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  • Le guide touristique Idan Pinhas montre aux participants le site du premier hôpital Bikur Holim dans la Vieille Ville de Jérusalem, en juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le guide touristique Idan Pinhas montre aux participants le site du premier hôpital Bikur Holim dans la Vieille Ville de Jérusalem, en juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Intérieur du musée du Patrimoine du complexe Emanuel, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Intérieur du musée du Patrimoine du complexe Emanuel, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le guide touristique Idan Pinhas montre la carte de Madaba dans le cardo de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le guide touristique Idan Pinhas montre la carte de Madaba dans le cardo de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La maison d'hôtes Christ Church dans la Vieille Ville de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La maison d'hôtes Christ Church dans la Vieille Ville de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Une maquette de la Vieille Ville réalisée par Conrad Schick en 1873 qui comprend une reproduction exacte du mont du Temple, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Une maquette de la Vieille Ville réalisée par Conrad Schick en 1873 qui comprend une reproduction exacte du mont du Temple, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Extérieur de la Christ Church dans la Vieille Ville de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Extérieur de la Christ Church dans la Vieille Ville de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le cimetière protestant du Mont Sion, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le cimetière protestant du Mont Sion, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La Christ Church de Jérusalem est dépouillée de la plupart des symboles chrétiens et est conçue pour ressembler à une synagogue afin de rendre le culte confortable pour les juifs messianiques. Cette photo du sanctuaire a été prise en juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La Christ Church de Jérusalem est dépouillée de la plupart des symboles chrétiens et est conçue pour ressembler à une synagogue afin de rendre le culte confortable pour les juifs messianiques. Cette photo du sanctuaire a été prise en juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Une maquette de la Vieille Ville réalisée par Conrad Schick en 1873 qui comprend une reproduction exacte du mont du Temple, juin 2022. (Crédit: Shmuel Bar-Am)
    Une maquette de la Vieille Ville réalisée par Conrad Schick en 1873 qui comprend une reproduction exacte du mont du Temple, juin 2022. (Crédit: Shmuel Bar-Am)
  • La maison de Conrad Schick, juin 2022. (Crédit: Shmuel Bar-Am)
    La maison de Conrad Schick, juin 2022. (Crédit: Shmuel Bar-Am)
  • Le Dr Eyal Meron soulève le toit d'un site de la maquette de Conrad Schick dans la Vieille Ville de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le Dr Eyal Meron soulève le toit d'un site de la maquette de Conrad Schick dans la Vieille Ville de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Une visite commence au complexe Emanuel par un thé traditionnel anglais, juin 2022. (Shmuel Bar-Am)
    Une visite commence au complexe Emanuel par un thé traditionnel anglais, juin 2022. (Shmuel Bar-Am)

Découvrez Jérusalem avec une mission chrétienne reconvertie pour les Israéliens

Alors que le tourisme en Israël avait été a suspendu pendant la pandémie, la Christ Church a conçu des événements sans prosélytisme et très amusants pour les habitants de la ville

Le début des années 1880 furent des années terrifiantes pour les Juifs vivant dans le vaste empire russe, les massacres se succédant les uns aux autres. Fuyant pour sauver leur vie, des milliers de réfugiés sans ressources se dirigent vers la Terre Sainte. Au début de cette vague d’immigration de masse, les dirigeants du mouvement sioniste demandent au riche banquier juif, le baron Edmond de Rothschild, de les aider à établir des colonies en Terre d’Israël. À l’époque, il refuse.

La ville portuaire de Jaffa, où les nouveaux arrivants débarquent, et Jérusalem, où beaucoup d’entre eux aboutissent, n’ont rien à offrir à ces nouveaux arrivants appauvris. À Jérusalem, des centaines de réfugiés reçoivent de l’aide d’un groupe missionnaire anglican soutenu par l’Église d’Angleterre, la London Society for the Promotion of Christianity among the Jews. Bien que le prosélytisme soit l’objectif premier du groupe et que ses missionnaires parlent de Jésus comme du messie dès que l’occasion se présente, ses membres sont également heureux d’aider les nécessiteux. En effet, des centaines de Juifs indigents sont habillés, nourris et logés par la Société.

Les écoles et l’hôpital de la Société sont bientôt remplis à ras bord de Juifs d’Europe de l’Est. Les plus valides d’entre eux se voient confier des travaux sur les terres appartenant à la mission : construction de murs, plantation d’arbres et déblaiement de rochers. D’autres fréquentent l’école de commerce de la mission, et les garçons et les filles vont dans les écoles de la Société pour recevoir une éducation qui leur est refusée ailleurs. La Société a même fondé le premier hôpital moderne du Moyen-Orient en 1844 ; ses premiers patients étaient des Juifs de Bagdad et d’Allemagne.

Les rabbins de Jérusalem sont consternés par les liens étroits des Juifs avec la Société et s’opposent avec une véhémence particulière à l’hospitalisation des Juifs dans son centre médical. Mais comme ils ne sont pas en mesure de fournir du travail, une éducation, des soins médicaux ou même un logement à leurs compatriotes juifs, ils ne peuvent pas faire grand chose pour remédier à la situation. Si Rothschild, qui a fini par devenir l’un des plus grands donateurs de l’Israël pré-étatique, a fini par souscrire à l’implantation juive dans cette région, c’est peut-être parce que les Juifs dépendaient des missionnaires pour tout ce qui était important dans leur vie quotidienne.

La Société, qui était basée dans un complexe situé juste à l’intérieur de la porte de Jaffa, comprenait le premier lieu de culte protestant de la région. Dépouillée à dessein des symboles chrétiens, l’église du milieu au XIXe siècle ressemblait à une synagogue à bien des égards et était remplie d’inscriptions en hébreu pour aider les Juifs messianiques à se sentir à l’aise dans ce lieu de culte. Elle s’appelait Christ Church, et est connue en hébreu sous le nom de l’Église du Messie.

Pendant des décennies, les chrétiens et les juifs messianiques – c’est-à-dire les juifs qui croient en Jésus – ont afflué dans la maison d’hôtes pittoresque, avec son jardin isolé, son café et le restaurant de l’enceinte, ils ont pratiqué le culte dans l’église en plusieurs langues et ont visité le centre patrimonial inhabituel de l’enceinte.

Intérieur du musée du Patrimoine du complexe Emanuel, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Tout cela s’est arrêté net avec la pandémie. Ne pouvant plus compter sur le moindre touriste pour assurer ses revenus, la London Society – connue aujourd’hui sous le nom de Church’s Ministry among the Jewish People (CMJ) – a décidé de promouvoir la fréquentation des lieux auprès des Israéliens locaux.

À cette fin, elle s’est rebaptisée et, aujourd’hui, le complexe de la Christ Church est devenu le Centre Emanuel, et offre une sélection intéressante de visites et de conférences en hébreu et en anglais, ainsi que des soirées musicales variées.

Dans la mesure où il n’y a pas de symboles chrétiens dans l’enceinte et où il n’y a pas ne fut-ce qu’un souffle de prosélytisme envers les Israéliens, les non-chrétiens peuvent se détendre et profiter des programmes et/ou séjourner dans la maison d’hôtes peu coûteuse et récemment rénovée.

Extérieur de la Christ Church dans la Vieille Ville de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Malgré le retour des touristes, Emanuel continue de répondre aux intérêts du public israélien, du moins pour le moment. Le mois dernier, nous avons pris part à plusieurs activités du centre, dont une conférence fascinante de Hana Bendcowsky.

Mme Bendcowsky, directrice de programme du Centre de Jérusalem pour les relations judéo-chrétiennes, a présenté des informations détaillées sur le lien entre les premières sociétés missionnaires – principalement anglicanes – et Jérusalem. La conférence a eu lieu dans l’église, qui accueille aussi fréquemment des programmes musicaux.

Nous avons également participé à une visite de la Vieille Ville et du Mont Sion avec le guide touristique du Centre Emanuel, Idan Pinhas. La visite était intitulée « L’esprit protestant ».

Une visite commence au complexe Emanuel par un thé traditionnel anglais, juin 2022. (Shmuel Bar-Am)

Pour créer l’ambiance de la visite, celle-ci a commencé par un thé anglais servi dans le jardin du complexe, à côté du bâtiment du XIXe siècle qui a abrité les premiers consuls britanniques en Palestine mandataires. Des sandwichs typiquement anglais, des bonbons à la menthe et des scones tartinés de beurre, de crème fraîche et de confiture ont été servis avec des tasses de thé anglais.

Pinhas nous a encouragés à profiter de nos friandises tout en nous faisant une présentation approfondie de l’éthique protestante. Ensuite, il a conduit le groupe dans l’église, où il a expliqué que les missionnaires dissimulaient le message de l’Évangile dans des emballages culturels adaptés à leurs auditeurs. Ensuite, il nous a emmenés dans le musée du Patrimoine d’Emanuel, qui illustre l’importante contribution de la Société à Jérusalem. L’exposition présente de superbes meubles en bois d’olivier créés dans l’école professionnelle de la Société – la Maison de l’industrie. Créée en 1843, l’école, tout comme l’église, était la première du genre au Moyen-Orient et proposait à ses étudiants des cours d’imprimerie, de menuiserie, de cordonnerie, de lecture, d’écriture, d’arithmétique et d’études bibliques.

Le guide touristique Idan Pinhas montre aux participants le site du premier hôpital Bikur Holim dans la Vieille Ville de Jérusalem, en juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Prochain arrêt : l’ancien site du premier hôpital de la Société, rue Bikur Holim, dans le quartier juif de la Vieille Ville. C’est cet hôpital, reconnu comme le plus grand établissement médical de la région, qui aurait convaincu Rothschild de créer un hôpital spécifiquement destiné aux patients juifs.

Le groupe a ensuite traversé le Cardo byzantin pour une courte explication sur la carte de Madaba en mosaïque affichée sur son mur. Et enfin, notre dernier arrêt : le cimetière protestant du Mont Sion.

Le cimetière est situé sur le terrain du Collège universitaire de Jérusalem, également connu sous le nom d’Institut d’études de Terre Sainte. C’est là que reposent les dépouilles des grands responsables anglicans du 19e siècle. Parmi eux, le Danois John Nicolayson, qui aurait été le premier missionnaire protestant permanent à Jérusalem, et le missionnaire allemand Conrad Schick.

Le cimetière protestant du Mont Sion, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Schick était un génie qui a appris seul la menuiserie, l’architecture, l’archéologie et le modélisme. Des bâtiments historiques du XIXe siècle conçus par Schick sont disséminés dans les vieux quartiers de Jérusalem, parmi lesquels l’imposante aile est de l’hôpital Bikur Holim, l’impressionnante maison Hanson (autrefois un asile de lépreux), l’église anglicane Saint-Paul et sa propre demeure, unique et personnelle.

M. Schick est également célèbre pour avoir créé des maquettes en bois extrêmement précises de sites importants de Jérusalem, dont trois se trouvent dans le musée du Patrimoine d’Emanuel. La plus élaborée est une maquette de la Vieille Ville réalisée en 1873 qui comprend une reproduction exacte du mont du Temple. Schick était si méticuleux que sa maquette comprend également des répliques parfaites de ce qui se trouve à l’intérieur et en dessous de chaque site de la maquette.

Le Dr Eyal Meron soulève le toit d’un site de la maquette de Conrad Schick dans la Vieille Ville de Jérusalem, juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Offrant des explications fascinantes sur le travail de Schick, pimentées d’anecdotes et d’humour, l’historien Eyal Meron a soulevé les toits de différents sites de la maquette. Il a même démystifié plusieurs mythes et croyances courants concernant des sites de la Vieille Ville, comme la légende selon laquelle la Porte Dorée aurait été fermée par les musulmans pour empêcher l’entrée du messie juif.

En soulevant les toits, on a découvert des bassins et un canal souterrain. Le plus intéressant, peut-être, a été le moment passionnant où le sommet du Dôme du Rocher a été soulevé. En dessous se trouvait une réplique exacte du rocher de la Fondation, supposée être le roc sur lequel l’Arche d’Alliance se trouvait dans le Saint des Saints et, selon la croyance islamique, d’où le prophète Mahomet est monté au ciel.

Pour obtenir des informations sur les activités du Centre, cliquez ici ou appelez le 02-627-7727 ou le 054-962-8835.

Aviva Bar-Am est l’auteur de sept guides en langue anglaise sur Israël. Shmuel Bar-Am est un guide touristique privé agréé en Israël.

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