Des femmes d’Umm al-Khair en grève de la faim pour demander la restitution de la dépouille d’un Palestinien tué
Tsahal aurait conditionné la restitution du corps d'Awdah Hathaleen à la tenue d'une petite cérémonie funéraire hors du village, avec un nombre restreint de participants, et en soirée
Mardi, une soixantaine de femmes du village d’Umm al-Khair, situé dans les collines du sud de Hébron, en Cisjordanie, poursuivaient une grève de la faim entamée six jours plus tôt pour protester contre le fait que l’armée israélienne n’avait toujours pas rendu le corps d’Awdah Hathaleen à sa famille afin qu’il puisse être enterré. Hathaleen aurait perdu la vie lundi dernier, lors d’affrontements avec des partisans du mouvement pro-implantations israéliens qui auraient essuyé des jets de pierre.
Selon la famille Hathaleen, Tsahal a conditionné la restitution du corps à la tenue d’une petite cérémonie funéraire avec un nombre restreint de participants, en soirée. L’armée a également exigé qu’il soit enterré en dehors du village, affirmant que le cimetière local était illégal.
Tsahal n’a pas souhaité répondre aux demandes de commentaires du Times of Israel sur cette affaire.
Par ailleurs, Yinon Levy, le meurtrier présumé de Hathaleen, a été libéré lundi de son assignation à résidence.
Levy, un partisan du mouvement pro-implantations habitant dans la région avait été arrêté par la police pour homicide involontaire après avoir été filmé en train de tirer en l’air pour repousser, selon ses propres dires, des émeutiers palestiniens qui lui jetaient des pierres.
Ce résident d’implantations a repris les travaux de construction à proximité du village, travaux qui avaient déclenché l’affrontement au cours duquel Hathaleen a été tué.
Vendredi, un tribunal a rejeté la demande de la police visant à prolonger l’assignation à résidence de Levy. Au cours de l’audience, le juge a déclaré que les soupçons raisonnables à l’encontre de Levy s’étaient affaiblis et que l’absence de lien de causalité entre ses coups de feu et la mort de Hathaleen était étayée par des preuves recueillies auprès de la partie palestinienne, ainsi que par son affirmation d’avoir agi en état de légitime défense.