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Sur cette photographie non datée, de jeunes enfants jouent avec des dreidels pour célébrer la fête de Hanoukka dans un jardin d’enfants juif géré par Chabad à Bichkek, Kirghizistan. (Crédit : Fédération des communautés juives de la CEI)
Sur cette photographie non datée, de jeunes enfants jouent avec des dreidels pour célébrer la fête de Hanoukka dans un jardin d’enfants juif géré par Chabad à Bichkek, Kirghizistan. (Crédit : Fédération des communautés juives de la CEI)

Dans les coulisses du sauvetage de l’unique école juive du Kirghizistan

Lorsque Pri Etz Haim-Ort a reçu un avis d’expulsion, un dirigeant juif a obtenu qu’Israël, l’UE et les USA fassent pression sur les autorités pour aider la petite communauté

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

La petite communauté juive du Kirghizistan bénéficie de (très) peu de soutiens.

Avec une communauté réduite à quelques centaines de Juifs seulement, peu nombreuses sont les organisations juives internationales à maintenir une présence significative dans ce pays relativement pauvre de l’ex-Union soviétique, éloigné de toute communauté juive importante. Essentiellement agraire et peuplé d’un peu moins de 7 millions d’habitants, le Kirghizistan n’a même pas d’ambassadeur israélien (il se trouve au Kazakhstan voisin), ni d’envoyé en Israël.

Ainsi, lorsque l’unique école juive du Kirghizistan, Pri Etz Haim-Ort, dans la capitale du pays, Bichkek, a reçu un avis d’expulsion le mois dernier, la communauté n’a pas eu pléthore de portes auxquelles frapper.

Le chef de la communauté et directeur de l’école, Vladimir Kritsman, a contacté Robert Singer, figure éminente – et de longue date – de la communauté juive internationale.

« Il m’a contacté dès qu’il a reçu l’avis d’expulsion. Il n’avait personne d’autre vers qui se tourner », assure Singer, ex-président du Congrès juif mondial, aujourd’hui à la tête de l’organisation caritative Center for Jewish Impact et conseiller principal du mouvement Combat Antisemitism.

Si l’on en croit Singer, qui travaille avec ces communautés depuis des décennies, la communauté juive du Kirghizistan et ses déboires sont représentatifs des nombreuses petites communautés juives à travers le monde, en particulier celles des pays de l’ex-Union soviétique.

« Dépourvues de structures communautaires solides, généralement très pauvres, elles ne jouissent d’aucun soutien institutionnel et ne parlent généralement pas [anglais, langue indispensable] pour exister aux yeux du monde. Cette communauté juive en est un parfait exemple », explique Singer. « Mais ces petites communautés sont parfois plus importantes encore que les grandes. Pour les grandes communautés, il n’y a pas grand-chose à faire. Mais pour une communauté comme celle-ci, on peut littéralement la sauver. »

Des élèves de l’unique école juive du Kirghizistan, Pri Etz Haim-Ort, prennent la parole lors d’une cérémonie commémorative de la Shoah, sur cette photographie non datée. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

L’ex-ambassadeur d’Israël au Kazakhstan et au Kirghizistan, Michael Brodsky, a reconnu que si l’ambassade entretenait des relations avec la communauté juive locale, elle était loin de constituer son sujet d’attention principal.

« Bien sûr, nous entretenons des liens avec eux et suivons de près leur situation et la vie juive qui s’y déroule … Mais le soutien social aux Juifs au Kazakhstan et au Kirghizistan ne fait pas partie des priorités de l’ambassade », déclarait Brodsky en 2018 à un chercheur sur les questions de soft power israélien en Asie centrale.

Ces communautés dépendent généralement d’une ou deux institutions actives qui contribuent à maintenir la cohésion, et sans lesquelles elles s’effondreraient.

« Le facteur de cohésion, c’est l’école. Sans l’école, la communauté disparaîtrait », assure Singer.

L’école a été créée en 1993, peu après la chute de l’Union soviétique, à l’aide de dons d’origine belge, israélienne et américaine, explique Kritsman au Times of Israel, s’exprimant depuis Bichkek par l’intermédiaire d’un interprète.

Kritsman était alors directeur adjoint de l’école. Deux ans plus tard, il devenait directeur, poste qu’il occupe toujours.

Vladimir Kritsman, à gauche, directeur de l’unique école juive du Kirghizistan, Pri Etz Haim-Ort, à son bureau, le 27 juin 2022. (Crédit : Union européenne au Kirghizistan)

« Nous y avons consacré 30 ans de notre vie. Nous avons un grand nombre d’étudiants brillants, des diplômés qui poursuivent leurs études en Israël et rejoignent Tzhahal », précise Kritsman en russe, en utilisant l’acronyme hébreu de l’armée israélienne.

« Nous faisons de notre mieux pour sauver notre école », ajoute-t-il.

Singer indique avoir participé à la création de l’école au début des années 1990, à la tête de World ORT, un groupe chargé de créer et gérer des écoles juives dans le monde entier.

Lorsque Pri Etz Haim-Ort a rejoint l’organisation en 2004, Singer s’est rendu dans cette communauté isolée. Il entretient une relation particulière avec le Kirghizistan, où la famille de sa mère a cherché refuge pendant la Shoah. Sa demi-sœur en bas âge y est d’ailleurs morte et enterrée.

« On m’a toujours dit que [pendant la Seconde Guerre mondiale] le partenariat, les relations et l’amitié entre le peuple kirghize, le peuple musulman et le peuple juif étaient exceptionnels », rappelle Singer.

Une communauté peu connue et isolée

Bordée par le Kazakhstan au nord, l’Ouzbékistan à l’ouest, le Tadjikistan au sud et la Chine à l’est, la population du Kirghizistan est composée à environ 90 % de musulmans sunnites.

Bien que la plupart des Kirghizes soient laïcs, on note la présence toujours plus importante d’islamistes durs dans le pays.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 40 000 Juifs vivaient dans ce qui est aujourd’hui le Kirghizistan. Beaucoup parmi eux étaient réfugiés des régions soviétiques occupées par les nazis. Après la guerre, la plupart sont rentrés chez eux, à l’exception de quelques milliers, qui sont restés.

Un exode massif de Juifs a eu lieu dans le sillage de la chute de l’Union soviétique, au début des années 1990, la plupart avec pour destination Israël. Aujourd’hui, seules quelques centaines de Juifs vivent dans ce pays d’Asie centrale : les estimations oscillent entre 300 et 1 500, suivant la définition retenue car il y a un nombre relativement élevé de mariages interreligieux.

Monument à la mémoire des Juifs soviétiques qui ont cherché refuge au Kirghizistan pendant la Shoah. (Crédit : Center for Jewish Impact)

La communauté juive du Kirghizistan était et, dans une certaine mesure, est toujours composée de trois groupes principaux : les Juifs boukhariens, qui vivent en Asie centrale depuis plus de 1 500 ans, les Juifs de langue persane issus de l’Irak et de l’Iran actuels, que le commerce a conduits ailleurs et enfin les Juifs ashkénazes, qui se sont installés au pays au début du 20e siècle. Aujourd’hui, les Juifs ashkénazes – pour la plupart des descendants de réfugiés de la Shoah – constituent le groupe le plus important.

Situés sur la route de la soie, entre la Chine et l’Europe, les Juifs du Kirghizistan sont mentionnés par les écrits du géographe arabe Al-Maqdisi et de Marco Polo, respectivement aux 11e et 13e siècles.

Dans les années 1900, le Kirghizistan abritait un grand nombre de petites communautés juives très dynamiques, mais la pratique religieuse a été impitoyablement restreinte après la révolution communiste, et particulièrement après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à l’effondrement de l’Union soviétique au début des années 1990. Pendant la dizaine d’années qui a suivi, la communauté s’est trouvée sans rabbin ni vie religieuse structurée. En 2000, le Habad a envoyé le rabbin biélorusse Arie Raichman à Bichkek, où vivent maintenant presque tous les Juifs du Kirghizistan. Lui et son épouse Esther y sont toujours.

Des hommes assistent à des services religieux dans une synagogue à Bichkek, au Kirghizistan, sur une photographie non datée. (Crédit : Fédération des communautés juives de la CEI)

Bien que petite, la synagogue de Bichkek est active – principalement fréquentée par les membres les plus âgés de la communauté – et les Raichman dirigent un petit jardin d’enfants juif. La communauté a même ses propres bulletins mensuels sur les événements locaux, appelés « Maayan », “la source” en hébreu.

Une campagne pour fermer l’école

Depuis des années, un petit groupe d’habitants de Bichkek s’acharne contre l’école Pri Etz Haim-Ort, dont le nom signifie « Fruit de l’arbre de vie », demandant son expulsion. Cette année, leur campagne a pris de l’ampleur lorsque les membres du conseil municipal de Bichkek ont soutenu leur revendication.

Cette campagne – connue sous le nom de Nashe Pravo, ou « Notre droit » – fonde sa revendication – et son rejet de l’école juive – sur le fait que cette dernière occupe les locaux d’une ancienne école maternelle municipale, de nouveau nécessaire aux enfants du quartier. Ils soutiennent ne pas être opposés à l’existence d’une école juive sur le principe, mais souhaitent qu’elle soit située ailleurs afin de libérer le bâtiment pour un usage public. Le même groupe s’est également battu contre d’autres écoles privées de la capitale, bien que ses campagnes sur les réseaux sociaux se soient concentrées sur l’école juive.

Singer estime que cette campagne est de nature antisémite, notant que les stéréotypes juifs et tropes antisémites émaillent nombre de déclarations et publications sur les réseaux sociaux mises en ligne par les partisans de Nashe Pravo.

« On y voit des affiches disant : ‘Les Juifs ont de l’argent, qu’ils se construisent une nouvelle école’ … ou encore : ‘En quoi avons-nous besoin d’une école privée juive dans un pays musulman ?’, rappelle Singer.

En effet, les affirmations selon lesquelles les Juifs sont riches font florès dans nombre de messages et commentaires Facebook du groupe.

Bien que le directeur de l’école, Kritsman, ait déclaré que l’antisémitisme était « certainement » un des moteurs de cette campagne, il l’estime davantage motivée par des intérêts commerciaux, dans la mesure où l’école est située dans un secteur recherché de la ville. Si l’école venait à être expulsée, les promoteurs pourraient utiliser l’espace libéré pour construire un bâtiment très lucratif.

« Mais il est vrai que certains responsables de cette campagne se sont livrés à des attaques antisémites pures et dures contre notre école », confie Kritsman au Times of Israel, soulignant que globalement, la communauté juive entretenait une relation malgré tout très chaleureuse avec une population majoritairement musulmane et que la communauté avait reçu le soutien du gouvernement central.

« Les Kirghizes ont toujours été très tolérants », assure-t-il.

Katharina von Schnurbein, coordinatrice de la Commission européenne en matière de lutte contre l’antisémitisme et la promotion de la vie juive, qui a participé au sauvetage de l’école, a refusé de prendre position sur la question de savoir si la demande de fermeture était motivée par la haine des Juifs, en dépit de l’utilisation de tropes et stéréotypes antisémites.

Katharina von Schnurbein, coordinatrice de l’UE pour la lutte contre l’antisémitisme, s’adressant au Conseil israélien des relations extérieures à Jérusalem, le 14 juillet 2016 (Crédit : Andres Lacko)

« Je ne pense pas que nous soyons en capacité de savoir si les motivations sont antisémites », a déclaré von Schnurbein au Times of Israel. « De notre point de vue, notre action consiste à encourager la vie juive et à soutenir la communauté juive dans ces circonstances. »

La communauté juive du Kirghizistan a connu de violents épisodes antisémites par le passé. En 2010, alors que le pays était en proie à des troubles, on avait vu des banderoles expliquer que les problèmes du Kirghizistan venaient des Juifs, proches comme lointains. La synagogue de la communauté avait été incendiée à plusieurs reprises et avait connu une attaque à la bombe artisanale, le premier jour de Rosh HaShana. Les dégâts avaient heureusement été limités.

Kritsman a déclaré que la communauté était, depuis ces épisodes, restée prudente et appliquait des protocoles de sécurité stricts pour l’école.

En guerre contre l’école

En mars dernier, les militants anti-école ont obtenu qu’elle ne soit plus exemptée du paiement des services publics, exemption dont elle bénéficiait depuis longtemps. Et quelques semaines plus tard, le 14 mai, le conseil municipal émettait son avis d’expulsion, ordonnant à l’école de libérer le bâtiment, toujours considéré comme propriété municipale.

Quelque 90 élèves fréquentent l’école. Bien que tous ne soient pas nécessairement juifs – l’école est bien cotée, de sorte que certains politiciens et chefs d’entreprise non juifs y ont inscrit leurs enfants – Pri Etz Haim-Ort propose un programme résolument juif, enseignant aux étudiants l’histoire et la culture juives, ainsi que l’hébreu.

Il a fallu 12 jours à Kritsman pour recevoir la lettre du conseil municipal, enjoignant l’école de quitter le bâtiment dans les 30 jours.

Il a rapidement contacté Singer, qui s’est immédiatement mobilisé, contactant des responsables aux États-Unis, au sein des instituions de l’UE, en Israël, ainsi qu’en Russie, qui exerce toujours une influence significative sur l’ex-État soviétique.

Robert Singer, président du Center for Jewish Impact et ancien président
du Congrès juif mondial et de l’ORT, dans une photographie non datée. (Crédit : Shahar Azran)

Singer explique qu’après que Kritsman l’eut informé de l’avis d’expulsion, lui et la responsable de la politique et des opérations du Center for Jewish Impact, Tracy Frydberg, ont mis en place une « cellule de crise » dédiée au sauvetage de l’école et commencé à contacter toutes les personnes utiles.

En quelques jours, Singer avait contacté von Schnurbein, le chargé d’affaires américain par intérim au Kirghizistan, le grand rabbin de Russie et des chefs d’entreprise du coin, ainsi que le ministère israélien des Affaires étrangères – et à travers lui l’ambassadeur israélien au Kazakhstan et au Kirghizistan – ainsi que le ministère israélien de l’Éducation, qui travaille en étroite collaboration avec World ORT. Il leur a demandé de se mobiliser et d’agir au nom de l’école.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a confirmé son implication dans cette affaire, précisant n’avoir joué qu’un petit rôle en interrogeant le gouvernement kirghize à propos du sort de l’école.

Von Schnurbein, qui s’est dite informée des difficultés de l’école dès avril, suite à la levée de l’exemption de paiement des services publics, a demandé à l’ambassadeur de l’UE au Kirghizistan d’examiner la question.

Des questions similaires ont été soulevées par le chargé d’affaires américain et d’autres, ce qui a fini par porter la question à l’attention du président kirghize, Sadyr Japarov.

« Le cabinet du président du Kirghizistan a pris des mesures immédiates et a mis fin à toutes ces absurdités », explique Singer.

« [L’ambassadeur de l’UE] a tendu la main aux autorités. Et il y a eu une réponse positive des autorités, ce dont nous nous félicitons », a déclaré von Schnurbein.

Vladimir Kritsman, à droite, directeur de l’unique école juive du Kirghizistan, Pri Etz Haim-Ort, s’entretient avec l’ambassadeur de l’UE au Kirghizistan, Eduard Auer, le 27 juin 2022. (Crédit : Représentation de l’UE au Kirghizistan)

Singer attribue cette victoire à la réaction rapide d’un certain nombre de personnalités, partout dans le monde. « Tous ont agi de concert. Du jour au lendemain, une petite école dont personne n’avait jamais entendu parler s’est trouvée au centre de l’attention internationale. Les personnes concernées ont vu qu’elles n’étaient pas seules », explique-t-il.

Le 2 juin, soit deux semaines après la signature de l’avis d’expulsion, Kritsman était informé que l’avis d’expulsion était annulé.

« On ne peut pas toujours gagner, mais nous faisons toujours le maximum. Et de temps en temps, nous gagnons », assure Singer. « Dans ce cas, non seulement l’école a été sauvée, mais avec elle, toute la communauté », conclut-il.

Pas de répit cet été

L’école se prépare maintenant à de nouvelles passes d’armes avec Nashe Pravo, qui ne renonce pas et continue à l’attaquer en publiant des articles dans les journaux et sur les réseaux sociaux.

L’un de ces articles publié sur le site d’information kirghize 24.kg a dénoncé, vendredi, l’intervention de Singer dans un « conflit de propriété », accusant les autorités nationales d’avoir outrepassé leurs pouvoirs.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? Les autorités étatiques et organisations internationales ont-elles le droit de s’ingérer dans les affaires des autorités locales, en particulier dans un litige de propriété ? », a écrit l’un des organisateurs de Nashe Pravo.

Le chef de l’organisation Nashe Pravo, Kalicha Umuraliyeva, répète a l’envi que l’école juive, qui se trouve au même endroit depuis plus de trente ans, « prend la place d’une école maternelle » et devrait en conséquence se construire de nouvelles installations.

« Personne n’exige la fermeture de l’école, seulement la libération des locaux de l’école maternelle », a déclaré Umuraliyeva, selon un autre article 24.kg sur le même sujet.

Kritsman ne conteste pas que les locaux aient, par le passé, accueilli une école maternelle municipale, et précise qu’ils ont été mis à disposition de l’école juive. Il relève que d’autres locaux précédemment affectés à des écoles maternelles municipales ont également été mis à disposition d’entreprises privées par le gouvernement, sans que l’on exige qu’ils soient reversés à un usage municipal.

Pour assister l’école dans la gestion des pressions et campagnes demandant sa fermeture, la communauté a embauché une équipe d’avocats du cru, susceptible de faciliter ses interactions avec la municipalité. Si l’on en croit Singer, le coût est pris en charge par l’organisation World ORT et les membres de la communauté eux-mêmes.

L’année scolaire s’est terminée la semaine passée, indique Kritsman, et il espère rouvrir après l’été, comme d’habitude.

« Mais nous ne sommes pas sûrs de ce qui se va se passer dans l’intervalle. Aujourd’hui, nous bénéficions d’un certain soutien des autorités et nous allons faire en sorte de parvenir à un accord avec la ville », confie-t-il.

L’Union européenne a également maintenu ses liens avec l’école. Mardi, son ambassadeur au Kirghizistan, Eduard Auer, s’est rendu à Pri Etz Haim-Ort, pour s’entretenir avec Kritsman des « activités de l’école », explique le cabinet d’Auer.

Singer rappelle que la petite communauté juive kirghize n’est pas riche et dépend grandement de la générosité des Juifs de l’étranger.

« C’est une communauté extrêmement pauvre. Il n’y a pas réellement de donateurs, pas d’argent », précise-t-il, ajoutant que, si l’école était expulsée, elle serait probablement obligée de fermer ses portes car elle ne pourrait pas se permettre de construire de nouveaux locaux.

Ces antisémites n’ont pas disparu, et je suppose qu’ils continueront à essayer d’expulser l’école

« Malheureusement, l’école n’a pas d’argent pour cela », confie-t-il, ajoutant rapidement avec un soupçon de vantardise, « même si nous sommes l’une des meilleures écoles du pays, ce qu’attestent les résultats de nos élèves. »

Les tout premiers temps, Singer est resté discret sur ses combats menés, les informations se limitant aux médias kirghizes régionaux et aux pages Facebook.

Une fois assuré que l’école n’encourait plus le risque d’une expulsion imminente, le Centre for Jewish Impact de Singer a contacté le Times of Israel pour lui raconter toute l’histoire.

« Les antisémites n’ont pas disparu, et je pense qu’ils vont continuer à essayer de faire expulser l’école. C’est pourquoi il est important que les gens du monde entier, en Israël aussi, soient au courant, parce que c’est une petite communauté qui lutte pour sa survie », explique-t-il.

Singer espère que cet incident sensibilisera les Juifs du monde entier au sort de la communauté juive du Kirghizistan, en raison de ses déboires du moment certes, mais également de son histoire, elle qui a offert refuge aux Juifs pendant la Shoah. Il pense même que les Israéliens viendront plus nombreux visiter le pays.

« Je pense que ce sera bientôt une destination populaire pour les Israéliens. C’est un beau pays, avec des montagnes et des lacs. L’Asie centrale sera la prochaine destination des routards israéliens. Il est d’autant plus important que le peuple israélien connaisse cette petite communauté juive », conclut-il.

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