Des militants anti-Israël préparent une nouvelle flottille pour Gaza en mars
Les militants, dont le petit-fils de Nelson Mandela, appellent la communauté internationale à empêcher Israël d'intercepter la flottille, qui devrait compter plus de 100 navires
Une nouvelle flottille internationale anti-Israël et pro-palestinienne, dont l’objectif est de briser le blocus israélien sur Gaza, devrait prendre la mer au mois de mars, avec plus de 100 bateaux, ont annoncé jeudi les organisateurs.
Une annonce qui a été rendue publique par la Fondation Nelson Mandela, en Afrique du Sud. Parmi les intervenants figurait Mandla Mandela, le petit-fils de l’ancien président sud-africain. Les organisateurs ont par ailleurs appelé la communauté internationale à empêcher les forces de l’État juif d’intercepter l’opération, comme elles l’ont fait par le passé.
Les militants anti-israéliens, qui avaient organisé l’an dernier une flottille similaire qui transportait une quantité symbolique d’aide humanitaire, ont décrit la mission à venir comme la plus importante mobilisation civile contre les agissements d’Israël à Gaza. Les responsables israéliens ont pour leur part et à plusieurs reprises condamné la mission de l’année dernière, ainsi que les précédentes tentatives à plus petite échelle de rejoindre Gaza par voie maritime, les qualifiant de coups publicitaires.
Mandela se trouvait à bord de la flottille qui avait pris la mer l’an dernier pour une mission à Gaza. Il avait été arrêté et placé en détention avec d’autres militants ; leur bateau avait été intercepté par les forces israéliennes avant qu’ils ne puissent atteindre les côtes de Gaza.
Selon les organisateurs, plus de 1 000 militants, parmi lesquels des médecins, des enquêteurs spécialisés dans les crimes de guerre et des ingénieurs, embarqueront sur la nouvelle flottille.
Les navires bénéficieront du soutien d’un convoi terrestre qui devrait attirer des milliers d’autres militants dans différents pays, notamment en Tunisie et en Égypte.
Les bateaux en direction de Gaza devraient partir d’Espagne, de Tunisie et d’Italie.
« Nous espérons que, cette fois-ci, des centaines, voire des milliers de personnes s’inscriront et se mobiliseront pour entrer en Palestine occupée et à Gaza via l’Égypte, le Liban, la Jordanie et toutes les autres frontières possibles », a déclaré Mandela. « Nous voulons mobiliser l’ensemble de la communauté internationale. Nous voulons qu’elle se joigne à nous. »
Si la flottille devait à nouveau être bloquée, ont affirmé les militants, elle permettrait tout de même d’attirer l’attention sur la crise humanitaire à laquelle sont confrontés les quelque deux millions de personnes qui vivent dans la bande de Gaza, dont la grande majorité a été déplacée par les bombardements israéliens dans le cadre de la guerre lancée contre le groupe terroriste du Hamas, suite au pogrom qui avait été commis par ce dernier, le 7 octobre 2023.
« Nous n’avons peut-être pas atteint Gaza physiquement, [mais] nous avons atteint… ses habitants », a souligné une militante, Susan Abdallah. « Ils savent que nous nous soucions d’eux, et que rien, jusqu’à ce que nous parvenions à briser le siège, ne nous arrêtera. »
Selon Thiago Avila, un militant brésilien membre du comité directeur, la flottille est protégée par le droit international.
« Dans la décision provisoire qu’elle a rendue dans le cadre de l’affaire ouverte par l’Afrique du Sud contre l’État génocidaire d’Israël, la Cour internationale de justice stipule très clairement qu’Israël ou toute autre nation n’ont pas le droit d’entraver tout type de mission humanitaire à destination de Gaza », a-t-il fait valoir.
Israël a réfuté avec colère l’accusation de génocide, que l’Afrique du Sud avait lancée devant la CIJ en décembre 2023, soit deux mois après le pogrom perpétré par le Hamas, le 7-Octobre, l’attaque sanglante qui avait été à l’origine dela guerre à Gaza.
Selon Mandela, le choix des organisateurs de la flottille d’organiser la réunion d’information à la Fondation Nelson Mandela a relevé de la volonté de souligner le soutien apporté par Nelson Mandela à la cause palestinienne. Les organisateurs ont en outre salué la décision prise le mois dernier par l’Afrique du Sud d’expulser le chargé d’affaires israélien. Une décision à laquelle Israël a répondu par la réciproque.
La mission de l’an dernier avait mobilisé quelque 50 navires et 500 militants, qui avaient tous été interceptés par les forces israéliennes avant de rejoindre la bande de Gaza.
Selon des estimations, 443 participants ont été arrêtés puis expulsés, incluant notamment Mandela, la militante Greta Thunberg et la députée européenne Rima Hassan.