Le leader du parti Yashar, Gadi Eisenkot, ancien ministre et ancien chef de l’armée israélienne, a critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour avoir accepté l’idée du président américain Donald Trump, qui l’a sommé de limiter la lutte de l’armée israélienne contre le Hezbollah au sud du Liban.
Dans une interview accordée à la chaîne d’information N12, Eisenkot a affirmé que l’armée israélienne devait disposer d’une « liberté d’action » contre le Hezbollah, y compris pour le frapper dans son fief de la Dahiyeh à Beyrouth, car « nous perdrons la guerre », le cas échéant, contre ce groupe terroriste.
Netanyahu, a-t-il dit, aurait dû le préciser clairement à Trump, tout en soulignant que Tsahal ne viserait pas les infrastructures nationales libanaises. Trump, qui reconnaît que vaincre le Hezbollah est également dans l’intérêt des États-Unis, aurait compris si l’argument lui avait été présenté de manière efficace, a affirmé Eisenkot.
Eisenkot, qui, dans un sondage qui a été réalisé jeudi par N12, a été préféré à Netanyahu comme Premier ministre pour la première fois, et dont le parti Yashar progresse dans les enquêtes d’opinion, s’est dit certain que « Netanyahu perdra » les prochaines élections. Il a estimé qu’il était impensable que le Premier ministre qui était au pouvoir le 7 octobre 2023, lorsque le Hamas avait pris d’assaut le pays, soit réélu lorsque Israël se rendra aux urnes cet automne.
Netanyahu, a-t-il ajouté, a désormais présidé à deux ans et demi de guerre, au cours desquels, malgré des avancées significatives de l’armée israélienne, aucun succès définitif n’a été remporté contre l’Iran, le Hezbollah ou le Hamas.
Il a attribué cela aux défaillances de Netanyahu en matière de leadership, notamment à son manque de courage et à son mépris pour la stratégie.
Il a aussi appelé le nouveau contrôleur de l’État, Michael Rabello, à refuser de prendre ses fonctions, à la fois parce que le processus par lequel Rabello a été élu mercredi à la Knesset était « corrompu » et parce que son travail antérieur en tant que représentant et conseiller de Netanyahu faisait de lui un choix inapproprié pour ce rôle de contrôleur indépendant.
Le fait que des députés aient sorti leurs téléphones pour filmer ce que la loi exige être un scrutin secret, afin de montrer qu’ils soutenaient le candidat de Netanyahu, a marqué « un nouveau point bas » pour la Knesset, dit-il.
Eisenkot a critiqué le choix de David Zini comme nouveau chef du Shin Bet et de Roman Gofman comme chef du Mossad, tout en saluant leur service au sein de l’armée israélienne et en soulignant qu’il les a commandés et promus tous les deux.
Interrogé sur les propos qui ont été tenus cette semaine par le chef de l’opposition Yair Lapid, qui prédisait qu’Eisenkot rejoindrait Lapid et l’ancien Premier ministre Naftali Bennett sur une liste commune pour les élections, il a dit que cette prédiction était « étrange » et il a affirmé que Lapid et lui ne se sont pas parlé depuis plusieurs mois.
Il avait suggéré qu’ils travaillent tous ensemble pour renverser le « pire gouvernement » de l’histoire d’Israël, notamment en mettant en place un gouvernement fantôme, mais Bennett et Lapid n’avaient pas souhaité adopter cette idée.
Eisenkot a souligné qu’il « ne fera aucun compromis » sur l’obligation pour tous les Israéliens éligibles d’effectuer leur service militaire obligatoire.