Des États arabes appellent Abbas à rétablir le calme
Le dirigeant palestinien dit qu'il fait des efforts pour réduire les tensions mais que des groupes religieux israéliens attisent les flammes
Plusieurs pays arabes, dont l’Egypte et l’Arabie saoudite, ont exhorté la semaine dernière le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à œuvrer pour calmer les tensions et prévenir une nouvelle escalade de la violence en Cisjordanie et à Jérusalem.
Les Etats craignent que la violence puisse marquer le début d’une troisième intifada.
Les gouvernements arabes ont exprimé leur inquiétude qu’une Intifada conduirait à une perte de contrôle de la rue palestinienne et accorderait une légitimité à des organisations terroristes comme le Hamas et le Jihad islamique.
Selon des sources palestiniennes, le bureau d’Abbas a été en contact avec le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a envoyé une demande semblable à œuvrer de façon plus agressive contre la recrudescence de la violence.
Yitzhak Molcho, le conseiller de Netanyahu et le chargé de liaison de l’armée israélienne avec les Palestiniens le général Yoav Mordechai auraient rencontré la semaine dernière les principaux collaborateurs à Abbas et exigé que le chef de l’AP arrête de parler du mont du Temple. C’est cette rhétorique, selon Israël, qui aurait entraîné l’escalade.
La question palestinienne devrait être à l’ordre du jour de la prochaine réunion de la Ligue arabe.
Vers la fin de la semaine dernière, Abbas aurait visiblement changé sa politique à l’égard de la violence, et tente maintenant d’apaiser les flammes.
« Tous les efforts de l’Autorité [Palestinienne] visent à rétablir le calme, » a déclaré lundi Abbas, selon la Deuxième chaîne.
Lors d’une rencontre avec le président indien Pranab Mukherjee à Ramallah, avant la visite de trois jours de Mukherjee en Israël à partir de mardi, Abbas a accusé « les organisations religieuses de l’autre côté [à savoir Israël] » d’attiser les tensions.
Abbas a rencontré dimanche les dirigeants du Tanzim, une organisation paramilitaire du Fatah, et leur a ordonné de ne pas encourager ni de prendre part à la violence contre Israël, mais plutôt d’entrenir une « lutte populaire » – c’est-à-dire non-violente.
Dans le même temps, le bureau de Mahmoud Abbas a transféré quelque 16 millions de shekels aux universités palestiniennes pour les empêcher de se mettre en grève, ce qui aurait augmenté le nombre d’émeutiers dans les manifestations en Cisjordanie. Beaucoup de manifestations en Cisjordanie ont été organisées par des organisations d’étudiants.
Lundi, les émeutes quotidiennes contre les forces de sécurité israéliennes autour de villes de Cisjordanie ont enregistré une baisse notable du nombre de participants. Alors que la plus grande manifestation, à l’entrée nord de Ramallah, avait rassemblé quelque 500 manifestants, des rassemblements vus ailleurs n’ont mobilisé que quelques dizaines de personnes.
Mardi a été déclaré comme une « journée de colère » en Israël et dans les Territoires palestiniens, avec une manifestation centrale prévue au checkpoint de Qalandiya. La journée pourrait apporter une plus forte participation aux émeutes en Cisjordanie et a Gaza, qui seraient encouragées par la grève générale décrétée dans la communauté arabe d’Israël.
Alors que les manifestations populaires ont diminué, le phénomène des attaques au couteau quotidiennes n’a montré aucun signe de ralentissement.
Ni les services de sécurité, ni les politiciens n’ont pu dissuader les terroristes, dont la plupart sont des adolescents et agissant de leur propre chef et non dans le cadre d’une plus grande organisation terroriste.
Des propositions sont à l’étude pour améliorer les conditions économiques en Cisjordanie, mais peu d’efforts politiques ou diplomatiques n’ont été avancés comme moyen de contenir la violence.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article
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