Des étudiants anti-Israël encerclent la voiture du président de Cornell, affirmant qu’il a tenté de les écraser

Un groupe étudiant de gauche diffuse une vidéo qui semble montrer Michael Kotlikoff reculant vers l'un d'entre eux ; ce dernier affirme que la voiture lui a roulé sur le pied ; l'université affirme qu'ils le harcelaient

Une vidéo diffusée par l’université Cornell montre un angle de vue de l’interaction entre le président Michael Kotlikoff et des étudiants manifestants le 30 avril 2026. (Capture d’écran)

JTA – Le président de l’université Cornell, Michael Kotlikoff, et des étudiants ont échangé des accusations après un incident survenu dans le sillage d’un débat sur Israël qui avait été organisé sur le campus. A l’issue de la discussion, des manifestants pro-palestiniens avaient encerclé la voiture du haut-responsable universitaire au moment où il cherchait à quitter sa place de parking.

Les protestataires, qui appartiennent à un groupe appelé Students for a Democratic Cornell, ont diffusé une vidéo qui semble montrer le président Michael Kotlikoff, au volant de sa voiture, reculant volontairement. Il paraît rouler sur le pied de l’un des jeunes.

En réponse, Cornell a diffusé ses propres images, évoquant un incident lié à « des actes de harcèlement et d’intimidation ». La version améliorée de la vidéo soumise par l’université offre, selon cette dernière, « l’intégralité des interactions qui ont eu lieu sur le parking, et non des clips qui sont destinés à étayer un récit ».

Dans la séquence, des étudiants encerclent la voiture du président alors qu’il tente de quitter sa place de stationnement. Après son départ, les étudiants continuent de s’agiter autour de la voiture. Aucun d’entre eux ne semble avoir été blessé.

Dans une déclaration, Kotlikoff a expliqué que, même s’il était encerclé par des protestataires qui frappaient sur les vitres de sa voiture, il avait attendu que sa caméra de recul lui indique que la voie était libre avant de manœuvrer pour sortir de la place.

« Les comportements dont j’ai été témoin hier soir n’étaient pas une expression de protestation », a dit le président dans un communiqué qui a été émis vendredi dans la soirée.


« Il s’agit d’actes de harcèlement et d’intimidation, dont le but direct est de faire taire la liberté d’expression », a-t-il ajouté. « Ce qui n’a pas sa place dans une communauté universitaire ou dans une démocratie, et ce qui ne peut pas davantage avoir sa place à Cornell ».

Dans un post qui est paru sur Instagram, les manifestants ont rejeté les affirmations qui ont été faites par Kotlikoff, niant avoir frappé sur sa voiture et niant avoir eu des antécédents de mauvaise conduite sur le campus. Ils ont également répété que le président avait reculé délibérément pour les blesser.

Cet incident constitue un exemple relativement rare d’affrontement entre une université et des étudiants pro-palestiniens – deux ans après que le mouvement des campements étudiants a secoué les campus à travers tous les États-Unis, y compris à Cornell.

L’université de l’Ivy League, comme de nombreuses autres, a adopté de nouvelles règles qui visent à restreindre les mouvements de protestation anti-israéliens, ce qui a permis de les contenir face aux pressions qui ont été exercées par l’administration Trump dans la lutte contre l’antisémitisme perçu parmi les protestataires. Au mois de novembre, Cornell a accepté de verser la somme de 60 millions de dollars pour régler un litige qui concernait des accusations fédérales d’antisémitisme.

Le président de l’université Cornell, Michael Kotlikoff, prononce un discours à l’université en octobre 2025. (Capture d’écran/Université Cornell via YouTube)

Kotlikoff était devenu président de Cornell au début de l’année 2025 – il avait déclaré à l’époque qu’il était « très satisfait de la situation actuelle de Cornell » après « deux semestres relativement paisibles » marqués par quelques violations isolées des règles en matière de manifestation.

Il avait rapidement rejeté les demandes soumises par les étudiants pro-palestiniens qui appelaient à rompre les liens avec l’université du Technion en Israël. Il avait également exhorté le campus à encourager le débat académique autour du conflit israélo-palestinien.

Des étudiants sur le campus de l’université Cornell, à Ithaca, dans l’État de New York, le 2 février 2024. (Crédit : Seth Wenig\AP Photo)

Le débat qui a précédé son affrontement avec les étudiants, jeudi dernier, a été un exemple frappant des difficultés qui entourent les discussions sur le sujet. Parrainé par des groupes aux idéologies diverses – notamment par l’organisation pro-israélienne StandWithUs et l’Organisation sioniste d’Amérique, ainsi que par la section locale de Students for Justice in Palestine, qui a déjà été suspendue pour avoir enfreint les règles de l’université – cet événement a été le deuxième volet d’une « série de débats Israël-Palestine » en deux parties.

La série avait été organisée par la Cornell Political Union, selon un format mis en place depuis longtemps. Le site internet du groupe précise que ce format comprend une conférence donnée par un intervenant, avec ensuite des réponses formelles qui sont apportées par les étudiants et un débat avec le public.

Une banderole pro-palestinienne de 9 mètres, » GAZA, » est suspendue à un échafaudage de la McGraw Tower à l’université Cornell à Ithaca, dans l’État de New York, le 5 mai 2025. (Crédit: AP/Heather Ainsworth)

Lors du premier événement, qui avait eu lieu au début du mois d’avril, l’historien israélien Benny Morris avait donné une conférence sur le thème « L’alliance américano-israélienne sert les intérêts des États-Unis ». Morris est un sioniste libéral et critique du gouvernement israélien. Parmi ses travaux, des recherches fondamentales sur la création de l’État dans lesquelles il soutient que de nombreux Arabes ont été expulsés – réfutant qu’ils se sont enfuis – pendant la guerre de 1948.

La deuxième conférence, qui s’est tenue jeudi, a mis à l’honneur l’historien pro-palestinien spécialiste de la Shoah Norman Finkelstein, qui a donné une conférence sur le thème « La réponse d’Israël au 7 octobre n’était pas justifiée ».

Finkelstein, qui a critiqué Morris pour son parti pris pro-israélien, a comparé le sort des Palestiniens à celui des Juifs pendant la Shoah, et l’association radicale Students for Justice in Palestine a diffusé jeudi une photo montrant ses membres prenant la pose à ses côtés.

Kotlikoff a prononcé quelques mots d’introduction lors de l’événement, qui a prôné une politique « sans technologie », et ce « par respect pour les étudiants qui auront l’occasion de s’exprimer ouvertement sur un sujet controversé ».

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