
« Nous étions tellement brisés, cela a brisé notre relation », regrette-t-elle.
Rita explique être toujours sur la voie de la guérison, élevant désormais seule son enfant de 5 ans et son nouveau-né.
Elle aimerait que « Rita » soit vu par les communautés juives du monde entier, pour partager son histoire et transmettre un message de résilience. Elle peut être contactée via son site internet, Wonder Rita.
« Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur », conclut-elle.
... alors c’est le moment d'agir ! Le Times of Israël vous fournit chaque jour les informations qui vous intéressent. Qu'il s'agisse de la politique, de la high-tech en Israël, de l'enseignement de la Shoah, des Juifs de Diaspora ou bien encore de l'archéologie, de la culture et de l'environnement en Israël : nous tâchons toujours de couvrir un large spectre des sujets qui vous concernent, alors si vous le pouvez, aidez-nous à continuer à vous offrir ce contenu de qualité indispensable, surtout depuis le 7-Octobre.
la Communauté du Times of Israël !







