Des images suggèrent des dégâts sur une base militaire après les missiles iraniens

Des photos basse résolution prises lundi semblent montrer un hangar endommagé à la base aérienne de Ramat David ; Tsahal n'a pas signalé d'impact dans cette zone ; l'Iran annonce la mort de 2 soldats dans une frappe israéienne

Une série d'images satellites prises par le satellite Copernicus Sentinel-2 de la Commission européenne, qui semblent montrer les dégâts subis par un hangar de la base aérienne de Ramat David, dans le nord d'Israël, après une attaque au missile balistique iranien, le 8 juin 2026. (Crédit: Capture d'écran/Copernicus Sentinel-2 via Soar)

Des images satellites réalisées lundi semblent indiquer que la base aérienne de Ramat David, qui appartient à l’armée de l’air israélienne et qui se trouve dans le nord d’Israël, a été endommagée par les tirs de missiles balistiques effectués par l’Iran dans la soirée de dimanche.

Des images en basse résolution datées du 8 juin, provenant du satellite Sentinel-2 de la Commission européenne et traitées par le site Copernicus Browser, révèlent une tache décolorée à l’emplacement de l’un des hangars de la base – le signe possible qu’il a été touché lors des attaques.

L’Iran a lancé 24 missiles balistiques en direction d’Israël dans la soirée de dimanche et dans la matinée de lundi, dont une grande partie a visé le nord du pays. Par ailleurs, lundi matin, les rebelles houthis au Yémen, soutenus par l’Iran, ont tiré deux missiles balistiques sur Israël.

Selon l’armée israélienne, tous les missiles tirés dans la soirée de dimanche ont été interceptés – certains sont toutefois également retombés dans des zones inhabitées. La plupart de ceux qui ont été lancés lundi ont aussi été abattus. Aucun Israélien n’a été blessé lors de ces attaques.

L’armée n’a signalé aucun impact dans la région. L’étendue des éventuels dégâts sur la base est encore inconnue.

D’après le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), les forces iraniennes ont lancé au moins un missile balistique sur cette base aérienne du nord dans le cadre des salves de dimanche soir. Des images non confirmées publiées sur les réseaux sociaux auraient montré un missile frappant la zone.


La base aérienne, située à environ 15 kilomètres au sud-est de Haïfa, abriterait trois escadrons de chasseurs F-16 et un escadron de drones dont l’existence est gardée secrète.

Par le passé, l’armée israélienne a reconnu que certaines de ses bases militaires avaient été touchées par des missiles iraniens, indiquant toutefois que ces installations restaient pleinement opérationnelles.

La censure militaire israélienne interdit en général toute publication concernant les emplacements exacts des impacts de missiles, notamment ceux qui ont touché des sites sensibles, par crainte que cela ne permette aux ennemis d’Israël d’affiner leurs cibles.

L’Iran annonce la mort de deux soldats de la défense aérienne dans une frappe israélienne

S’agissant des attaques menées par Jérusalem contre Téhéran, la télévision d’État iranienne a annoncé mardi qu’au moins deux membres de la force de défense antiaérienne de l’armée avaient été tués lors de frappes israéliennes la veille.

« Ces valeureux martyrs de la Force de défense aérienne de l’armée ont trouvé la mort dans l’exercice de leur mission de défense de l’espace aérien national face à l’agression perpétrée hier par le régime sioniste », a déclaré la télévision d’État.

Les funérailles des deux soldats devaient avoir lieu à Téhéran dans l’après-midi de mardi.

Selon Tsahal, dans la nuit de dimanche à lundi, des dizaines d’avions de chasse de l’armée de l’air israélienne ont frappé neuf systèmes de défense antiaérienne iraniens dans l’ouest et le centre du pays.

L’armée israélienne a ensuite publié des images d’une frappe sur l’un de ces systèmes, qui, a-t-elle ajouté, était équipé de missiles antiaériens.


« La destruction de ces installations permet à l’armée de l’air israélienne de renforcer encore sa domination sur le ciel iranien, avec pour objectif de continuer à éliminer les menaces qui planent sur les citoyens de l’État d’Israël », a déclaré l’armée.

Lundi matin, des avions de chasse israéliens ont par ailleurs frappé trois usines situées dans un complexe pétrochimique du sud-ouest de l’Iran. Selon l’armée israélienne, ces frappes ont visé des infrastructures utilisées par l’Iran pour fabriquer des matières premières destinées à la production de missiles.

Les échanges de frappes survenus dans la soirée de dimanche et la matinée de lundi étaient les premiers entre l’Iran et Israël depuis le 8 avril, date à laquelle le président américain Donald Trump avait annoncé l’arrêt de l’opération militaire conjointe américano-israélienne contre l’Iran, lancée le 28 février. Depuis, Trump s’est obstinément employé à conclure un accord pour mettre fin à la guerre, demandant la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’économie mondiale, au trafic maritime commercial, et exigeant également que l’Iran renonce à ses ambitions nucléaires.

Une partie d’un missile balistique iranien, dans le désert près de Jéricho, en Cisjordanie, après avoir été tiré depuis l’Iran vers Israël, le 8 juin 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

L’Iran a insisté pour que tout accord prévoie la fin des attaques d’Israël contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par Téhéran. Il a qualifié les frappes de missiles de dimanche de représailles à une attaque israélienne qui a visé le quartier général du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, et a promis d’intensifier ses actions si les attaques se poursuivaient.

Israël a riposté aux frappes de missiles iraniennes, au mépris manifeste des directives de Trump. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait toutefois annulé une attaque de plus grande envergure à la demande du président américain, préférant annoncer qu’Israël suspendrait ses frappes contre l’Iran « pour l’instant » et avertissant que son pays riposterait contre l’Iran et le Hezbollah s’il venait à être attaqué à nouveau.

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