Des Israéliens toujours bloqués à Dubaï

La reprise des liaisons de flydubai et des vols israéliens vers les Émirats reste bloquée en raison de problèmes de sécurité ; les voyageurs doivent faire face à des tarifs exorbitants pour rejoindre l’Extrême-Orient

Un avion de la compagnie flydubai décollant de l’aéroport Ben Gurion le 30 septembre 2026. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Flydubai a suspendu tous ses vols directs entre Dubaï et Tel Aviv jusqu’en octobre au moins, et les compagnies aériennes israéliennes ne sont actuellement pas autorisées à desservir les Émirats arabes unis. Les voyageurs israéliens se retrouvent donc toujours bloqués à Dubaï, avec très peu de moyens de rentrer chez eux, tandis que des milliers d’autres, qui prévoyaient de rejoindre l’Extrême-Orient via le Golfe, doivent désormais se rabattre sur des solutions de remplacement onéreuses.

À la suite de la tentative d’attentat terroriste du 30 septembre perpétrée par un copilote omanais à bord d’un vol flydubai à destination de l’aéroport Ben Gurion, la compagnie aérienne basée à Dubaï a annulé tous ses vols vers Tel Aviv, dans l’attente des conclusions de l’enquête en cours. Sur recommandation des autorités israéliennes et dans un contexte de discussions encore en suspens concernant les procédures de sécurité, flydubai a temporairement suspendu ses vols vers Tel Aviv jusqu’au 31 octobre au moins.

« Ce qui se passera le 1ᵉʳ novembre reste un mystère », a déclaré Mark Feldman, PDG de Ziontours Jerusalem, au Times of Israel.

« Nous avons plusieurs milliers de personnes qui ont réservé un vol au départ de Tel Aviv via Dubaï au cours des deux mois et demi à venir, et qui nous demandent ce qu’elles doivent faire. »

Les efforts déployés par le gouvernement israélien pour rapatrier des milliers d’Israéliens à bord de vols spéciaux organisés par des compagnies aériennes locales – El Al, Arkia et Israir – entre Dubaï et Tel Aviv ont été brusquement interrompus mercredi en raison d’un différend avec les autorités émiraties concernant les procédures de sécurité. Ce bras de fer, qui doit encore être résolu, résulterait en grande partie d’un différend concernant les protocoles exigés par les autorités de sécurité israéliennes à l’aéroport de Dubaï, notamment le contrôle des bagages et le déploiement de personnel de sécurité.

Selon la presse israélienne, une délégation israélienne, dirigée par de hauts responsables du ministère des Transports et comprenant des responsables de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, devait se rendre aux Émirats arabes unis dans le cadre d’une initiative visant à conclure un nouvel accord de sécurité entre les deux pays. Dimanche, la délégation n’était toujours pas partie en raison d’un manque d’entente préalable sur le cadre de sécurité qui permettrait la reprise des vols entre les deux pays.

Des voyageurs, dans le hall des départs de l’aéroport international Ben Gurion en Israël, le 11 août 2026. (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)

Le ministère des Transports n’a pas souhaité faire de commentaire.

Feldman a indiqué que les Israéliens se trouvant à Dubaï ou ceux souhaitant rentrer en passant par cette région devaient réserver des itinéraires alternatifs via d’autres villes, principalement en Europe, mais à un coût plus élevé que celui de leur billet initial. Une autre option pour les passagers israéliens bloqués à Dubaï consiste à se rendre à Abou Dhabi, ville toute proche, et à prendre un vol avec Etihad Airways, qui assure toujours des liaisons entre les Émirats arabes unis et Tel Aviv. Etihad Airways assure des vols quotidiens entre Tel Aviv et Abou Dhabi, ce qui constitue actuellement la seule liaison aérienne directe entre Israël et les Émirats arabes unis.

Selon le ministère des Transports, plus de 7 415 passagers israéliens sont rentrés à Tel Aviv depuis Dubaï à bord de vols spéciaux opérés par des compagnies aériennes israéliennes et via Abou Dhabi sur des vols commerciaux d’Etihad, peu avant l’interruption de l’opération de rapatriement aérien.

« Il reste peut-être quelques centaines d’Israéliens bloqués à Dubaï qui peuvent rentrer depuis Abou Dhabi avec Etihad, ce qui a toujours été plus coûteux, car flydubai proposait trois à quatre fois plus de vols quotidiens à destination et en provenance d’Israël et disposait d’un avantage concurrentiel, désormais perdu », a déclaré Feldman.

« La véritable question, onze jours après le début de cette perturbation, est de savoir quels protocoles de sécurité permettraient à flydubai de reprendre ses activités et aux compagnies aériennes israéliennes de desservir les Émirats arabes unis. »

« Jusqu’à présent, la réponse d’Israël s’est résumée à un haussement d’épaules assourdissant », a fait remarquer Feldman.

Depuis que les Émirats arabes unis ont signé les Accords d’Abraham en 2020, Dubaï est l’une des destinations les plus prisées des Israéliens. Pour de nombreux Israéliens, l’aéroport international de Dubaï est devenu une porte d’entrée vers des destinations populaires telles que la Thaïlande, les Philippines, la Chine et le Japon. En 2025, les Émirats arabes unis représentaient 1,5 million, soit 8,3 %, des passagers transitant par l’aéroport Ben Gurion, juste derrière la Grèce et les États-Unis.

Fin février, au début de la guerre contre la République islamique d’Iran, les autorités de sécurité israéliennes, sous la houlette du Shin Bet, ont suspendu les vols des compagnies aériennes israéliennes à destination des Émirats arabes unis. Pourtant, 837 000 passagers, soit 7,5 % du total des voyageurs transitant par Ben Gurion, s’y sont rendus au cours des huit premiers mois de 2026, dont la moitié à bord de flydubai. En septembre, plus de 75 000 Israéliens ont voyagé avec flydubai via l’aéroport Ben Gurion, selon les données de l’Autorité israélienne de l’aviation civile.

Un avion d’Etihad Airways transportant une délégation des Émirats arabes unis pour une première visite officielle, atterrissant à l’aéroport israélien Ben Gurion près de Tel Aviv, le 20 octobre 2020. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Ces derniers mois, les trois compagnies aériennes israéliennes ont demandé aux autorités locales de sécurité l’autorisation de reprendre leurs vols commerciaux à destination de Dubaï. La compagnie nationale El Al se préparait à mettre en place au moins deux vols quotidiens à partir de novembre, sous réserve des autorisations nécessaires des autorités publiques compétentes. Israir souhaitait assurer jusqu’à dix vols hebdomadaires entre Tel Aviv et Dubaï, tandis qu’Arkia a déclaré qu’elle reprendrait ses vols dès que les conditions opérationnelles et logistiques le permettraient.

« Si le gouvernement ne parvient pas à conclure un accord de sécurité permettant la reprise des vols vers Dubaï, ce sont les consommateurs israéliens qui en feront les frais, avec peu d’options de voyage et d’autre choix que de payer des prix plus élevés pour se rendre à l’étranger », a déclaré Feldman.

Reuters a contribué à cet article.

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