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Image principale : Le major général Eli Zeira, sur une photo non datée. (Crédit : Armée israélienne)
Image principale : Le major général Eli Zeira, sur une photo non datée. (Crédit : Armée israélienne)

Comment les erreurs de jugement répétées d’Eli Zeira ont coûté cher à Israël

Décédé fin 2025 à 97 ans, le chef de l’Ama, était considéré par certains comme trop sûr de lui et obstiné, mais le prix de son arrogance n’a été reconnu que trop tard, quelques heures avant la Guerre de Kippour

Lorsque le major général Eli Zeira est décédé à l’âge de 97 ans, l’armée israélienne a perdu son plus ancien et le plus controversé des généraux qui l’ont dirigée pendant la Guerre de Kippour en 1973.

En tant que chef du Directorat du Renseignement Militaire (Aman), Zeira s’est obstiné à bloquer la mobilisation des réservistes jusqu’à ce qu’une attaque surprise de l’Égypte et de la Syrie brise les lignes de front israéliennes, peu fournies en effectifs, et ébranle le sentiment de sécurité du pays pour les années à venir.

Au début de sa carrière militaire, Zeira était considéré par beaucoup comme un futur chef d’état-major. Il a d’abord été aide de camp du ministre de la Défense, Moshe Dayan, puis a commandé une brigade de parachutistes avant d’être envoyé à Washington en tant qu’attaché militaire.

À son retour en octobre 1972, soit un an avant la Guerre de Kippour, il a été nommé chef du Directorat du Renseignement Militaire, une promotion importante dans sa carrière. Six mois plus tard, son sang-froid et son jugement ont été mis à rude épreuve lorsque des rapports ont indiqué que l’Égypte prévoyait d’attaquer à la mi-mai en vue de reconquérir la péninsule du Sinaï, perdue lors de la Guerre des Six Jours.

Dayan et le chef d’état-major de l’armée israélienne, David Elazar, ont alors entrepris de préparer Tsahal à la guerre, un redéploiement baptisé « Kakhol-Lavan ». Zeira a cependant émis des réserves.

Il estimait en effet que les Arabes n’entreraient pas en guerre, car ils savaient qu’ils n’étaient pas prêts. Peu après, l’armée égyptienne s’est retirée.

« J’aurais préféré un chef des renseignements moins sûr de lui »

Zeira a été salué par les initiés comme le seul général à avoir su garder son sang-froid. Ni Dayan ni Elazar ne remirent dès lors en cause ses analyses. Cependant, certains officiers avaient un autre point de vue.

Après sa nomination au poste de chef de l’Aman, Zeira a donné une conférence à des officiers supérieurs de toutes les branches, parmi lesquels le colonel Danny Matt, commandant aguerri d’une brigade de parachutistes. Il avait alors détecté une confiance en soi démesurée dans le discours de Zeira .

En quittant la salle, Matt avait confié à un général qui marchait à ses côtés : « J’aurais préféré un chef des renseignements moins sûr de lui. »

Un officier très respecté qui avait travaillé avec Zeira bien avant la guerre avait déclaré dans un message adressé à des amis : « Cet homme est dangereux. Les faits ne l’intéressent pas. Quelle arrogance ! »

Après la guerre, il s’avéra que Zeira avait eu raison pour l’Opération « Kakhol-Lavan », mais pour de mauvaises raisons.

Le président égyptien Anouar el-Sadate et le ministre israélien des Affaires étrangères Moshe Dayan à l’hôtel King David à Jérusalem, en novembre 1977 (archives Ya’akov Saar / GPO)

Le président égyptien Anouar el-Sadate avait en effet l’intention d’entrer en guerre en mai, mais il avait cédé à la demande de report formulée par son partenaire dans l’attaque prévue, le président syrien Hafez Assad.

L’Union soviétique avait accepté de fournir à Assad des armes sophistiquées, notamment des missiles antiaériens et des chars, et il avait besoin de quelques mois pour les intégrer à ses forces armées.

Vers la fin septembre 1973, Le Caire a annoncé qu’un exercice militaire aurait lieu dans la zone du canal de Suez, du 1ᵉʳ au 7 octobre (Yom Kippour tombait le 6 octobre).

De grands convois ont commencé à arriver chaque nuit derrière les remparts de sable protégeant l’arrière-pays égyptien de toute observation directe. Le bruit des tracteurs et autres équipements lourds a empêché les troupes israéliennes stationnées sur la ligne Bar-Lev de dormir pendant une grande partie de cette nuit-là et des nuits suivantes.

Le 25 septembre, un hélicoptère atterrit devant un bâtiment de l’agence de renseignement du Mossad, non loin de Tel Aviv.

« Votre Majesté », dit la Première ministre Golda Meïr au roi Hussein de Jordanie qui descendait de l’hélicoptère et lui tendait la main.

Espérant éviter une nouvelle guerre avec Israël, il était venu avertir que l’Égypte et la Syrie prévoyaient une attaque conjointe. Il voulait clairement faire savoir qu’il n’avait pas l’intention de les rejoindre.

Une position militaire israélienne à Ras Sedr, dans la péninsule du Sinaï, pendant une tempête de sable ou sous les bombardements, le 6 octobre 1973, pendant la Guerre de Kippour. (Crédit : Michael Tzarfati/ Archives du ministère de la Défense)

Israël avait déjà reçu onze avertissements de guerre provenant de sources de renseignement étrangères en septembre.

Un an auparavant, l’armée israélienne avait mis en place ce qu’elle considérait comme son propre système d’alerte jugé infaillible.

Des techniciens, escortés par une équipe de commandos, avaient été transportés par hélicoptère après la tombée de la nuit jusqu’au sommet d’une colline située derrière les lignes ennemies, où se trouvait un centre de communication égyptien. Les techniciens avaient installé des dispositifs d’écoute sur les lignes desservant les bases militaires susceptibles d’être impliquées dans une attaque surprise. Le système, baptisé « Special Means », avait été brièvement testé, puis désactivé afin d’éviter toute détection.

Au cours de l’Opération « Kakhol-Lavan » il avait été activé et avait confirmé que les Égyptiens n’allaient pas entrer en guerre.

Elazar ignorait toutefois que de nombreux officiers de l’Aman sous le commandement de Zeira n’approuvaient pas sa tendance à minimiser constamment les risques de guerre, malgré les signes contraires.

À deux reprises au cours de la semaine précédant Yom Kippour, Elazar avait demandé à Zeira s’il avait activé le « Special Means », malgré l’évaluation constante du Directorat des Renseignements militaires qui estimait la probabilité d’une guerre « faible ».

Zeira avait laissé entendre à Elazar qu’il avait activé le système. Or, ce n’était pas le cas : il voulait éviter le risque que les Égyptiens détectent les transmissions.

Lorsque Dayan lui posa la même question, Zeira fit activer le système pendant une dizaine d’heures, mais celui-ci ne détecta que des conversations anodines.

Inquiétudes accrues

Le colonel Yoel Ben-Porat, commandant émérite de la section du renseignement d’origine électromagnétique du Directorat des Renseignements militaires, qui surveillait le monde arabe et au-delà, était de plus en plus troublé par les informations recueillies par son équipe.

Il appela Zeira chez lui, d’où il avait appelé pour se faire porter malade pendant plusieurs jours, afin de lui demander l’autorisation de mobiliser 200 réservistes de l’Aman pour aider à la surveillance.

La réponse de Zeira fut catégorique : « Yoel, écoutez-moi bien, je ne vous autorise pas à envisager de mobiliser ne serait-ce qu’une fraction des réservistes. Le travail [du Directorat des Renseignements militaires] consiste à préserver le calme de la nation, pas à rendre le peuple fou, ni à nuire à l’économie. »

Le colonel Yoel Ben-Porat, sur une photo non datée (Crédit : Wikipedia)

Malgré l’agacement dans la voix de Zeira, Ben-Porat persista, demandant l’activation des moyens spéciaux. Zeira refusa.

« À quoi sert ‘Special Means’, si ce n’est pour des situations comme celle à laquelle nous sommes confrontés ? », avait demandé Ben-Porat, exaspéré.

« Les situations que vous voyez ne sont pas celles que je vois », lui avait répondu Zeira.

Ce que Zeira voyait, c’était la perspective héritée de ses prédécesseurs, qui disposaient d’informations selon lesquelles l’ancien président égyptien Gamal Nasser était déterminé à reprendre le Sinaï, mais seulement une fois que l’Union soviétique lui aurait fourni des avions capables de bombarder les bases aériennes israéliennes et des missiles « Scud » capables de frapper Tel Aviv, ces derniers servant de moyen de dissuasion contre une attaque israélienne sur Le Caire.

Comme les Soviétiques n’avaient pas encore fourni les avions ni les missiles, Zeira s’en tenait à sa prévision d’une « faible probabilité » de guerre.

Un autre officier supérieur préoccupé par l’échec de la mobilisation était le général Israel Tal, adjoint au chef d’état-major.

Il téléphona à Zeira dans son bureau, situé un étage au-dessus de celui de Tal aux quartiers généraux de l’armée, et lui demanda s’il pouvait monter pour lui parler. Zeira accepta.

Tal déclara qu’Elazar était prêt à ordonner la mobilisation, mais qu’il ne pouvait le faire tant que le Directorat des Renseignements militaires maintenait son évaluation de « faible probabilité ».

Comment pouvait-il justifier la mobilisation si l’Aman insistait sur le fait que les probabilités d’une guerre étaient faibles ?

Tal implora Zeira de revoir son évaluation.

Zeira lui répondit qu’il était l’expert en matière d’évaluation des intentions de l’ennemi, et non lui.

Commandant de longue date du Corps Blindé Mécanisé, affirma qu’il était l’expert en matière de guerre des chars et que si les Syriens attaquaient avec trois divisions, comme cela semblait probable, les forces blindées israéliennes actuellement stationnées sur le plateau du Golan n’avaient aucune chance.

Zeira resta inflexible.

Zvi Zamir s’exprimant lors d’un service de commémoration marquant le 21ᵉ anniversaire de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, au cimetière du mont Herzl, à Jérusalem, le 4 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le principal critique de Zeira était le chef du Mossad, le major général (à la retraite) Zvi Zamir.

Les deux hommes entretenaient une relation qui relevait davantage de la rivalité que d’une collaboration fructueuse.

En tant que chef des services de renseignement, Zeira faisait partie intégrante de la structure de commandement de Tsahal, contrairement à Zamir.

Ce dernier ne rendait compte qu’à la Première ministre et, occasionnellement, à Dayan.

L’avant-poste Hermon de l’armée israélienne, sur le plateau du Golan, pendant la Guerre de Kippour, le 20 octobre 1973. (Crédit : Archives du ministère de la Défense)

Zeira choisit de considérer Ashraf Marwan, la principale source d’informations du Mossad sur le monde arabe et le gendre de Nasser, comme un agent double, malgré les informations précieuses qu’il continuait de fournir.

L’une des principales critiques de Zamir à l’encontre de Zeira était qu’il ne citait jamais ses sources lorsqu’il formulait des évaluations, même dans des forums officiels tels que l’état-major général. Il ne fournissait même pas les raisons pour lesquelles il évoquait fréquemment la « faible probabilité » d’une guerre.

Dans ses mémoires, Zamir a écrit : « Il ne me serait jamais venu à l’esprit, lors d’une réunion avec la Première ministre ou le ministre de la Défense, de ne pas leur dire sur quoi reposaient mes évaluations et mon appréciation de la crédibilité de ces sources. »

« Zeira disait que d’un point de vue rationnel, ce serait une erreur pour l’Égypte de déclencher une guerre, sans préciser quelle pourrait être la logique de Sadate », a-t-il écrit.

Sadate créa son propre « concept »

Sadate en vint à considérer le plan de son prédécesseur Nasser comme irréaliste.

Au début de l’année 1973, il mit au point un nouveau plan avec ses généraux : une traversée massive du canal et la mise en place de défenses puissantes à plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres, où ils attendraient une intervention diplomatique internationale sous la protection de redoutables missiles antiaériens de fabrication soviétique.

Et c’est ainsi que les choses se passèrent, du moins pendant un certain temps.

Le président égyptien Anouar el-Sadate, entouré de ses généraux, examinant les cartes du déroulement des combats dans le désert de la péninsule du Sinaï, au quartier général de l’armée égyptienne, au Caire, le 15 octobre 1973. (Crédit : AP Photo)

Ce nouveau « concept » égyptien, comme l’appelaient les Israéliens, a été révélé au Mossad par Marwan en février, puis transmis au Directorat du Renseignement Militaire.

Cependant, Zeira était convaincu que le seul plan égyptien « rationnel » était celui de Nasser, et il n’a pas pris en considération le plan de Sadate présenté par Marwan, qu’il qualifiait d’agent double.

Sadate était déterminé à entrer en guerre avec les moyens dont il disposait pour faire avancer ses objectifs politiques.

Le plan initial de Nasser prévoyait une longue phase d’acquisition d’armes. Cependant, l’Aman continuait à se concentrer sur le concept de Nasser, ce qui expliquait son mantra de « faible probabilité », car l’Égypte ne disposait pas des armes soviétiques nécessaires.

Comme le souligne le rapport de la Commission Agranat : « [Le Directorat des Renseignements militaires] n’a pas réussi à comprendre la logique stratégique et les implications opérationnelles de la possibilité que l’Égypte se contente de gains limités sur le terrain pour obtenir des gains politiques. »

Dans une lettre adressée à la Commission Agranat après son interrogatoire, Zeira avait déclaré : « Nous n’avons pas considéré que cette information [concernant le nouveau ‘concept’ de Sadate] apportait un élément nouveau à l’évaluation existante, et nous espérions peut-être recevoir bientôt des informations plus significatives. »

La population israélienne n’était pas au courant de tout cela.

Le peuple ignorait également qu’un important renforcement des forces ennemies était en cours sur les fronts égyptien et syrien, et qu’une tension palpable régnait dans les hautes sphères de Jérusalem et de Tel Aviv.

L’espion égyptien Ashraf Marwan, sur une photo non datée. (Crédit : Raafat/Wikimedia Commons)

Le Cabinet ignorait lui aussi que la guerre était envisagée, à l’exception de deux ministres aguerris ayant une expérience militaire et conseillant Golda Meïr depuis longtemps.

Dans la nuit du jeudi 4 octobre, soit à peine trente heures avant l’attaque du monde arabe, l’état-major avait prévu une réunion dont l’ordre du jour ne comportait qu’un seul point : la discipline dans les rangs, avec un accent particulier sur le code vestimentaire.

La presse était également discrète, à l’exception de quelques paragraphes intrigants publiés en première page du journal Maariv quelques heures avant la veille de Yom Kippour, qui faisaient état de tensions croissantes sur le plateau du Golan.

Le journaliste militaire qui avait rédigé cet article était le frère d’un commandant de bataillon de chars sur la ligne de front, face à un déploiement massif de troupes syriennes qui, dans les heures à venir, allait submerger son bataillon, comme Tal l’avait prédit, ouvrant ainsi la voie aux Syriens vers le Golan.

« Agissons comme s’il allait y avoir une guerre »

À 12 h 30, le vendredi, le Directorat des Renseignements militaires a publié son dernier bulletin avant la guerre. Il y était fait état de préparatifs militaires importants en Égypte et en Syrie, et il était indiqué que la guerre était imminente.

« Cependant, nous supposons que les dirigeants stratégiques en Égypte et en Syrie sont conscients de l’absence de toute chance de succès. »

Le long du canal de Suez, 450 soldats israéliens attendaient dans les forts de la ligne Bar-Lev, appuyés par 90 chars. De l’autre côté du canal, encore invisibles derrière les remparts, se trouvaient 100 000 soldats égyptiens et 1 350 chars. Des rapports de force similaires prévalaient le long de la ligne de front du Golan.

Les troupes israéliennes se précipitant vers la frontière nord au moment du déclenchement de la Guerre de Kippour, le 7 octobre 1973. (Crédit : Eitan Harris/GPO)

Les rapports de force allaient devenir un peu plus équilibrés lorsque les divisions de réserve israéliennes atteindraient les champs de bataille dans les deux jours suivants.

Ce serait Zamir, du Mossad, et non Zeira, de l’Aman, qui enterrerait la « faible probabilité » après une réunion nocturne à Londres, la veille de Yom Kippour, avec Marwan, qui annonçait que la guerre éclaterait le lendemain sur deux fronts.

Arrivé tôt le lendemain matin aux quartiers généraux de Tsahal, Elazar rencontra Zeira, qui affirmait que Sadate n’entrerait pas en guerre.

Le chef d’état-major choisit de prendre cela avec humour.

« Agissons comme s’il y avait une guerre. »

L’une des premières mesures prises par Elazar après le déclenchement de la guerre fut de réaffecter les officiers du Directorat des Renseignements militaires les plus proches de Zeira, bien qu’il maintint ce dernier à son poste pour des raisons qui ne sont pas claires.

Le cinquième jour, Elazar déclara : « Cette guerre ne peut être gagnée. »

Au 18ᵉ jour, Tsahal était en route vers Le Caire et bombardait Damas, et c’est là que tout s’est terminé.

Zeira a occupé avec compétence le poste de chef des services de renseignement de l’armée pendant cette double offensive. Mais la Commission Agranat l’attendait.

La commission recommanda le renvoi de Zeira de son poste de chef des services de renseignement « pour manquements graves ».

L’armée israélienne dans son ensemble a été critiquée pour avoir laissé sa doctrine militaire « stagner » depuis la Guerre des Six Jours.

Le chef d’état-major Elazar fut également contraint de quitter l’armée, malgré le respect que lui portaient ses collègues pour son leadership inébranlable pendant la guerre.

Le chef d’état-major israélien David Elazar (2ᵉ à partir de la droite) et le futur Premier ministre israélien Yitzhak Rabin (à gauche) atterrissant près des positions de première ligne sur le plateau du Golan pendant la guerre de Kippour, le 9 octobre 1973. (Crédit : Eitan Haris/GPO/AFP)

Zeira partit étudier pendant un an à l’Université de Stanford, puis démissionna de l’armée. Il occupa ensuite des fonctions de consultant auprès de gouvernements étrangers. Il continuait à décrire Marwan comme un agent double, mais rares étaient ceux qui partageaient son avis au sein des services de renseignement.

En réalité, Marwan continua pendant des années, après la guerre, à fournir à Israël des renseignements provenant du monde arabe, en échange d’honoraires confortables.

La population israélienne a regardé Zeira avec mépris pour avoir bloqué la mobilisation et pour avoir tenté de minimiser son rôle en affirmant que d’autres personnes, notamment des personnalités politiques, partageaient la responsabilité de ce qui s’était passé lors de la Guerre de Kippour.

Son erreur avait été trop grave et son raisonnement trop simpliste pour qu’un seul homme en assume la responsabilité. Et ce ne fut pas sa dernière erreur.

Le général de division Eli Zeira (2ᵉ à partir de la droite) examinant une carte en compagnie d’autres hauts gradés au quartier général du Commandement du Nord, octobre 1973. (Crédit : Unité du porte-parole de l’armée israélienne)

Des décennies après la guerre, il révéla à la presse l’identité de l’espion égyptien qui avait longtemps été la meilleure source des services secrets israéliens.

L’histoire fut reprise par la presse égyptienne et, peu de temps après, Marwan sauta – ou fut poussé – du balcon de son appartement londonien, se tuant sur le coup.

L’historien israélien Aviram Barkaï, dans ce qui pourrait être la dernière interview accordée par l’ancien chef du Directorat des Renseignements militaires, cite Zeira qui aurait déclaré : « Mes actions à la veille de la Guerre de Kippour ont été la plus grande erreur de ma vie. »

L’auteur est l’écrivain de The Yom Kippur War: The Epic Encounter That Transformed the Middle East (« La Guerre de Kippour : la rencontre épique qui a transformé le Moyen-Orient »), aux éditions Schocken, The Boats of Cherbourg (« Les bateaux de Cherbourg »), The Battle for Jerusalem (« La bataille de Jérusalem »)

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