Consul d’Israël à NY : autoriser les transferts d’argent du Qatar vers Gaza a été une erreur

Pour Ofir Akunis, ces fonds 'ont essentiellement permis au Hamas de creuser les tunnels', contredisant l'affirmation de Netanyahu selon laquelle cet argent n'a joué aucun rôle dans l'attaque du 7 octobre

Ofir Akunis lors d'une conférence, à Tel Aviv, le 17 janvier 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Samedi, le consul général d’Israël à New York a déclaré que la politique menée depuis des années par le gouvernement pour faciliter l’acheminement des fonds qataris vers la bande de Gaza administrée par le Hamas était une « grave erreur », qui avait permis au groupe terroriste palestinien de bâtir son réseau de tunnels.

« C’était une grave erreur, qui a essentiellement offert au Hamas la possibilité de construire ses tunnels grâce aux fonds du Qatar », a indiqué Ofir Akunis, membre de longue date du parti au pouvoir, le Likud, à la chaîne publique Kan.

Akunis a affirmé avoir fait part au Premier ministre Benjamin Netanyahu de son opposition à cette politique, qui « n’a pas été soumise au vote du gouvernement ».

Des propos qui ont semblé fortement contredire Netanyahu, qui a toujours nié que l’argent envoyé par le Qatar à Gaza – que Jérusalem a sollicité et apprécié, ainsi que le montrent des documents obtenus par le Times of Israel au début de l’année – ait pu servir à financer l’invasion du sud d’Israël par le Hamas le 7 octobre 2023.

En mai, au cours d’une conférence de presse sur la question, Netanyahu avait expliqué que le Hamas avait lancé son attaque en sandales, armé de fusils AK-47 et à bord de camionnettes, des équipements peu coûteux – contrairement aux armes sophistiquées dont dispose Israël, notamment des avions de combat furtifs F-35 ou des chars.

Il avait également estimé que les tunnels que le Hamas était susceptible de creuser grâce aux fonds qataris n’atteignaient pas Israël, grâce à une barrière souterraine que lui-même avait ordonné de construire.

Des Gazaouis laissent éclater leur joie non loin d’un char israélien détruit au niveau de la barrière frontalière entre Israël et Gaza, à l’est de Khan Younès, le 7 octobre 2023. (Crédit : AP/Yousef Masoud)

La barrière de sécurité érigée entre Israël et Gaza, qui incluait un mur souterrain et des fortifications maritimes, n’a pas suffi à arrêter l’assaut mené par le Hamas. Des milliers de terroristes ont en effet détruit la barrière en surface à l’aide de bulldozers, ou l’ont intégralement contournée à l’aide de planeurs ou de bateaux.

Selon des documents saisis à Gaza au cours de la guerre contre le Hamas et publiés par la chaîne d’information N12 en juin, les paiements du Qatar au Hamas étaient suffisamment importants pour qu’en décembre 2019, le chef du bureau politique de l’époque, Ismail Haniyeh, déclare au ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed bin Hamad Al Thani, que les transferts d’argent de cet État du Golfe vers Gaza constituaient « l’artère principale du Hamas ».

Au delà des subventions mensuelles versées depuis des années, le rôle du Qatar dans le soutien au Hamas est devenu un enjeu majeur en Israël au cours de l’année écoulée. Une question qui a encore pris davantage d’ampleur en raison de l’enquête criminelle en cours sur les liens illicites présumés entre Doha et certains des principaux collaborateurs de Netanyahu, soupçonnés d’avoir mené une campagne de relations publiques en faveur du Qatar après l’attaque du 7 octobre, malgré les liens étroits entre cet État du Golfe et le Hamas.

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